La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat ! Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. ça chauffe chez Unilever - SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPC

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Syndicat CGT unilever HPC France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Voici la réponse du Directeur de site de l'usine de Le meux suite au mail envoyé à la direction par le syndicat CGT (voir article plus bas sur le blog publié le 6 janvier 2017 ).

BONNE LECTURE

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Je tiens à vous remercier pour la transparence de votre mail, et je vais m’employer à faire preuve de la même transparence à votre égard et à l’égard de l’ensemble des salariés du site, car vous y avez droit.

En premier lieu, vous parlez d'acheter la paix sociale. Je ne partage pas du tout l’avis selon lequel la paix sociale serait comme une marchandise qui s'achète.

Non, la paix sociale en entreprise ne s'achète pas.

Elle résulte de multiples facteurs complexes, indépendants les uns des autres et elle constitue un équilibre certes difficile à trouver, mais où chaque salarié a son rôle à jouer.

Il serait illusoire de penser qu’elle ne dépendrait que d’un talon – de 30€ ou autre.

Le partage d’un projet d’entreprise, aventure collective et vision d’avenir, c’est ce qui a été proposé au site il y a quelques années quand il a été réorienté stratégiquement.

La sécurité au travail, la bonne compréhension des enjeux de l’activité, la communication des objectifs à l’ensemble des salariés, l’engagement de ceux-ci dans leur réalisation, l'intéressement de tous aux résultats réels de l’activité, sont autant d’éléments qui contribuent à un bon climat social.

En second lieu, je ne reprends pas à mon compte votre appréciation d’un talon de 30€ qui serait « misérable ».

Il représente en moyenne 1.5% pour un salaire de base de 2000€. Ajouté aux 0.7% d'augmentation générale versés en avril dernier, cela aura permis au salarié qui en bénéficie d'augmenter son pouvoir d'achat de 2.2%.

Pour rappel, l'inflation en 2015 a été quasi nulle sur l’ensemble de l’année. Pour 2016, elle est annoncée de l’ordre de 0,5-0,6%.

Le salarié, par le simple fait des augmentations générales, aura vu son pouvoir d’achat versus l’inflation augmenter en 2016, et davantage encore s’il a bénéficié d’une augmentation individuelle ou d’une prime en plus de cette augmentation générale.

Mon propos n’est nullement de renvoyer aux salariés que vous défendez l’image de privilégiés. Mais il n’est nullement non plus d’accepter cette vision misérabiliste que vous renvoyez injustement, en déni d’une réalité conjoncturelle que vous ne pouvez décemment ignorer.

En troisième et dernier lieu, je tiens à être extrêmement clair quant à un prétendu « tourisme industriel » de nos patrons quand ils viennent nous visiter.

Lorsque Dave Ingram, patron de la Supply Chain pour l’Europe, viendra par exemple visiter l'usine mi-Février, il cherchera à en comprendre sa stratégie dans une perspective moyen-long terme, l’engagement des salariés, et ce pour apprécier la fiabilité du site face à ses enjeux.

Lorsque les auditeurs WCM viendront en Mars, ils chercheront à évaluer l’efficacité industrielle de notre système de production, son efficience et son plan d'amélioration continue, et ce de manière objective dans le cadre d’une méthode commune (WCM) qui leur permettra d’apprécier l’alignement de notre site par rapport à tous les autres sites d'Unilever en France, en Europe et dans le monde. Ou au contraire de constater la marginalité de notre site, ce qui leur apparaitrait comme incompréhensible !!

Si vous comptez, pour reprendre vos termes, mettre "tous les moyens en œuvre" pour vous faire entendre et mettre le "foutoir" lors de ces visites, j'ai envie de vous dire le plus clairement et le plus honnêtement du monde que nous ne pourrons pas faire le bien de cette usine malgré elle.

Le choix de la direction a été au cours des dernières années de mettre tout en œuvre pour donner un avenir au site quand beaucoup n’y croyaient pas – ou plus, en le positionnant sur un marché porteur (le dentifrice) tout en conservant une activité secondaire (le shampoing) pour pouvoir bénéficier au total d'un volume conséquent > 430millions et ainsi mieux couvrir nos frais fixes, élevés. Nous sommes désormais à l’heure de poursuivre sans relâche l’amélioration nécessaire de l’ensemble des indicateurs du site et le développement de son excellence.

