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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Banques françaises :

75 000 milliards de dérivés !

Les produits dérivés ont été au cœur de tous les dérapages de la finance depuis les années 1970. Contrats signés par une banque, un Etat, une entreprise, etc., avec une institution financière et destinés à les protéger contre des variations inattendues des taux d’intérêt, des taux de change, etc., ils font l’objet d’une spéculation importante en fonction des anticipations sur les risques qu’ils permettent de couvrir. Il est donc essentiel de savoir où en sont les banques françaises en la matière.

Pour cela, il faut plonger dans la comptabilité de nos grands établissements. On en ramène un chiffre extraordinaire : le montant total des contrats de produits dérivés des quatre plus grands établissements – BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et BPCE – se monte à la fin 2015 à 75 000 milliards d’euros, environ 35 fois le PIB de la France !

Quels sont les risques ?

Le chiffre donne le vertige. Mais, heureusement, il ne correspond pas à celui des risques pris par les banques avec ces produits. Certains servent vraiment à protéger les banques contre des risques… mais ils ne représentent que 4 % du total. Les autres sont censés couvrir des risques aussi mais servent surtout à spéculer pour le compte de la banque ou de ses( clients.

(Les dérivés destinés à couvrir les risques ne représentent que 4 % du total)

Les 75 000 milliards représentent ce que les financiers appellent le « notionnel » des contrats, c’est-à-dire la valeur qui est marquée dessus. Mais cela ne correspond pas aux sommes réellement en jeu en cas de mauvaise spéculation. Par exemple, si un fonds d’investissement obtient des ressources de 10 millions d’euros à un taux de 2 % et qu’il craigne que celui-ci passe à 2,5 % dans six mois, une banque peut lui vendre un contrat dérivé qui lui assure le taux de 2 % six mois plus tard. Si le taux passe à 2,5 %, la banque devra verser 0,5 % des 10 millions (le notionnel) qui représentent son véritable risque. Les contrats sur taux d’intérêt représentent entre 70 et 75 % des transactions de dérivés des banques françaises.

(Une activité en baisse)

Enfin, ces activités sont en baisse : moins 20 % depuis le pic de 2011. La spéculation diminue sur ces marchés, c’est vrai pour les banques françaises comme pour les autres banques. L’une des raisons en est que les régulateurs mettent progressivement en place de nouvelles règles qui rendent l’activité moins rentable.

Pour autant, même en baisse et même si le risque est moins important que ce que suggèrent les données générales, les milliers de milliards de produits dérivés vendus par les banques représentent un montant considérable. Et une prise de risque qui reste mal connue, difficilement probabilisable et donc une source potentielle de crise bancaire internationale.

Christian Chavagneux

Spéculation

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