Nos vies valent plus que leurs profits La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat ! Le CPE ? Rien comparé à la Loi Travail XXL - SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Loi travail XXL : vers une période d’essai de 2 à 3 ans ?

La Loi Travail XXL, véritable trésor de ressources pour le patronat, entend laisser aux branches la possibilité de fixer la durée de la période d’essai sans aucune limitation.

Crédits photo : Kathleen Rengnet // La Croix

Jusqu’à présent, la durée de la période d’essai d’un salarié, durant laquelle le contrat de travail pouvait être rompu sans justifications et parfois sans indemnités, était fixée par la loi. Elle ne pouvait pas dépasser 2 mois pour les ouvriers et les employés, 3 mois pour les techniciens et agents de maitrise, et 4 mois pour les cadres recrutés en CDI.
Bien que le patronat ait nombre de ficelles pour contourner la durée de la période d’essai, les ordonnances prévoient de lui donner les coudées franches en autorisant des négociations au niveau des branches professionnelles pour fixer la durée des périodes d’essai, sans aucune limitation.

Le CPE remis sur la table ?

En 2006, le gouvernement Chirac-De Villepin publiait la mise en place du CPE (Contrat Première Embauche) destiné aux moins de 26 ans qui étendait la « période d’essai » des jeunes travailleurs à 2 ans. Deux années durant lesquelles ceux-ci pouvaient se retrouver sans-emploi sans même que le patron n’ait à se justifier, une période durant laquelle mieux vaut n’avoir rien à se faire reprocher, comme par exemple refuser des conditions de travail indécentes.
Passé en 49.3 et à grands coups de répression notamment contre la jeunesse mobilisée, le CPE a été retiré suite à une lutte acharnée de plusieurs mois, des lycéens, des étudiants, ainsi que du monde du travail avec plusieurs journées de grèves interprofessionnelles et des manifestations qui rassemblèrent plusieurs fois jusqu’à 3 millions de personnes partout en France.

Si les ordonnances remettent à l’ordre du jour l’extension de la période d’essai, forme ultime du salariat « Kleenex », cette fois-ci il sera laissé loisir aux accords de branche de fixer la durée de celle-ci, qui n’aura pas de limite pré-établie, quand le CPE prévoyait 2ans. Aussi, cela ne concernera plus seulement les jeunes sinon toutes les classes d’âges. On peut s’attendre à des durées similaires voire plus longues à en croire les déclarations du ministre de l’intérieur Gérard Collomb en 2014, lorsqu’alors encore maire de Lyon il déclarait au journal patronal L’Usine Nouvelle qu’il envisageait un CDI qui serait signé « avec une période d’essai de deux ou trois ans, par exemple, pour que l’entrepreneur évalue le salarié et l’évolution de l’activité ».

Le gouvernement et ses relais médiatiques ne s’y trompent pas, une telle bombe vaut mieux être gardée sous silence, camouflée dans la complexité des ordonnances. Pour le moment, difficile d’en entendre parler si ce n’est dans le décryptage de la Loi Travail XXL rédigé par la CGT. L’objectif pour Macron et consorts, faire passer l’attaque en douce puis laisser le « loisir » aux organisations patronales d’attaquer branches par branches, secteurs par secteurs, pour limiter les capacités de résistances des salariés.

Léo Valadim

PAR REVOLUTION PERMANENTE

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