Nos vies valent plus que leurs profits La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat ! Salaire ou rémunération aléatoire ? - SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

La rémunération aléatoire n’est pas un salaire

A l’approche des négociations salariales (NAO), depuis quelques semaines l’intéressement est mis en valeur par la direction, il n’est pas anodin de présenter cette forme de rémunération sous un beau jour, l’objectif du patronat étant de valoriser ces versements, même s’ils se distinguent par leur caractère aléatoire.

Afin de bien comprendre la dérive qui caractérise les orientations prise par le patronat depuis plusieurs décennies, rappelons la progression qui fait désormais obstacle à une certaine sécurité de notre rémunération. Jusqu’au début du 20ème siècle, le salaire correspondait au minimum vital pour se nourrir, se loger, se vêtir. Au fil du temps, les luttes sociales ont réussi à y intégrer des droits à la retraite, à la santé, ç la formation. Ce sont tous ces éléments qui construisent le caractère social du salaire par des cotisations – salariales ou patronales – qui vont alimenter les caisses de la protection sociale. Cette part de salaire, servant à financer des périodes d’inactivité, nous la percevons en cas de maladie, maternité, de formation, d’invalidité, etc.

La plupart de ces éléments de salaire dit « socialisé » a été intégré après 1945 avec les régimes obligatoires de la sécurité sociale, de retraite, d’allocations familiales. Progressivement, de nombreuses autres cotisations patronales, assises sur les salaires, ont été intégrées, sans oublier les régimes de retraites complémentaires, de régimes complémentaires maladie, d’assurance chômage, etc. Au cours de cette période a été imposée au patronat l’idée que tous les salariés devaient être garantis de leurs ressources lorsqu’ils tombent malades, subissent le chômage, partent en formation et que la santé et l’éducation des enfants demandait des moyens financiers qu’il fallait prévoir. Les salariés n’ayant d’autres revenus que leurs salaires, toutes ces prestations supplémentaires devaient être fournies par des caisses dont les fonds provenaient de la masse salariale.

C’est cette même idée qui a guidé la conception des services publics, financés par des impôts via le budget de l’état, et devant permettre aux usagers la satisfaction de besoins élémentaires – école, voirie, hôpital, transport, etc. – Même si ces beaux principes avaient leurs limites, ils se basent sur une idée forte, celle de couvrir toutes les dépenses sociales. Les réformes libérales à l’œuvre depuis le début des années 80 en France et en Europe développent d’autres idées :

  • Le salaire doit se limiter exclusivement à la rémunération de la force du travail pendant le temps de travail. L’essentiel des dépenses sociales – formation, maladie, vieillesse – doit être supporté directement par le salarié en passant par des systèmes d’assurances privées, de prêts bancaires, etc. Aussi, la masse salariale doit être allégée au maximum des « charges » qui, selon les patrons gênent la compétitivité. En fait, elles mordent un peu trop sur les profits. C’est la même idée, qui guide la baisse des dépenses publiques et la baisse des impôts qui, en réalité, ne bénéficie qu’aux populations les plus aisés.
  • Les nécessiteux n’ayant aucune ressource peuvent bénéficier de la charité publique avec des systèmes comme le revenu minimum d’insertion (RMI), le revenu de solidarité active (RSA) et la couverture maladie universelle (CMU).

C’est cet état d’esprit qui pollue toutes les réformes de ces dernières années sur les retraites, la sécurité sociale et les rémunérations. En même temps qu’il remet en cause le salaire socialisé, le patronat cherche aussi à en limiter le niveau et sa progression. De 1980 à 2000, les patrons ont ainsi réussi à gagner près de 10 points dans la répartition des richesses produites – la valeur ajoutée – entre les salaires et la part restant au capital. En augmentant la productivité, en développant le chômage, en bloquant les salaires, en bénéficiant d’allégements multiples et diverses, les patrons ont permis le détournement de centaines de milliards d’euros, versés auparavant aux salariés et désormais réservés aux actionnaires.

Le patronat cultive deux idées fortes sur les salaires :

  • L’augmentation de son salaire, cela se mérite, d’où le développement des augmentations individuelles, à la tête du client, pour acheter la soumission et la docilité ;
  • La place de plus en plus grande des modes de rémunération aléatoires - intéressement, participation – qui, de fait, tendent à partager le salaire en deux : une partie fixe, quasiment gelée, et une partie variable, très variable, faite d’intéressement et de participation.

Nous avons déjà développé le danger que représentent ces orientations, perverses à plusieurs titres :

  • Elles bloquent une réelle progression salariale, car la rémunération par l’intéressement ou la participation peut être supprimée d’une année sur l’autre, alors qu’un salaire est un acquis qui impacte les heures majorées, la rémunération en cas de maladie, la retraite et les points de la retraite complémentaire.
  • Les rémunérations aléatoires sont amputées de tout caractère social, c’est-à-dire les cotisations salariales et patronales versées aux caisses de chômage, de sécurité sociale, d’allocation familiale, etc.
  • Au lieu de cotisations versées aux différentes caisses, ce  ne sont que 8% qui reviennent au titre de la contribution sociale généralisée (CSG) et de la contribution de remboursement de la dette sociale (CRDS).

A ce stade de notre récapitulation, il est naturel de ne pas cautionner les orientations salariales qui privilégient plutôt la rémunération aléatoire à la place d’un salaire socialisé, contribuant à la solidarité entre les travailleurs et une répartition plus juste des richesses. Il est temps que les salariés prennent consciences du piège dans lequel les patrons cherchent à les enfermer. Il s’agit de redonner au salaire le sens originel d’un système de sécurité qui bénéficie à tous les salariés, quel que soit son niveau de salaire. Mais le refus des orientations patronales doit se concrétiser par une présence syndicale soutenue dans les entreprises. Ce ne sont pas les délégués syndicaux seuls qui, face à leur patron en réunion de négociation, changeront la marche irrémédiable vers l’égoïsme et le repli sur soi. Nous avons besoin du concours actif des salariés pour cette reconquête.

Regroupons-nous pour être plus efficace, syndiquez-vous !

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