BOUCHES du Rhône : à Aix, la CGT manifeste devant la permanence du député macronien Laqhila

par Syndicat CGT Le Meux  -  11 Avril 2019, 17:55  -  #Notes d'information Cgt Unilever

SOURCE : La Provence
 

 

Cent-cinquante personnes selon la police, 200 selon les participants : le rassemblement organisé hier après-midi devant la permanence du député Mohamed Laqhila a en tout cas ratissé large. Union départementale CGT, multiples unions locales du département dont celle de Gardanne, mais aussi représentants du Nord ou de Nancy étaient venus apporter leur soutien face à la polémique.

En ligne de mire, le député Modem-LREM de la 11e circonscription qui a écrit au Premier ministre et au ministre de l'Intérieur pour demander la "dissolution de l'antenne départementalede cette association". Fin mars, une réunion publique organisée à Gardanne par le comité de la REM avait été quelque peu perturbée par des syndicalistes de la centrale, venus dire tout le bien qu'ils pensent de la volonté du gouvernement de mettre fin aux centrales à charbon, menaçant directement leurs emplois. Mohamed Laqhila avait fustigé les "violences verbales", "intimidations", "saccages" de la salle.

Dissolution de la CGT ? "Les chiens sont lâchés" avait réagi aussitôt l'UD CGT 13, alertant entrer "en résistance" contre "la violence du gouvernement". Dans la foulée, un tag rouge sang de la CGT apposé devant la porte d'entrée de la permanence du député, zone d'activités des Milles, avait motivé ce dernier à déposer une plainte pour dégradation.

Chansons paillardes et huées

Hier donc, les représentants CGT s'étaient donné rendez-vous et se félicitaient : "Au moins a-t-il réussi à montrer notre fraternité" lançait une syndicaliste. Plusieurs personnes ont pris la parole pour lire des motions de soutien face à la "demande irresponsable et autoritaire de ce député" : "En démocratie, un élu de la nation doit accepter la contestation. À la centrale, les salariés sont en grève depuis décembre pour refuser la fermeture face à la politique d'austérité ultralibérale de LREM aidée par le Medef".

"Il n'y a aucune indulgence pour l'emploi ni l'écologie sous couvert de laquelle on veut fermer la centrale", poursuivent d'autres : "la seule indulgence est la course au profit".

Certains listent la "casse sociale", de Carrefour à Ford. D'autres rappellent que "la dernière fois que la CGT a été dissoute et a dû rentrer dans la clandestinité, c'était sous le régime de Vichy et l'occupation de l'Allemagne nazie". "Ce nouveau monde applique les réflexes de l'ancien monde, avec le même arsenal : appel à l'armée, interdiction de manifester, répressions policières, sanctions disciplinaires dans les entreprises et les services publics... Ce pouvoir veut mater le mouvement populaire."

Les manifestants demandent que le député retire sa plainte et sa demande de dissolution. Chansons paillardes et huées s'enchaînent. On tance l'élu : "Révisez votre histoire : la CGT est un syndicat, pas une association qui a sûrement plus d'adhérents que votre mouvement".

Quelques policiers sont en faction devant la permanence dont la porte reste close : Mohamed Laqhila est en mission parlementaire au Maroc et c'est depuis l'avion de retour qu'il nous affirme attendre la réponse des ministres sur sa demande de dissolution et son refus de retirer sa plainte. En revanche, dit-il, "j'ai envoyé vendredi un courrier à l'Union départementale CGT -pas avec l'union locale : je ne peux dialoguer avec eux. J'ai proposé un rendez-vous, soit chez moi, soit chez eux, afin que nos échanges soient plus constructifs dans la défense des emplois et de l'environnement à Gardanne. Je n'ai toujours pas eu de réponse".

La réponse était donnée au cours du rassemblement de la CGT après lecture de cette invitation et un vote improvisé : "Non, résume un représentant : on n'ira pas le rencontrer. Il faut qu'il mesure ses propos. Pas une phrase de sa part reconnaissant qu'il est allé trop loin. Il est déshonoré, on n'a rien à échanger avec lui. On se rappellera de lui quand il briguera un nouveau mandat de député ou celui de maire d'Aix"...

Publié par FSC

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