Nos vies valent plus que leurs profits La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat ! Philippe Martinez : "Sur le plan social, Hollande est dans la continuité de Sarkozy" - SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Philippe Martinez, le secrétaire génétal de la Confédération Générale du Travail (La CGT)  a été interviewé dans le Journal Du Dimanche, paru le 18 octobre 2015

Un nouveau report de l'âge de la retraite, c'est inacceptable

Le JDD: La CGT s'oppose à l'accord sur les retraites complémentaires. Pourquoi?

Philippe Martinez: Cet accord est tout simplement scandaleux. Sur les 6 milliards d'économies, il y a 5,4 milliards qui seront faits sur le dos des salariés et des retraités, et seulement 600 millions par le patronat. Ce n'est pas ce que j'appelle un équilibre!

Les signataires valident de facto un nouveau report de l'âge de la retraite, c'est inacceptable. Il y avait d'autres solutions.

Par exemple, appliquer la loi sur l'égalité salariale entre femmes et hommes, qui est bafouée. Cela comblerait la moitié du déficit.

"Cette conférence sociale, c'est uniquement de la communication"

Le JDD: Vous boycottez la conférence sociale organisée lundi par le gouvernement. Dans quel but?

Philippe Martinez: Cette conférence sociale, c'est uniquement de la communication. Ce n'est pas sérieux du tout.

  • On ne va pas écouter une grand-messe d'experts patronaux et participer à des tables rondes avec des ministres qui viennent se faire valoir.
  • Il y a des sujets majeurs qui ne sont pas pris en compte.

La CGT veut parler des salaires et du temps de travail, car ce sont clairement les priorités des Français.

Et puis, il y a la situation sociale dans laquelle va se tenir la conférence.

Il s'est passé quelque chose de grave chez Air France

Philippe Martinez: Il s'est passé quelque chose de très grave chez Air France.

Depuis ces événements, le Premier ministre s'entête à ignorer les salariés.

  • Pas un mot pour les 3.000 futurs licenciés.
  • Pas un mot après que cinq salariés ont été réveillés par la police devant leur famille et gardés à vue plus de trente-six heures comme des malfrats de la pire espèce.
  • Et toujours pas un mot du Premier ministre pour dire que c'est exagéré.

Les politiques qui font l'objet d'une procédure, on leur demande de venir au commissariat quand ils ont un moment dans leur agenda et ils s'y rendent à leur convenance.

Les ministres "nous répondent de calmer les salariés mais on n'est pas les pompiers de service"

Le JDD: Manuel Valls a stigmatisé un camp "du conservatisme, du refus du dialogue, de la rupture". Vous êtes visés?

Philippe Martinez: Nous, on a prévenu. Quand on croise des ministres, on leur dit l'exaspération des salariés, on leur dit : "Faites attention, ça va exploser." Ils nous répondent de calmer les salariés mais on n'est pas les pompiers de service, on n'est pas là pour réparer les bêtises du patronat ou du gouvernement.

Et malgré toutes nos alertes, c'est la CGT qui est montrée du doigt !

La ministre du Travail et le Premier ministre nous renvoient la responsabilité d'un possible échec électoral en décembre et à la présidentielle, et si le FN gagne, ce sera aussi la faute de la CGT… Mais on va où là?

Le JDD: Vous dites "ne pas cautionner" la violence mais ne "pas la condamner". La justice ne doit pas s'appliquer?

Philippe Martinez: Il suffit de retirer les plaintes contre les salariés d'Air France et la justice s'appliquera.

"Le dialogue social, ce n'est pas de valider les politiques gouvernementales"

Le JDD: Le gouvernement a changé de ton sur Air France. Cela va dans le bon sens?

Philippe Martinez: Mme Royal dit qu'il faut geler le plan social, Mme El Khomri a parlé mais je n'ai pas bien compris, et puis le Premier ministre, une fois de plus, a rectifié tout le monde.

Quand Air France demande de l'argent pour investir, on répond que l'État ne peut pas.

Les compagnies du Golfe, tant vantées ces derniers temps malgré l'absence de droits quasi total pour leurs salariés, elles, sont financées par leurs États.

Chez STX, le dialogue a eu lieu

Le JDD: L'élu CGT chez STX a refusé de serrer la main de François Hollande. S'il n'y a plus de dialogue, que se passe-t-il après?

Philippe Martinez: Détrompez-vous. Le dialogue a lieu : il lui a parlé de la vie des salariés, il a montré son mécontentement et ce n'est pas du dédain.

C'est un acte pour dire "Écoutez-nous."

Le dialogue social, ce n'est pas de valider les politiques gouvernementales.

Quand les salariés ne sont pas contents, il faut des signes forts des syndicats. Chez Air France, notre refus de participer à la conférence sociale est très apprécié.

"Hollande voulait faire de la jeunesse une priorité, mais les jeunes vivent plus mal que leurs parents"

Le JDD: Le chef de l'État vante le dialogue social comme marque de son quinquennat. C'est un échec pour vous?

Philippe Martinez: Il est dans la continuité de son prédécesseur sur le plan social. Il a dit que son ennemi est la finance, mais les dividendes des actionnaires ont augmenté de 60% en cinq ans ; il voulait faire de la jeunesse une priorité mais les jeunes vivent plus mal que leurs parents.

Et on voit que le salaire médian a reculé en 2013.

Seuls ceux qui ne connaissent pas la vie s'étonnent des expressions de colère.

Le JDD: La CGT est-elle dans une logique d'affrontement?

Philippe Martinez: Non, c'est trop facile de dire cela. Tous les syndicalistes au monde discutent et quand ils ne sont pas entendus, ils proposent aux salariés de se mobiliser. Cela marche comme ça partout.

Quand on n'est jamais écoutés, qu'on risque de perdre son boulot et qu'il y a 6 millions de chômeurs, on ne va pas prendre ça avec le sourire. Seuls ceux qui ne connaissent pas la vie s'étonnent des expressions de colère.

S'il n'y avait pas eu la chemise déchirée, est-ce que les médias auraient autant parlé de la situation chez Air France?

Malheureusement, des salariés débordent de la lutte classique, mais cela fait parler d'eux et ça doit faire réfléchir tout le monde.

Retrouver un syndicalisme proche des préoccupation des salariés

Le JDD: On vous reproche d'être "dur" pour vous faire élire au congrès de la CGT l'an prochain. Serez-vous candidat à votre succession?

Philippe Martinez: Je n'ai rien changé à ma pratique du syndicalisme. Quant à ma candidature, cette question n'est pas en débat pour l'instant.

Ce qui est à l'ordre du jour, c'est de retrouver un syndicalisme au plus proche des préoccupations des salariés.

 

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