Salaires : l’individualisation pour mieux masquer la régression

par Syndicat CGT Le Meux  -  22 Mars 2015, 10:50  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Salaires : l’individualisation pour mieux masquer la régression

Ce n’est pas d’aujourd’hui que les patrons ont inventé les augmentations à la tête du client, mais c’est avec le blocage des salaires, à partir de 1982, à la diligence de gouvernements de gauche, que les systèmes patronaux dits d’individualisation ont commencé à fleurir. Non seulement chez les cadres mais chez les employés, voire les ouvriers. La chose a désormais son nom et depuis 1985, le ministère du Travail consacre une enquête annuelle à l’individualisation des hausses de salaires.

Moins il y a d’augmentation de salaire, sous l’effet cumulé des politiques de désindexation et blocage, du chômage croissant qui fait pression et des 35 heures qui ont conduit à des accords de « modération » (sans parler du travail à temps partiel), plus l’« individualisation » tient la vedette ! Et elle se traduit moins sur la feuille de paye que par l’instauration de systèmes retors d’évaluations des performances individuelles. Qui plus est, depuis les lois Auroux du début des années 1980, qui ont instauré entre autres l’obligation légale de négocier annuellement les salaires entre patrons et syndicats, des syndicalistes se complaisent à palabrer sur ces machines infernales de prétendues évaluations et rétribution des mérites. Et leur donnent leur signature, au lieu de les rejeter et les dénoncer !

L’individualisation des salaires est une pièce de l’arsenal patronal pour mettre les travailleurs en concurrence, les opposer les uns aux autres mais les pressurer tous. A chacun de dépasser le voisin en « productivité » ! Avec au bout, le stress, la fatigue, les cadences infernales et des salaires qui sont certainement « individualisés » mais perdent toujours du terrain. Globalement, ils ont perdu quelque 500 euros en 20 ans !

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