Pourquoi Emmanuel Macron est-il revenu sur son engagement d'interdire les produits à base de glyphosate en France ? par Jean LEVY

par Syndicat CGT Le Meux  -  28 Janvier 2019, 17:42  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Pourquoi Emmanuel Macron est-il revenu sur son engagement d'interdire les produits à base de glyphosate en France ? par Jean LEVY
Pourquoi Emmanuel Macron est-il revenu sur son engagement d'interdire les produits à base de glyphosate en France ? par Jean LEVY
Emmanuel Macron a déclaré ce jeudi  à Bourg-de-Péage, dans la Drôme, le 24 janvier, que la France ne parviendrait pas à se passer « à 100 % » du glyphosate dans les trois ans comme il s’y est engagé,

« Je sais qu’il y en a qui voudraient qu’on interdise tout du jour au lendemain. Je vous dis : un, pas faisable et ça tuerait notre agriculture. Et même en trois ans on ne fera pas 100 %, on n’y arrivera, je pense, pas »

Le débat sur la potentielle dangerosité du glyphosate a été relancé récemment par l’annulation en justice d’une autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360, herbicide à base de glyphosate.

« Il a été montré qu’il y a des doutes. Il n’y a aucun rapport indépendant ou pas indépendant qui a montré que c’était mortel », a affirmé Emmanuel Macron. 

Il s'était pourtant engagé en 2017 à supprimer l'utilisation du composant présent dans le Round-up, un herbicide créé par le géant Monsanto, suspecté d'être cancérogène pour l'homme.

Pesticide le plus utilisé au monde – rien que dans l’Union européenne, les produits à base de cette molécule représentent un marché d’environ un milliard d’euros –, le glyphosate a été classé «cancérogène probable» par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), créé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations unies.

Pourquoi donc ce revirement spectaculaire du président de la République ?

Pourquoi tente-t-il de minimiser les risques de cancer dûs à l'utilisation de ses produits ?

Pour calmer la colère des gros agrariens qui utilisent l'herbicide au glyphosate pour une question de rentabilité, c'est-à-dire de profit élevé et à court terme ?

Cet argument a certainement pesé dans la position présidentielle.

Mais est-ce la seule cause de ce reniement ?

Quand on connaît le poids économique et politique de l'industrie allemande sur le marché européen, et donc des orientations de la Commission de Bruxelles qui en est la courroi de transmission, quand on sait la servilité endémique des autorités françaises envers la puissance germanique, on peut dans ces conditions se poser la question : est-il concevable que Macron et son gouvernement envisagent ils d'entrer en guerre contre Bayer, la toute puissante firme allemande qui vient de racheter Monsanto aux Américains ?

Il faut savoir que les sociétés chimiques françaises ont un long passé de collaboration avec le groupe allemand IG Farben, y compris pendant l'Occupation...Et, dans ce cadre, il n'est pas inintéressant de se rappeler les relations plus qu'étroites que ce konzern chimique entretenaient avec le régime nazi, jusqu'aux activité de mort de celui-ci.

Ainsi, Bayer, filiale du consortium chimique IG Farben, procéda en effet à des expériences médicales sur des déportés, qu'elle se procurait dans les camps de concentration en particulier. 
IG Farben fournit aussi aux SS le Zyklon B utilisé dans les chambres à gaz et utilisa massivement la main-d'œuvre concentrationnaire dans ses usines. 
 

Condamnée pour crimes contre l'humanité à Nuremberg puis à la dissolution, IG Farben possède toujours un statut juridique malgré son démantèlement entre les sociétés Bayer, BASF et Hôchs.

Le passé est le passé et les affaires sont les affaires.

Vous voyez Emmanuel Macron se fâcher avec le fleuron de l'indusrie chimique allemande pour des considérations ethiques de vie ou de mort ?

Publié par http://canempechepasnicolas.over-blog.com

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