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Unilever revend ses margarines au fonds KKR pour près de 7 milliards d'euros

par Syndicat CGT Le Meux  -  16 Décembre 2017, 18:05  -  #Notes d'information Cgt Unilever

https://www.lesechos.fr/medias/2017/12/15/2138917_unilever-revend-ses-margarines-au-fonds-kkr-pour-pres-de-7-milliards-deuros-web-0301031892763.jpg  Le groupe était notamment propriétaire des marques Fruit d'Or, Planta Fin et Flora. - Elaine Thompson/AP/SIPA

Le géant anglo-néerlandais de l'agroalimentaire concrétise la stratégie mise en place au printemps, après avoir échappé à l'offre de rachat de Kraft Heinz.

C'est une page qui se tourne chez Unilever. Le géant anglo-néerlandais a décidé de vendre sa division historique des margarines et pâtes à tartiner au fonds d'investissement américain KKR. L'annonce est tombée ce vendredi. Le montant de la transaction s'élève à 6,8 milliards d'euros. Elle pourrait être finalisée à la mi-2018.

La cession de cette activité était attendue depuis plusieurs mois . Après une rapide revue stratégique menée en début d'année, Unilever avait annoncé dès le mois d'avril que la division, qui comprend les marques Flora, Blue band, Planta Fin et Fruit d'Or, était à vendre. Si le groupe ne trouvait pas d'acheteur, il prévoyait de la scinder afin de la mettre en Bourse.

Unilever réalise plutôt une bonne affaire. Le montant de la transaction correspond en effet aux prévisions des analystes qui parlaient d'une opération pouvant rapporter entre 6,5 et 7,5 milliards, soit 10 fois les bénéfices de 2016 de la filiale.

Ventes en berne

L'activité est en perte de vitesse : les ventes ont reculé de 2 % au troisième trimestre. La baisse de la consommation du pain et « l'appétit croissant pour le beurre par rapport à la margarine entraînent un ralentissement structurel », indique Bloomberg. Mais les confortables marges de la division (autour de 20 %) ont malgré tout séduit le fonds d'investissement.

Cette transaction est l'une des conséquences de l'échec de la fusion avec le géant de l'agroalimentaire Kraft Heinz. En février, Unilever avait repoussé l'offre de rachat à 134 milliards d'euros  de son rival américain, la jugeant trop faible. La société considérait en plus que l'affaire ne présentait « aucun avantage, qu'il soit financier ou stratégique ».

Ainsi, ce qui pouvait être la troisième plus grosse opération de fusion-acquisition de l'histoire n'a pas eu lieu. Il s'en est suivi une profonde remise en question stratégique du groupe pour éviter d'être à nouveau la cible d'une offre de rachat.

La première usine du groupe

Parmi les décisions prises par Paul Polman, le directeur général d'Unilever, figurait notamment celle d'un recentrage sur les marques à croissance plus rapide à l'instar du thé et des condiments. La société projette aussi de regrouper ses branches « alimentation » et « rafraîchissements » dans une même division « plus mince et plus ciblée », basée aux Pays-Bas, avec l'objectif d'atteindre une marge opérationnelle 20 % en 2020, contre 16,4 % en 2016.

La vente de la division « margarines » pourrait être donc la première étape d'un long processus. Elle n'en demeure pas moins la plus symbolique. La première usine de margarine du monde a en effet été fondée en 1872, aux Pays-Bas. Elle a ensuite fusionné avec un concurrent en 1927 pour créer la société Magarine Unie. Son mariage, deux ans plus tard, avec le fabricant de savon britannique Lever créa le groupe Unilever.

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