Métallurgie. Les métallos auront des CDI... précaires

par Syndicat CGT Le Meux  -  17 Juillet 2018, 18:34  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Métallurgie. Les métallos auront des CDI... précaires

Les contrats à durée indéterminée de chantier s'appliquent désormais dans la métallurgie

Les contrats à durée indéterminée de chantier s'appliquent désormais dans la métallurgie. Conclus pour la durée d'un projet, ils s'arrêtent à son terme. La CGT craint « la mort du CDI ».

Que prévoit l'accord dans la métallurgie ?

La mise en oeuvre de « CDI de chantier ». Ces contrats à durée indéterminée permettent de recruter des salariés, parfois pendant plusieurs années, pour un projet précis dont le terme est supposé inconnu : le lancement d'un

véhicule, d'une nouvelle gamme d'avions... Quand le chantier est terminé, l'employeur a le droit de licencier le salarié.

 

Les CDI de chantier sont pratiqués depuis les années 1970 dans le bâtiment. Les ordonnances Macron, adoptées fin 2017, autorisent l'ensemble des branches à en instaurer.

Qui a proposé cet accord ?

Le patronat de la métallurgie, qui salue « un rapport renouvelé au travail et à la mobilité ». Il a été signé par trois des quatre syndicats de la branche, la CFDT, FO et la CFE-CGC. Ensemble, ils sont majoritaires, si bien que l'accord est applicable aux 1,5 million de salariés du secteur.

Pourquoi des syndicats l'ont-ils signé ?

« La métallurgie emploie plus de 100 000 intérimaires. Nous espérons que les employeurs choisiront plutôt d'embaucher ces derniers en CDI de chantier », explique Stéphane Destugues, de la CFDT.

Ce contrat paraît plus avantageux que l'intérim. « Sa durée minimale est de six mois. Le salarié bénéficie de la convention collective de la métallurgie pour la rémunération. Et nous avons négocié des indemnités de licenciement très élevées. »

Qu'en dit la CGT ?

Le premier syndicat de la métallurgie a refusé de signer l'accord. « Le CDI de chantier élargit la panoplie des employeurs pour disposer de salariés jetables, fulmine Alain Hébert, de la CGT. Le patronat le destine notamment aux ingénieurs et cadres, jusqu'à présent relativement épargnés par la précarité.

Pour le cégétiste, cet accord ouvre une brèche : « L'ensemble des autres professions risquent de s'y engouffrer. Ce qui est visé, c'est la mort du CDI classique. »

Que répond la CFDT ?

Elle est consciente du risque. « Nous avons limité à 10 % le nombre de CDI de chantier dans les entreprises jusqu'à 1 000 salariés. Et à 5 % au-delà », souligne Stéphane Destugues.

Le cédétiste ajoute que l'accord, expérimental, s'éteindra dans trois ans. « Pour le prolonger, il faudra renégocier. Si ce n'est pas le nombre d'intérimaires qui baisse, mais celui des CDI, nous en tirerons les conséquences. »

PAR ouest-france.fr

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