Sanofi en grève

par Syndicat CGT Le Meux  -  23 Février 2015, 15:08  -  #Notes d'information Cgt Unilever

SANOFI : bonus / malus et lutte de classes

Tandis que depuis 19 jours les salariés de Sanofi Sisteron sont en grève pour les salaires (+ 120 euros de primes de poste mensuels revendiqués) et que la direction répond par des provocations (150.000 euros d'investissements, l'amélioration des conditions de travail et 60 euros de tickets restaurant),

le nouveau PDG, Olivier Brandicourt, est généreusement acceuilli par une prime de bienvenue de 4 millions d'euros dit-on !!

Oui, 4 millions !

 Le cadeau d'accueil étant généreusement accompagné, puisque

le laboratoire pharmaceutique a prévu une rémunération fixe annuelle brute de 1,2 million d'euros, une rémunération variable « cible » de 150 % de la rémunération annuelle fixe et susceptible d'atteindre 250 % de celle-ci, ainsi qu'une rémunération en actions qui consistera en une attribution annuelle de 220 000 options de souscription d'actions et de 45 000 actions de performance.

 Preuve que l'argent existe et sans oublier que seul le travail étant créateur de valeur c'est nous qui les faisons vivre si confortablement et non l'inverse.

Ce qui au-delà des légitimes revendications immédiates de revalorisation et de partage des richesses pose bien la question d'une réappropriation des outils de production par les travailleurs eux-mêmes!

Article de la Marseillaise de ce jour sur la lutte des salariés à Sisteron.

SOCIAL.

LES SALARIÉS EN GRÈVE DE L'USINE SANOFI DE SISTERONONT RECONDUIT LE MOUVEMENT AU 19E JOUR DE MOBILISATION.

Une lutte avec les plus belles traditions de la classe ouvrière

 « À ce jour, les salariés n'ont pas répondu à la proposition de la direction », déclarait hier, lors de l'assemblée générale des salariés postés de l'usine Sanofi de Sisteron, en grève depuis 19 jours, Jean-Louis Peyren, responsable syndical CGT de l'usine. Alors que les travailleurs postés ré- clament une augmentation de 120 euros de leur prime de poste, la direction a accepté de négocier cette semaine en proposant 150 000 euros d'investissements pour l'amélioration des conditions de travail et 60 euros en tickets restaurant. Les grévistes sont unanimes pour dénoncer la provocation que constitue cette proposition. Aveu d'impuissance d'ultimatum sous forme.

Surtout que celle-ci a été assortie d'un ultimatum, la direction ayant déclaré qu'il fallait une réponse avant hier 18h et que ce serait leur dernière proposition. Les élus CGT relataient à l'assemblée générale comment les cadres de direction avait visité un bâtiment pour tenter de faire pression sur les salariés pour qu'ils reprennent la production : « Des faits gravissimes se sont produits ; ils sont allés jusqu'à menacer les élus syndicaux de sanctions, poursuivait Jean-Louis Peyren, qu'ils y viennent ! ». Et d'enfoncer le clou :

 « Des sanctions, il n'y en aura pas ; ils n'ont pas peur des élus, mais des grévistes, oui ! ». Un commentaire aussitôt salué par une salve d'applaudissements et de sifflets enthousiastes.

 Le responsable CGT expliquait ensuite que la direction rencontrerait la semaine prochaine une nouvelle délégation pour parler de la prime de poste : « Nous avons d'ores et déjà gagné, puisque nous les avons contraints à parler des primes ! ». Nouveau tonnerre d'applaudissements. « La direction nous a menti sur son mandat de négociation, elle a essayé de nous diviser et nous avons tenu bon », faisait valoir à son tour Sylvain Moretti, délégué syndical CGT, et d'autres sites démarrent la grève. « Nous tiendrons jusqu'au bout en étant solidaires les uns des autres et on ne lâchera pas tant qu'on n'aura pas ce que nous revendiquons. C'est nous qui décidons du montant de la prime ! ».

L'enthousiasme des grévistes est débordant, on passe au vote de la reconduction de la grève, une forêt de bras se lève, c'est l'unanimité pour la poursuite du mouvement. Qu'est-ce que c'était beau ! Enfin, des salariés du centre de recherches Sanofi de Montpellier sont venus soutenir le mouvement : « Voilà comment une poignée d'irréductibles Bas-Alpins arrive à faire trembler la direction ! », s'exclamait Sandrine Caristan, chercheuse en chimie moléculaire à Montpellier et élue CGT. Et de brandir un chèque de la CGT Montpellier pour la caisse de grève, ainsi que 250 euros en liquide d'une collecte : « C'est pour les copains qui seraient en difficulté : n'hésitez pas, le but, c'est de tenir, le mieux possible ! », concluait Sylvain Moretti.

 MORGAN TERMEULEN

 La CGT de Sanofi Sisteron a décidé de communiquer un fait embarrassant chaque jour que la direction tarde à accéder à la revendication des grévistes. Voici le premier. Le salaire annuel d'un cadre de direction s'élève à 125 184 euros. Celui-ci se décompose en une part fixe de 82 584,54 euros et une part variable de 11 800 euros, ce à quoi s'ajoute une prime en actions, au nombre de 400. Ce sont ces mêmes gens qui rétorquent aux salariés postés que leur revendication met en péril la compétitivité du site. ■

 

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