Edouard Philippe à Beauvais : la ville bouclée, manifestants et commerçants en colère

par Syndicat CGT Le Meux  -  4 Février 2019, 17:45  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Beauvais, ce lundi. CGT et Gilets jaunes ont été tenus à bonne distance du Premier ministre par un important dispositif policier. LP/Vincent Gautronneau

Beauvais, ce lundi. CGT et Gilets jaunes ont été tenus à bonne distance du Premier ministre par un important dispositif policier. LP/Vincent Gautronneau

Gilets jaunes tenus à distance, policiers en très grand nombre, commerces vides… La venue du Premier ministre ce lundi a entraîné le bouclage complet du centre-ville.

Des cafés vides, des boutiques désertes, une place Jeanne-Hachette où les seuls passants portent un brassard « Police ». La visite d’Edouard Philippe à Beauvais ce lundi a donné au centre-ville des airs de ville fantôme.

Près de deux heures avant l’arrivée du Premier ministre, près de 150 manifestants - membres de la CGT ou Gilets jaunes - rassemblés place des Halles avaient saisi qu’il serait très difficile d’approcher et de se faire entendre d’Edouard Philippe. « De quoi a-t-il peur ? s’interroge David, gilet jaune sur le dos. On voulait juste lui montrer, dans le calme, notre détermination. Mais la seule chose qu’on peut voir, ce sont des CRS. »

Beauvais, ce lundi. Le Premier ministre Edouard Philippe a été reçu en mairie avant une visite à la CAF.LP/Vincent Gautronneau

Beauvais, ce lundi. Le Premier ministre Edouard Philippe a été reçu en mairie avant une visite à la CAF.LP/Vincent Gautronneau

Les quelques malins à avoir pu franchir les cordons de policiers ont d’ailleurs été très vite repoussés, parfois fermement. « Ils font leur boulot, mais c’est quand même fou de ne plus avoir le droit de se faire entendre, souligne Pascal, qui faisait partie de ce petit groupe. C’est frustrant, mais c’est la preuve que le gouvernement tremble, ils sont obligés d’avoir avec eux 200 policiers pour se déplacer. »

« C’est beaucoup de moyens pour des gens qui veulent juste dire au Premier ministre qu’il doit penser aux plus faibles, déplore aussi Sylvain, militant CGT. Visiblement, on dérange, il faut faire place nette pour lui. »

« Une matinée morte »

Une place Jeanne-Hachette « nette » qui ne réjouit pas les commerçants. « C’est une matinée morte, constate Julie, responsable de la boutique Burton, située en plein dans le périmètre interdit. C’est dommage, d’habitude on a un peu de monde le lundi matin. »

Même constat aux brasseries Victor et Lutetia, inhabituellement vides. « On n’a pratiquement pas un client, constate Antoine, le gérant du Lutetia. Je comprends les impératifs de sécurité, mais les ministres qui se déplacent devraient aussi penser aux gens qui travaillent. » « On a toujours un peu de monde habituellement le lundi matin, déplore-t-on aussi au Victor. Là, personne ! Heureusement qu’il ne vient pas tous les jours… »

Publié par leparisien.fr

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