Votre mail me donne le sentiment que vous êtes animé par des préoccupations courtermistes et que vous n’adhérez pas à cette vision pourtant maintes fois expliquée. Si votre position s’avérait partagée par un grand nombre de salariés de l'usine, ma responsabilité de directeur de site serait d’informer immédiatement ma hiérarchie de cet état d’esprit. J’ai d’ores et déjà préparé la traduction en anglais de vos propos, déjà largement diffusés sur votre blog, pour informer Unilever le cas échéant de la probabilité d’actions à venir préjudiciables à nos clients et consommateurs, que je ne saurais cautionner.

Ma responsabilité est aussi de vous expliquer que ceux qui auraient à l’esprit de semer le trouble sont d’ores et déjà acteurs de l’avenir qu’ils veulent se donner et donner au site de Compiègne. Ce n’est pas du chantage. C’est un fait.

Je vous remercie à nouveau pour votre transparence et me tiens à votre disposition pour continuer à expliquer aux salariés et à leurs représentants la nature de nos enjeux.

Cordialement.

Christian Odru

Ci-dessous le mail envoyé au directeur le 11 janvier 2017.

M.Odru, plusieurs remarques suite à vos propos du mail envoyé le 9 janvier :

- Comme vous le savez les recettes miracle n’existent pas mais il suffit de se rappeler des différentes grèves que nous avons connu sur les quinze dernières années, la paix sociale s’achète, cela a toujours été, l’histoire le démontre. Pas besoin d’argumenter plus sur ce point.

- Comparons ce qui est comparable au sujet de « misérable », nous savons qu’il existe des catégories sociaux professionnelles qui prennent largement 10% de leur salaire annuelle voire bien plus et nous, nous devrions nous cantonner aux miettes. On connait les salaires de certains et leurs « variable PAY », rien ne peut expliquer de tels écarts !

- Vous me parlez de conjoncture, dites-moi sur les dix dernières années les difficultés financières pour le groupe Unilever. Les dividendes sont en forte augmentation depuis quatre ans, et les ¾ des bénéfices sont parties pour les actionnaires sous forme de dividendes en 2015 !

 Alors la crise comme prétexte que l’on nous impose est malheureusement toujours pour les mêmes !

Continuez comme vous le faites à créer des différences de traitement au sein de cette usine.

- Rappelez-vous, quand nous avions interpellé M. Humphrey au process dentaire et que nous lui avions fait un état de la situation, cela ne l’a pas écorché une seule seconde, peu importe les conditions de travail, peu importe la précarité et le manque de reconnaissance, il ne pensait qu’au portefeuille (retour sur investissement, sa seule préoccupation), nous ne sommes pas dupes, nous savons très bien à qui nous avons à faire !

- Quand nous (la CGT) faisons ce genre de propos c’est toujours du chantage, par contre, quand vous le faites (à votre façon) ce n’est jamais du chantage, cela devient risible. L’épée de Damoclès que vous mettez en permanence sur notre tête commence à peser lourdement sur les salariés. Ce genre de pression ne marche pas. Jusqu’à présent, toutes les entreprises qui ont été vendues et fermées par Unilever depuis une quinzaine d’années étaient toutes bénéficiaires donc inutile de nous faire du bourrage de crâne. A leurs yeux, nous ne ferons jamais assez de fric, ils ne seront jamais rassasiés !

Il est hors de question de nous voir baisser la tête, surtout avec de telle injustice et encore moins au nom de la Compétitivité.

- Vous avez une mauvaise interprétation du mail, je ne vois pas en quoi j’aurai une préoccupation courtermiste. C’est vous qui remettez en permanence en cause le mode d’organisation de cette usine, c’est vous qui décidez les priorités ainsi que les moyens. C’est vous les cadres qui avez des objectifs à courtermiste (turnover des cadres important), ce qui impacte énormément notre usine, notre outil industrielle…

Pour en finir, lorsque vous informerez vos supérieurs, n’oubliez pas d’envoyer le fameux document « bongard m’a tuer », avec les bonnes explications ! (que vos supérieurs sachent sur quoi travaille certains cadres….)

La CGT

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