Ce qui s'est passé ce 1er MAI : une attaque qui vient de loin !

par Syndicat CGT Le Meux  -  6 Mai 2019, 16:40  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Compte-tenu des enjeux, il convient de revenir sur ce qui s'est passé ce 1er mai 2019 et dans sa préparation.
 
PRELIMINAIRES :
 
Souvenons nous : la mise en condition de l'opinion avec une dramatisation du pouvoir relayée par les grands médias annonçant par avance la chaos, la venue de milliers de black blocs ...
côté pouvoir

 

côté casseurs

 

le relais médiatique

Le JOUR J : 

Les provocations se concentrent à Paris.

Les faits : 

Les forces policières interviennent avant même le départ de la manifestation soit disant contre les black blocs, en réalité contre le service d'ordre de la CGT et les dirigeants syndicaux dont Philippe Martinez avec abondance de gaz lacrymogène et de grenades de défense.

Dans l'après-midi les "évènements" de La Pitié Salpêtrière vont offrir l'occasion d'une campagne immédiatement relayée elle aussi par le pouvoir et les médias mutant la fuite des manifestants devant les policiers en attaque d'un hôpital et d'un service de réanimation.

Cette lecture des faits résulte-t-elle de rapprochements forcés ?

Non bien sûr, car ce sont ces rapprochements dans la durée qui donnent effectivement un sens à ce qui se passe tandis que les explications par le hasard, les coïncidences, l'absence d'intention de la part du pouvoir, ses "maladresses" masquent ses responsabilités et ses objectifs politiques tout en constituant une justification a posteriori.

Cela vient de loin :

D'autant que cette offensive contre le syndicalisme et le mouvement ouvrier organisé s'inscrit dans une beaucoup plus longue histoire et connaît un pic particulier à l'occasion des premiers mai :

  • c'est d'une certaine manière le F_haine et Jean-Marie Le Pen qui inaugurent l'opération dès 1988 en déplaçant l'hommage à Jeanne d'Arc du 8 mai au 1er mai à partir de la volonté de « briser le monopole syndicalo-gauchiste » du 1 er mai.
     
  • c'est Nicolas Sarkosy qui en 2012 s'en prend aux "corps intermédiaires", accuse la CGT en particulier  de "faire de la politique" plutôt que de "défendre les intérêts des salariés" et organise  le 1er mai un rassemblement sur le Champ-de-Mars pour fêter le "vrai travail".
     
  • c'est Emmanuel Macron qui dans les jours qui précèdent ce 1er mai 2019 twitte :
     

     

Et à bien y regarder tout cela remonte à Pétain et à Vichy où la journée de lutte des travailleurs est transformée en Fête du travail célébrant le tryptique réactionnaire " Travail, famille, Patrie"

  • mais ce sont aussi depuis plusieurs années le comportement systématique des black blocs et de leurs alliés revendiquant à chaque manifestation le droit de manifester en tête, revendication cablée sous le vocable de "manif de tête" et de provoquer des violences utilisée par la presse système pour assimiler tout mouvement de contestation sociale au chaos et donc le décrédibiliser.

D'un côté les journaux patronaux et le pouvoir politique comme on le voit en ce lundi 6 mai de convocation de "grande conférence sur l'emploi et les enjeux écologiques" tressent des lauriers aux tenants de l'accompagnement des contre-réformes réactionnaires et de capitulation devant les intérêts du capital.

Le journal est édité sous l'égide du Syndicat des industriels métallurgiques ardennais

De l'autre ils mènent une campagne constante pour dévaloriser et discréditer ceux qui résistent et visent en particulier la CGT en tant qu'elle est porteuse historiquement des grandes traditions de lutte du mouvement ouvrier et de notre peuple.

Faisant feu de tout bois et de tout incident à cet effet!

L'enjeu de tout cela :

Au travers de ces faits récents et de cette histoire longue ce qui est en jeu c'est le rôle des syndicats de combat et de la CGT en particulier, de sa légitimité même à organiser la lutte des travailleurs pour leurs revendications et pour la transformation de la société.

Dans cette entreprise des forces diverses et en apparence opposées conjuguent leurs interventions!

Comment ne pas voir par exemple que de "droite", côté patronal et côté politique sont martelées les affirmations sur la faiblesse de syndicats, leur dépassement ... et de "gauche" dans les déclarations comme dans les faits la contestation systématique de la maîtrise de leurs propres manifestations par les organisateurs  syndicaux mêmes en bafouant leur volonté !

Les syndicats et la direction de la CGT ne sont bien sûr pas exemptes de critiques justifiées.

Mais ce qui est en cause là ce n'est pas l'orientation de telle ou telle organisation c'est le rôle même des syndicats et de la CGT plus particulièrement!

Ce n'est donc pas un hasard que cette convergence réactionnaire se cristallise à l'occasion des premiers mai comme on avait pu le constater déjà en 2018.

Cette entreprise concerne les travailleurs et le mouvement organisé car outre la tentative de délégitimation qu'elle révèle, elle laisse la porte ouverte à toutes les provocations!

La réponse à ces défis :

A la veille de ce 52éme congrès de la CGT il n'y a pas d'autre choix cohérent que d'assumer son histoire profonde, de faire le bilan de 25 années de mutations caractérisées par l'acceptation du "dialogue social" de l'alliance privilégiée avec la CFDT recentrée, de l'adhésion à la Confédération Européenne des Syndicats (CES).

Afin de vraiment contrer la politique macronienne, d'organiser la convergence des luttes avec le mouvement des gilets jaunes, et de participer pleinement comme dans les grands moments de son histoire à une issue démocratique à la crise du système capitaliste.

Publié par FSC

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