MACRON, L’ENNEMI INTIME DU PEUPLE

par Syndicat CGT Le Meux  -  25 Avril 2015, 17:12  -  #Notes d'information Cgt Unilever

MACRON, L’ENNEMI INTIME DU PEUPLE (à propos de sa tribune dans Le Monde, « Retrouver l’esprit industriel du capitalisme »

Emmanuel Macron est auréolé de la loi-49/3 portant son patronyme, laquelle permet à n’importe quel patron de contourner un Code du Travail présenté par le camp libéral comme une rigidité archaïque et un livre à brûler.

Fort de cette victoire, sans coup férir, sur le livre-loi qui soutenait depuis 1910 le contrat de travail du peuple salarié, Macron triomphant commet dans Le Monde du 24 avril une tribune où son négationnisme - le déni d’existence du peuple du Travail – éclate en une symphonie à la gloire de l’esprit du capitalisme.

« Retrouver l’esprit industriel du capitalisme », ce titre indique à quel point Macron est gonflé de l’orgueil du valet aspirant au statut du maître. Qu’ont-ils besoin, ces maîtres, d’un porte-drapeau de ce genre ? Dans une seule mesure, et Macron comprend qu’il joue la gomme à effacer le monde laborieux.

« Nous avons, déclame-t-il, les moyens de façonner un capitalisme à l’image de nos ambitions. » Entreprend-il de dresser un temple à la gloire des capitaines d’industrie, des chevaliers de la finance, des héros de la spéculation et du dividende ? Non, i leur livre cette affirmation négationniste :

La France a bâti après la seconde guerre mondiale un capitalisme d’Etat, fidèle à sa tradition colbertiste, et un capitalisme familial. C’est le soutien des pouvoirs publics et l’énergie entrepreneuriale qui ont rendu possibles les réussites industrielles de notre pays, et ce sont les choix industriels de long terme qui ont permis les investissements de l’économie française des « trente glorieuses ».

Compris ? Le peuple de la Résistance, celui du CNR, des maquis et de la classe ouvrière a disparu. Comme sur un montage photos malveillant. Seuls les patrons et leurs commis d’État ont agi, à se demander quelle est donc cette cohorte, cette populace inutile au pied des élites admirables. Macron…

Gomme à effacer le populo, Macron bute néanmoins sur la crise.

Comment la traiter ? Simple, d’un mot. Et de s’appesantir sur les conséquences de cette crise mystérieuse que Macron s’épargne de qualifier et d’expliquer. Mais voilà les conséquences qui l’intéressent :

" Les investisseurs institutionnels (…) se sont désengagés du capital des entreprises françaises : la part des actions cotées françaises dans le bilan des investisseurs institutionnels a, par exemple, été divisée par 2,5 depuis 2000. Ils n’ont pas été remplacés par des actionnaires individuels, car la réglementation française a toujours orienté l’épargne vers l’immobilier puis l’assurance-vie, et donc plutôt des placements obligataires ; ils n’ont pas été remplacés non plus par des systèmes de retraites par capitalisation qui sont structurellement moins présents en raison de la prédominance du mécanisme de répartition. "

Quel aveu. Ainsi les 20 dernières années ont justifié des montagnes d’exonérations accordées aux patrons, s’agissant des cotisations sociales et des impôts. Et voilà qu’au détour d’une phrase, Macron avoue que tout ce dispositif par ailleurs mis en cause par la Cour des Comptes n’entraîne pas l’investissement.

Macron en tire cette conclusion : les patrons n’investissent pas, que le peuple, le fasse à leur place. Comment ?

1. « Inciter plus fortement les Français à investir dans nos entreprises. (…) L’actionnariat individuel est un élément de stabilité, comme le montre l’exemple d’Air Liquide. Faire des salariés et des épargnants français les détenteurs de notre capital productif est un défi urgent. »

2. « Réorientant les fonds des caisses de retraites vers la détention d’actions françaises et en associant d’autres investisseurs à leur côté. »

3. Favoriser « les actionnaires familiaux, les actionnaires salariés, les actionnaires publics et les fonds longs (français, européens, et internationaux). »

Précarité, chômage à 5 900 000 inscrits à Pôle Emploi, fermetures massives d’entreprises ? Baisse globale des rémunérations ? Qu’importe à Macron, il possède la solution : devenez actionnaires, peuples des régions, des usines, des bas quartiers. Transformez vos garanties sociales, telle la retraite, en investissements dans le Capital.

Macron réinvente la poudre… aux yeux. Il reprend la vieille Lune de l’association Capital-Travail de De Gaulle, en retirant au projet de mot « Travail ».

Il tord le vieux projet gaulliste dans le sens libéral, puisqu’il enjoint le peuple à retrouver son utilité par l’acte majeur, investir le montant de la caisse Retraite et des Assurances sociales dans le Capital.

Un problème avec le Capital ? Macron rêve d’une procession ininterrompue de souscripteurs d’actions issus des quartiers pauvres.

Macron mêle l’arrogance au mépris et à la négation du monde du Travail. Il est dangereux parce qu’il participe à un gouvernement archi-minoritaire qui transforme le rejet qu’il suscite en agressions libérales permanentes. Voilà pourquoi il est notre ennemi intime.

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