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Whirlpool : quand Marine Le Pen refusait de lutter contre les délocalisations

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La visite « surprise » de Marine Le Pen aux salariés en grève de Whirlpool d’Amiens, ce 26 avril 2017, est d’un cynisme sans nom, quand on s’intéresse au vote des députés FN au Parlement européen. La candidate du FN a décidé in extremis de perturber le déplacement d’Emmanuel Macron, venu dialoguer avec les représentants syndicaux et les salariés de l’usine. Celle-ci sera délocalisée à Lodz en Pologne.

Coût social : 290 emplois directs supprimés, et le double d’emplois indirects menacés. Les salariés de l’usine avaient pourtant accepté une augmentation de leur temps de travail, une flexibilité importante dans les horaires, et déjà vécu plusieurs plans de licenciement. Qu’importe ! La Pologne demeure moins chère, et les actionnaires peuvent s’augmenter : « Whirlpool Corporation a approuvé une augmentation de 10 % du dividende trimestriel sur les actions de la société », révèle le 24 avril le journaliste François Ruffin, fondateur du journal Fakir et candidat aux législatives à Amiens (lire ici).

Que Marine Le Pen se préoccupe du sort des salariés dont les usines sont délocalisées est une nouveauté. Le 4 octobre 2016, plusieurs groupes parlementaires européens proposent au vote une résolution « sur la nécessité d’une politique européenne de ré-industrialisation au regard des affaires Caterpillar et Alstom ». Les deux groupes viennent alors d’annoncer d’importantes délocalisations et suppressions de poste. Caterpillar supprime 2500 emplois de son usine de Charleroi en Belgique, tandis qu’Alstom annonce la fermeture de son site de Belfort, impliquant la suppression de 400 emplois.

Les parlementaires profitent de ces deux exemples pour demander à la Commission européenne de redéfinir une politique industrielle européenne. Objectif : éviter que des usines soient déplacées vers des pays avec « des protections sociales et environnementales plus faibles que celles appliquées par l’industrie européenne », répondre à « la nécessité de sécuriser les emplois industriels européens », en particulier pour des secteurs stratégiques comme le transport ferroviaire, et créer « des emplois de qualité, aptes à permettre des bénéfices tangibles pour les citoyens européens » [1]. Le but est de mettre fin à la concurrence entre bassins d’emplois européens, et de prévenir de futures délocalisations hors des frontières de l’Europe.

Invités à se prononcer, 18 députés FN, dont Marine Le Pen, ont voté… contre. Mireille d’Ornano était absente et Florian Philippot s’est prononcé pour, comme le montre le site indépendant votewatch.eu qui suit l’activité des parlementaires européens. Malgré l’opposition du FN, la résolution visant à freiner les délocalisations a été adoptée.

 

Vote des eurodéputés FN le 4 octobre 2016, sur la nécessité d’une politique européenne de ré-industrialisation

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