Qui veut la peau de la CGT

par Syndicat CGT Le Meux  -  11 Juillet 2014, 18:34

Drôme. Un grand écrin pour le cinéma d’animation

Dans l'Humanité Dimanche. La grève à la SNCF a donné lieu à un déchaînement de propagande contre la CGT, mené par le gouvernement, la droite, le patronat, et relayé par la presse. Pour les partisans des politiques d’austérité, qui craignent un mouvement social d’ampleur, la centrale de Montreuil, qui refuse de se soumettre, reste l’ennemie à abattre. Pas gagné, d’autant que l’unité syndicale justifie toujours davantage la stratégie du premier syndicat hexagonal.

  • Les attaques tous azimuts

Presse de droite, patrons et « commentateurs » ultralibéraux rivalisent de mauvaise fois pour disqualifier la CGT. Le message seriné est toujours le même : le syndicat serait un ramassis de jusqu’au-boutistes défendant des « privilèges » d’un autre âge. « Le fléau qui mine la vie de millions de Français pour leur imposer un immobilisme complet porte un nom : la CGT », ose « le Figaro ». À chaque fois, patrons et journalistes tentent de démontrer son prétendu isolement, quitte à donner dans le mensonge. Tout au long de la grève des cheminots, la SNCF a communiqué des chiffres de mobilisation étonnamment peu élevés. Difficile de croire que seulement 10 % de grévistes puissent « paralyser » la France entière ! Les journalistes oublient soigneusement de rappeler que le mouvement des cheminots est soutenu par deux syndicats, CGT et SUD, représentant à eux seuls plus de 52 % des salariés de l’entreprise.

Conclusion logique de ce festival d’intox, un sondage paru dans « le Parisien » du 22 juin. 75 % des Français ont une mauvaise image de Thierry Lepaon, explique le quotidien, tandis que la CGT est jugée « trop systématiquement opposée aux réformes » et éloignée des « réalités économiques ». Rien d’étonnant quand on sait que la presse a passé une semaine à tirer à boulets rouges sur un syndicat « à contre-courant »du progrès... Elle récolte logiquement les fruits de ce qu’elle a semé. Plus grave, les outrances ne sont pas simplement le fait de la presse. Le gouvernement a tenté, à plusieurs reprises, de délégitimer la grève à la SNCF. Visiblement, les éléments de langage ont été bien appris : l’objectif est, à chaque fois, de souligner le caractère supposé irrationnel du combat syndical. « Ce mouvement n’a pas de sens », affirme Michel Sapin sur Europe 1 le 15 juin. « Cette grève, personne n’en comprend le sens, renchérit Manuel Valls le lendemain. Les usagers, les jeunes (...), l’opinion, les Français. » Conclusion logique : « Il faut arrêter cette grève ! »

LES DÉLIRES ANTI-CGT

« La maison CGT n’est pas tenue, les barons locaux s’agitent, s’arc-boutent sur leurs privilèges jusqu’à bloquer le pays. » (« LE POINT », 19 JUIN) 

Au-delà des attaques contre la seule CGT, le but est bien de briser un certain type de syndicalisme, qui refuse de passer des compromis avec le marché. Les derniers résultats de la représentativité syndicale, publiés en 2013, sont d’ailleurs taillés sur mesure pour conforter la domination du camp « réformiste » : CGT et FO n’obtiennent que 48,85 %, contre 51,15 % pour CFDT, CFE-CGC et CFTC. FO a attaqué ces résultats devant la cour d’appel administrative de Paris : « 900 procès-verbaux d’élections qui n’ont pas été pris en compte dans les calculs », dénonce le syndicat.

LES DÉLIRES ANTI-CGT

« La CGT cheminots a aujourd’hui un problème d’identité. » (FRÉDÉRIC CUVILLIER, MINISTRE DES TRANSPORTS, 17 JUIN)

Et si jamais, par malheur, des syndicats « contestataires » parviennent à faire alliance, il faut enfoncer un coin dans ce nouveau front ! Durant la grève des cheminots, de nombreux articles ont évoqué une concurrence électoraliste entre CGT et SUD rail : en clair, la CGT cheminots se serait lancée dans la surenchère pour contrer l’influence grandissante de SUD rail à la SNCF. « Désormais, la CGT cheminots se radicalise en tentant de coller à SUD rail, qui la déborde par la gauche », lance avec gourmandise « le Monde » (16 juin).

  • La CGT, trouble-fête du libéralisme

Au plus bas dans les sondages, sévèrement sanctionné à deux reprises dans les urnes, le gouvernement a décidé de maintenir le cap. Pourquoi changer, puisqu’« il n’y a pas d’alternative », a constaté Manuel Valls. À gauche, aucune force n’est pour l’instant en mesure de damer le pion au Parti socialiste et le report des prochaines élections régionales et départementales à décembre 2015 lui laisse le champ libre sur le plan institutionnel. Seule l’irruption des salariés sur le devant de la scène peut contrarier ce scénario.

