Dividendes ou investissements, ils ont choisi !

par Syndicat CGT Le Meux  -  23 Juin 2014, 10:54  -  #Notes d'information Cgt Unilever

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Avec une croissance de 3 % pour l’économie mondiale, de 0,1 % dans l’Union européenne
(- 0,4 % en zone euro) et de 1,9 % aux Etats-Unis, 2013 ne restera
pas dans les esprits comme une année exceptionnelle.
Enfin, peut-être pas pour tout le monde !
Selon les Echos du 20 mai 2014 qui reprennent une étude d’Henderson Global Investors
(un gestionnaire de portefeuille), les dividendes versés aux actionnaires, durant le
premier trimestre 2014, ont bondi de 31 % sur un an, dépassant les 228 milliards de
dollars (plus de 166 milliards d’euros).

Même en mettant de côté les résultats exceptionnels, comme Vodafone qui a versé
26 milliards de dollars aux actionnaires suite à la vente de ses participations dans Verizon
Wireless, l’augmentation des revenus des actionnaires atteint tout de même les
12 % sur un an, bien plus que la progression de l’économie mondiale, et que nos
salaires !
Les 10 entreprises ayant versé le plus de dividendes représentent 28 % du total cumulé
(contre 21 % l’année précédente). Parmi elles, mis à part Vodafone, on retrouve
trois groupes pharmaceutiques (ROCHE, NOVARTIS et ASTRA ZENECA) et quatre exploitants de matières premières (les pétroliers EXXON et SHELL, le minier BHP BILLITON et COAL INDIA LIMITED, le géant indien du charbon, dont l’Etat Indien est actionnaire à
90 %). Cette distribution ignoble, est bien sûr faite au détriment de la rémunération de la force de travail, mais aussi de l’investissement. Au début des années 1980, les sommes
dépensées pour les dividendes représentaient la moitié de celles consacrées à l’investissement net. Aujourd’hui, elles représentent 2,6 fois plus que les dépenses
d’investissement !
En 2013, les entreprises du CAC 40 ont réalisé 48 milliards d’euros de profits, en
diminution de 8 % par rapport à 2012. Néanmoins, les grandes entreprises augmentent
leur distribution de dividendes de 6 %, pour s’établir à 39 milliards d’euros, au détriment
de l’investissement.
Est-ce une année exceptionnelle ? Aucunement

A la fin des années 1980, toutes les entreprises non fi-nancières distribuaient 30 % de leurs bénéfices en divi-dendes. En 2012, c’était 85 % ! Et la tendance est crois-sante ces 25 dernières années.
Lorsque, grâce aux salariés, les entreprises fran-çaises créent de la richesse, elles ne privilégient ni l’investissement pour préparer l’avenir et ren-forcer leur compétitivité, ni l’emploi, ni les sa-laires, mais la rémunération des actionnaires.

C’est la force de travail qui crée la richesse, et non le contraire !

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