« Magouille fiscale », « attachement patriotique » : les syndicats critiquent l’idée d’un siège aux Pays-Bas pour PSA/Fiat-Chrysler

par Syndicat CGT Le Meux  -  31 Octobre 2019, 18:31  -  #Notes d'information Cgt Unilever

« Magouille fiscale », « attachement patriotique » : les syndicats critiquent l’idée d’un siège aux Pays-Bas pour PSA/Fiat-Chrysler
BOURSORAMA AVEC AFP SERVICES31/10/2019 

Les deux constructeurs ont annoncé jeudi être tombés d’accord à l’unanimité sur le principe d’une fusion entre égaux.

Combinaison des logos de PSA et de Fiat, le 31 octobre 2019. ( AFP / MARCO BERTORELLOJOEL SAGET )

Si la plupart des syndicats de PSA adoptent une position mesurée sur la fusion avec Fiat-Chrysler, il y a un point qui s’attire des critiques unanimes des organisations : le projet d’installer le nouveau siège du groupe aux Pays-Bas.

Si FO, le premier syndicat chez PSA se dit « rassuré » par la volonté affichée de ne pas fermer de site et le maintien aux commandes de Carlos Tavares, le patron de PSA, il déplore le choix des Pays-Bas pour implanter le siège de la future maison mère. « C’est pas terrible. C’est dommage que PSA tombe dans cette facilité . C’est tout de même un fleuron de l’industrie française, il y a un attachement patriotique des Français à cette entreprise historique », relève Patrick Michel, secrétaire du comité de groupe monde pour FO.

« Magouille fiscale », « attachement patriotique » : les syndicats critiquent l’idée d’un siège aux Pays-Bas pour PSA/Fiat-Chrysler

Données sur les groupes automobiles PSA et Fiat Chrysler. ( AFP / )

Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT, juge pour sa part que « c’est de la magouille fiscale » et se dit « inquiet pour l’emploi de manière générale. Bien sûr, il va y avoir des doublons, et une mise en concurrence des usines et des salariés les uns contre les autres ». « On a bien vu ce qui s’est passé avec Opel », ajoute-t-il, rappelant les « 4.000 suppressions d’emplois coté allemand et les milliers de départs volontaires ou préretraites côté français ».

Pour la CFTC, la fusion a du sens du point de vue économique, avec l’accès au marché américain apporté par Chrysler et aux marchés argentin et brésilien fourni par Fiat, mais pose des questions. « Quelle forme capitalistique prendra la fusion? » , interroge notamment Franck Don, délégué syndical central CFTC. « On sera très attentifs à l’emploi. Le siège de la maison mère aux Pays-Bas pose problème: comment sera-t-il articulé avec les sièges nationaux? », ajoute-t-il. La CFTC, qui a demandé un rendez-vous au plus vite à la direction, souhaite « obtenir une vision claire de la situation chez Fiat, des synergies éventuelles et de leurs conséquences en termes d’emploi ».

Côté CFDT, Christine Viramassy « comprend que PSA ne pouvait rester un petit constructeur faiblement internationalisé », mais rappelle que la fusion doit « être favorable aux salariés dans tous les pays concernés » . « La CFDT ne va pas signer un chèque en blanc et reste prudente », assure cette déléguée.

Publié par anti-K

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