Jusqu’à présent, la politique sociale du gouvernement a rencontré une faible résistance. En 2013, il est parvenu à libéraliser le marché du travail en transposant l’ANI et à porter à 43 ans la durée de cotisation des retraites sans que la CGT, FO, SUD et la FSU ne réussissent à mobiliser massivement les salariés pour s’y opposer. Mais le climat social est peut-être en train de changer. Pour la première fois depuis l’élection de François Hollande, la politique du gouvernement se trouve fortement contestée. La décision d’homologuer l’accord UNEDIC qui met à mal la solidarité interprofessionnelle suscite l’opposition des salariés de l’intérim et surtout des intermittents, qui menacent le gouvernement d’un conflit aussi important que celui de 2003, quand la quasitotalité des festivals de l’été, dont celui Avignon, avaient été annulés. À la SNCF, la grève contre la réforme ferroviaire a été fortement suivie. Très implantée dans les métiers du spectacle et de la culture, première organisation syndicale à la SNCF, la CGT joue un rôle moteur dans les deux conflits sociaux. Les attaques contre la CGT sont d’autant plus virulentes que le gouvernement joue gros. Si le rapport de forces devait le contraindre à céder, il prendrait alors le risque de susciter d’autres mobilisations. Car ces deux conflits témoignent aussi de l’exaspération qui gagne petit à petit les salariés. Conséquences de la dégradation continue de leurs conditions de vie et de travail, la colère et la révolte gagnent du terrain.

LES DÉLIRES ANTI-CGT

« Lepaon incapable d’imposer son point de vue à ses troupes, c’est révélateur du fait qu’il n’ait pas réussi à se forger une légitimité en interne. » (« LIBÉRATION », 20 JUIN)

Le risque d’un mouvement social d’ampleur ne peut plus être désormais écarté. Et cette menace tombe au plus mal pour le gouvernement. Le 7 et le 8 juillet prochain, se tiendra la 3e conférence sociale. Or, celle-ci ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Tandis que le MEDEF fait dans la surenchère, le « pôle réformiste » sur lequel le gouvernement s’est appuyé jusqu’à présent est mal en point. En retirant sa signature du pacte de responsabilité et en rejetant l’accord UNEDIC, la CFE-CGC y a porté un coup sévère. Désormais isolée et craignant que l’impopularité du gouvernement rejaillisse sur elle, la CFDT a pris ses distances. Si le gouvernement veut poursuivre sa politique, il doit empêcher la stratégie avec laquelle il a imposé ses réformes de s’écrouler. « Il nous faut tenir, y compris face à la radicalité de certains mouvements sociaux. La radicalité en interne ou dans la société mène à une impasse. C’est le réformisme qui est en jeu », avouait ainsi Manuel Valls, le 14 juin dernier, devant le conseil national du PS.

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« La CGT cheminots et SUD rail ont pris une terrible responsabilité en ouvrant un conflit dont des centaines de milliers de Français sont victimes. » (LAURENT BIGORGNE, DIRECTEUR DE L’INSTITUT MONTAIGNE, « LE FIGARO », 17 JUIN)

  • Le syndicat le mieux enraciné

Quoi qu’il advienne dans les conflits en cours, patronat et gouvernement n’en ont pas fini avec la CGT. Sa capacité de mobilisation est sans commune mesure avec celles des tenants du pôle réformiste. Ainsi, à la SNCF, la CFDT et l’UNSA, qui s’est finalement ralliée à la réforme ferroviaire, ne parviennent pas à mobiliser les cheminots pour la soutenir. Et contrairement à ce qu’affirment ses détracteurs, la CGT est loin d’être isolée. L’intense propagande médiatique n’a pas réussi à dresser les usagers contre les cheminots.

Au niveau national et interprofessionnel, l’unité syndicale qu’elle a constituée avec la FSU et Solidaires est pérenne. En témoigne, entre autres, la campagne « Tous unis contre l’extrême droite » lancée en janvier 2013 et à laquelle se sont ralliés depuis syndicats étudiants et lycéens, associations antiracistes et de défense des droits de l’homme. Et malgré la signature apposée par FO à l’accord UNEDIC, le rapprochement avec cette dernière a franchi un nouveau cap à l’occasion du 1er Mai avec l’appel commun à manifester, notamment à Paris, et le soutien apporté par Jean-Claude Mailly à la grève des cheminots. Autre signe de l’importance de la place qu’occupe la CGT dans le paysage syndical : la reconnaissance que lui ont apportée la CES et, plus récemment, l’Organisation internationale du travail en accueillant dans son conseil d’administration son ancien secrétaire général, Bernard Thibault.

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« L’idéologie lepénocégétiste » (« Le Point », 19 juin). Ou comment faire un amalgame aussi douteux que nauséabond : ce n’est pas parce que le Front national tente de capter le vote ouvrier en adoptant un discours antilibéral qu’il épouse pour autant les thèses cégétistes...

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