Saudi Aramco a été la société la plus rentable du monde en 2018

par Syndicat CGT Le Meux  -  3 Avril 2019, 10:56  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Saudi Aramco a été la société la plus rentable du monde en 2018

La compagnie royale a réalisé un bénéfice net de 111,1 milliards de dollars en 2018 pour un chiffre d'affaires de près de 360 milliards de dollars. Elle a ouvert ses comptes aux agences de notation, condition pour pouvoir émettre des obligations, qui lui permettra de financer le rachat récent du groupe pétrochimique saoudien SABIC pour 69,1 milliards de dollars.

 

Saudi Aramco a dévoilé lundi des bénéfices considérables, qui font du géant saoudien du pétrole l'entreprise la plus rentable au monde, en ouvrant pour la première fois ses comptes aux agences de notation pour pouvoir lever des fonds auprès des investisseurs. La compagnie royale a dégagé un bénéfice net de 111,1 milliards de dollars en 2018, affirme Moody's dans une note. Ce montant dépasse de près d'un tiers le bénéfice cumulé des cinq supermajors: les américaines ExxonMobil et Chevron, la britannique BP, l'anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell et la française Total. Et il est quasiment le double de celui d'Apple (59,3 milliards de dollars pour son exercice décalé 2018), société cotée qui réalise les plus gros bénéfices au monde.

Pour la première fois depuis sa nationalisation dans les années 1970, le géant public, dont le chiffre d'affaire s'est élevé à 359,9 milliards de dollars en 2018, a dû ouvrir ses comptes pour pouvoir réaliser une émission obligataire. Cette émission est destinée à financer une partie de l'acquisition de 70% du groupe de pétrochimie SABIC pour 69,1 milliards de dollars auprès du Fonds public d'investissement saoudien (PIF), le fonds souverain du royaume.

Programme de diversification

L'opération doit permettre d'apporter des liquidités pour financer l'ambitieux programme de diversification de l'économie du pays voulue par le prince héritier Mohamed ben Salmane (MBS). Le bénéfice avant impôts s'est élevé à 224 milliards de dollars en 2018, selon l'agence Fitch. Fitch et Moody's ont toutes deux attribué une note de crédit respectivement de A+ et A1 à la société car une grande partie des bénéfices est prélevée par le gouvernement saoudien.

L'état de ses comptes, ses gigantesques réserves d'hydrocarbures et ses faibles coûts de production devraient lui valoir une bien meilleure note, à l'égal des principaux groupes pétroliers mondiaux, relève Rehab Akbar, vice-président de Moody's, qui pointe "l'interconnexion étroite" entre le royaume et le groupe public. Fitch a déclaré qu'elle n'attribuerait ses notes aux obligations qui doivent être émises par Aramco qu'après avoir reçu la documentation finale confirmant le montant de l'émission.

"L'émission d'obligations internationales par Aramco va être un événement historique", estime M.R. Raghu, chef de la recherche au Kuwait Financial Centre. Elle va, selon lui, servir à tester l'intérêt des investisseurs avant une éventuelle introduction en Bourse du géant saoudien.

Cette introduction en Bourse est un des piliers du plan "Vision 2030" d'investissements dans les secteurs de l'industrie, des infrastructures et des services lancé par MBS afin de diversifier l'économie du royaume, à la merci des fluctuations des prix du pétrole. Mais le prince héritier a refroidi ces derniers mois les investisseurs avec la purge lancée dans le cadre de sa campagne anticorruption et avec l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat saoudien d'Istanbul.

L'introduction en Bourse repoussée

L'introduction en Bourse partielle d'Aramco, initialement prévue en 2018, a été repoussée en raison de conditions de marché défavorables, selon les responsables de la société, qui espèrent tirer jusqu'à 100 milliards de dollars de l'introduction en Bourse de 5% d'Aramco. Le projet tient toujours et devrait se concrétiser en 2021, affirme Fitch sur la base des informations transmises par Aramco.

D'ici là, l'acquisition de SABIC, quatrième producteur mondial de produits chimiques et plus grande société cotée en Bourse du royaume saoudien, "va renforcer" Aramco, estime Moody's, selon qui le géant pétrolier dispose de la capacité de générer suffisamment de flux de trésorerie pour ne pas avoir à emprunter. Mais l'opération "se fera par tranches jusqu'en 2021, financées principalement par la trésorerie de Saudi Aramco et complétées par de la dette externe", affirme Moody's. Cette acquisition "s'inscrit dans la stratégie d'intégration verticale de l'entreprise" et devrait contribuer à diversifier les bénéfices, tout en ayant un impact limité sur le levier financier de Saudi Aramco, affirme également Fitch.

La production d'Aramco était de 10,3 millions de barils par jour en 2018, soit 1,7 million de moins que sa capacité de production durable, selon Fitch. Ses réserves prouvées de pétrole s'élèvent à 227 milliards de barils et ses réserves d'hydrocarbures (gaz et pétrole) à 257 milliards de barils équivalent pétrole, soit 52 ans de production, selon Fitch.

Publié par latribune.fr
 

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