Tropicana veut se séparer de son usine à Hermes et ses 98 emplois

par Syndicat CGT Le Meux  -  26 Mars 2018, 22:07  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Ce lundi 26 mars, Tropicana a annoncé sa volonté de se séparer de son usine basée à Hermes, au cours d’un comité d’entreprise.

Tropicana veut se séparer de son usine à Hermes et ses 98 emplois
Les enseignes Tropicane, devant l’usine de Hermes, pourraient être un lointain souvenir.

L’annonce est tombée ce matin. Lors du comité d’entreprise, la société Tropicana a fait part de son souhait de céder l’usine.

«  Le processus de recherche d’un repreneur est la priorité  », fait savoir un porte-parole de l’entreprise qui appartient au groupe Pepsi.

Actuellement environ 120 personnes travaillent sur le site d’Hermes, dont 98 CDI. L’usine, la seule unité de production de France, fabrique essentiellement des jus de fruits frais dans des bouteilles en carton, et du gaspacho.

Changement des habitudes de consommation

Ce sont les difficultés rencontrées dans ce secteur d’activités qui expliquent la cession du site, explique ce porte-parole. «  Une baisse des volumes de production a été constatée depuis plusieurs années. En cause, le durcissement de la concurrence avec l’arrivée des jus Innocent, et la demande des consommateurs en faveur des bouteilles plastique.  » Or, l’unité de production de Hermes est spécialisée dans les bouteilles cartonnées.

«  Les consommateurs ont évolué, pas nous  », commente Sébastien Jabouille, délégué CGT de l’usine. Il pointe le manque d’investissement des dernières années. «  Il y a une usine à Zeebruges, en Belgique, qui fait des bouteilles en plastique. Pas nous. On espérait des financements. Mais non. Pourtant, le groupe Pepsi a les reins solides. On parle de milliards d’euros de chiffre d’affaires.  »

Une baisse de la production sur le site

«  La production s’est contractée de 25 millions de litres ces cinq dernières années  », poursuit le porte-parole de l’entreprise. En 2017, ce sont 64 millions de litres de jus qui sont sortis de l’usine. «  La recherche d’un repreneur doit permettre d’éviter la fermeture du site  », enchaîne Tropicana.

«  C’est un coup de massue et on ne peut que respecter la crainte des salariés  », commente Grégory Palandre, maire de Hermes. Il tient tout de même à se montrer confiant. «  C’est un site avec beaucoup de qualité, très flexible, avec des équipes très qualifiées. Cela va intéresser des repreneurs de l’agro-alimentaire, ou d’autres secteurs.  »

De l’avis d’un ancien salarié, la décision était attendue. «  La société Pepsi utilise de plus en plus de sous-traitant. Pour nous, à Hermes, les plus grandes parties des jus arrivaient de Zeebruges. Souvent par citernes. On les mettait ensuite dans les bouteilles en carton. Mais aujourd’hui, le jus est rapatrié à Dijon, auprès d’un sous-traitant, qui s’occupe du conditionnement.  »

CE extraordinaire

Un comité d’entreprise extraordinaire doit se tenir en fin de semaine. «  Tout va se négocier en CE extraordinaire. La société a mandaté un cabinet d’audit qui va assurer la reconversion. Je fais confiance en l’expertise du directeur du site pour mener à bien cette cession reconversion  », explique l’élu.

Mais l’inquiétude est tenace. «  C’est sûr, il y a des compétences sur place et les produits sont sains. Mais on se demande combien de personnes seront reprises. On attend le CE pour avoir la feuille de route de l’entreprise  », confie Sébastien Jabouille.

PAR courrier-picard.fr

Vu sur le site cgt compiegne facebook

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