Pénébilité

par Syndicat CGT Le Meux  -  12 Février 2015, 17:50  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Pénibilité…

Le compte n’y est pas

Aujourd’hui le patronat a réussi son coup en reportant ultérieurement 6 des 10 critères qui devaient être mis en place dès le 1er janvier 2015.

Rappelez-vous le chantage opéré par le responsable du MEDEF, sur le boycott de la conférence « Antisociale » si le compte « points pénibilité », était mis en application au 1er janvier 2015.

Nous avons encore été les témoins d’une complicité sans faille entre gouvernement et patronat.

Mais que pouvons-nous attendre de ce compte « points pénibilité » qui, au plus haut de sa reconnaissance, ne permet aux salariés de partir à la retraite qu’à l’âge de 60 ans. Vous savez, l’âge légal qui avait été un élément de campagne présidentiel de Hollande sur le retour des 62 ans de Sarkozy.

Non seulement ce compte points ne reflète pas les attentes légitimes des salariés à obtenir dès à présent réparation des dégâts causés sur leur santé, car il n’a pas d’effet rétroactif, mais en aucun cas il n’améliorera la prise en compte de cette pénibilité dans le futur au vu des critères inatteignables mis en place dans ce compte points.

Les salariés qui rentreraient dans ces critères seraient certainement dans un état d’handicap, d’invalidité ou même décédés avant de pouvoir prévoir y prétendre.

Tous les critères rattachés au travail de nuit ou par équipes successives alternantes ne laissent pratiquement plus aucune latitude au vu du resserrement des plages horaires et du nombre de nuits à effectuer.

Pour le travail répétitif, ce critère ne mérite tout simplement aucun débat, tellement il est irréaliste.

L’organisation du travail est de la responsabilité de l’employeur qui doit tout mettre en place pour garantir la santé et la sécurité des salariés.

 

- TRAVAIL DE NUIT dans les conditions fixées aux articles L. 3122-29 à L. 3122-31, une heure de travail entre minuit et 5 heures et ce pour une durée minimale de 120 nuits par an. Alors que le travail de nuit est reconnu entre 21h00 et 6h00 beaucoup de salariés vont perdre cette reconnaissance de nuit au vu de la réduction de la durée prise en compte.

- TRAVAIL EN ÉQUIPES SUCCESSIVES ALTERNANTES impliquant au minimum une heure de travail entre minuit et 5 heures avec une durée minimale de 50 nuits par an. Même constat : tous les salariés qui terminaient à 22h00 ou qui commençaient à 5h00 n’entrent plus dans ce critère.

- TRAVAIL RÉPÉTITIF CARACTÉRISÉ par la répétition d’un même geste, à une cadence contrainte, imposée ou non par le déplacement automatique d’une pièce ou par la rémunération à la pièce, avec un temps de cycle défini. Temps de cycle inférieur ou égal à 1 minute. 30 actions techniques ou plus par minute avec un temps de cycle supérieur à 1 minute. Ce travail répétitif est pris en compte à compter d’une durée minimale fixée à 900 heures par an.

- ACTIVITÉS EXERCÉES EN MILIEU HYPERBARE définies à l’article R. 4461-1. Sont pris en compte les interventions ou travaux réalisés sous une pression inférieure à 1200 hectopascals et répétés 60 fois par an.

Les salariés qui sont dans des états de souffrance physique, mentale le sont parce que ces patrons n’ont eu qu’un principe, celui de faire du profit à tout prix.

Ne laissons pas échapper cette lutte pour la reconnaissance de la pénibilité et exigeons la réouverture des négociations dans toutes les branches professionnelles avec les deux chapitres : prévention et réparation.

Enfin, la loi Macron, avec la dépénalisation, va encore ouvrir une porte aux patrons : ne pas être reconnus coupables par la faute inexcusable, en matière de travaux pénibles.

 

AUCUNE AVANCÉE SOCIALE N’AYANT JAMAIS ÉTÉ OFFERTE EN CADEAU PAR LE PATRONAT, C’EST PAR LA MOBILISATION ET LE DÉBAT DES IDÉES QU’ON FERA AVANCER LES CHOSES.

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