Dire "travailler plus parce qu'on vit plus longtemps", est-ce socialement fondé ?

par Syndicat CGT Le Meux  -  4 Février 2020, 19:11  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Quelques implacables

éléments de réponse.

Dire "travailler plus parce qu'on vit plus longtemps", est-ce socialement fondé ?

"Faut-il travailler plus parce qu'on vit plus longtemps ?"

C'est l’argument massue de tout ceux qui poussent à retarder l'âge de départ en retraite au point de le faire quasi coïncider -ce que les lois Macron appellent "âge pivot" ou "d'équilibre" - avec celui de fin de vie pour les plus défavorisés ou (et) on eu les conditions de vie et de travail les plus usante.

Outre la question d'humanité qui déjà devrait conduire les porteurs de cette scandaleuse artithmétique à se taire, les chiffres produit par le Figaro dans un article de juin 2019  démontre la caractère insupportable de la proposition.

Au point qu'on peut dire qu'on trouve dans le Figaro les arguments qui justifie la colère sociale et les luttes qui la portent, dénoncée par le Figaro,  au point que les pages du journal de la froide réaction française explique pourquoi le peuple de notre pays est légitime dans ses combats contre cette froide réaction.

Voici quelques éléments du rapport sur les inégalités en France (2019) tel que le Figaro- ce brûlot subversif générateur historique d'insurrection - nous les rapporte et le lien (c'est ici ) pour accéder aux sources du Figaro.

L'étude démontre à la fois les causes et les conséquences des inégalités. Elle démontre la vacuité de toute l'architecture idéologique du projet gouvernemental. Elle légitime tous les combats de l'ensemble du mouvement social pour le rejeter mais met aussi devant leur responsabilité politique celles et ceux qui pour que s'offre une alternative réelle et durable doivent bien mesurer la nature de l'obstacle à subvertir et éliminer.

Parmi les données qui y figurent, Canaille le Rouge y relève d'entrée celle-ci :

● Les conditions matérielles de vie ont des répercussions majeures sur la santé et donc la durée de vie: 13 années séparent l’espérance de vie des 5% les plus pauvres (71,7 ans) des 5% les plus riches (84,4 ans).

Donc, une fois n'est pas coutume, place au Figaro :

"L’Observatoire des inégalités vient de publier son nouveau rapport sur les inégalités en France, un panorama de la situation dans l’Hexagone et des évolutions sur les questions de revenus, de travail, d’éducation ou de mode de vie. Un état des lieux intéressant juste après le mouvement des «gilets jaunes»."

Ce rapport dresse un panorama complet de la situation des inégalités dans notre pays, des revenus à l’éducation en passant par le logement, l’emploi, les modes de vie, etc. Il analyse les écarts entre milieux sociaux, selon le genre, l’origine ou l’âge notamment.

Ce qui veut dire très concrètement que ceux qui travaillent dans les conditions les plus usantes physiquement et sont les plus mal payés sont ceux qui vivent le moins longtemps. Ils sont ceux qui par leur travail financent massivement la protection sociale de ceux qui sont les moins usées et les plus à l'aise économiquement. Les égoutiers et les ouvrières des conserveries en sont des exemples emblématiques mais pas exclusifs, loin de là.

Ce qui revient à dénoncer la duplicité voire les mensonges éhontés des promoteurs de l'allongement de durée des carrières, leurs attaques contre les 35h et leurs exigences permanentes de pressurer les bas salaires.

Les conditions institutionnelles voulues par le capital et structurées dans le cadre des lois d'un état travaillant à son service sont là, incontournables pour  et démontrer la complicité de tous ceux qui les portent, refusent de les combattre, s'y soumettent docilement et proposent au nom d'une fatalité décidée par eux de l'interdiction de les contester, y compris pour cela en recourant à la violence d'état.

Revenons au Figaro :

"Un rapport - qui fait foi , une édition 2019 de 178 pages qui, comme les précédentes, permet d’avoir un juste panorama et état des lieux des inégalités dans l’Hexagone, et d’un autre côté des points de vue de professionnels sur la situation en matière de revenus, de travail, d’éducation ou encore de mode de vie.

L’objectif est clair: «permettre à chacun de se forger une opinion documentée sur la situation sociale», comme il est rappelé dans l’avant-propos signé Anne Brunner, cheffe de projet au sein de l’observatoire, sans volonté de «faire le buzz».

En voici une photographie rapide, en 25 chiffres clés.

● En moyenne, les Français les 10% les plus aisés perçoivent des revenus 8,7 fois plus élevés sur les 10% les plus pauvres, après impôts et prestations sociales. La France est le pays en Europe, après la Suisse, où les riches sont les plus riches: le 1% le plus riche récupère presque 6% des revenus de l’ensemble des ménages et touche au moins 7000 euros par mois, contre 5800 au Royaume-Uni. Les 10% reçoivent 23,8% de l’ensemble des revenus.

● Les écarts de patrimoine sont bien plus élevés que ceux des revenus. Le 1% le plus fortuné de France possède 17% de l’ensemble du patrimoine des ménages et les 10% presque la moitié. Le patrimoine médian des cadres est supérieur à 200.000 euros, versus 16.400 euros pour celui des ouvriers non qualifiés.

● En bas de l’échelle, 5 millions de personnes pauvres vivent avec moins de 855 euros par mois pour une personne seule.

 

● En CE2, les élèves les moins favorisés obtiennent une note moyenne de 57 sur 100 en français et 58 en math, contre respectivement 87 et 85 pour le quart issu des milieux les plus favorisés. Les inégalités se creusent à la sortie du collège avec un taux d’accès en seconde générale ou technologique 2 fois plus élevé pour les élèves d’origine favorisée, à près de 85%, que pour les autres. Et encore plus dans le supérieur où les enfants de cadres supérieurs sont 2,9 fois plus nombreux parmi les étudiants que ceux issus de la classe ouvrière.

● Bonne nouvelle, la part des jeunes qui quittent le système scolaire avec un faible niveau d’éducation (au maximum le brevet) est passée en dix ans de 11,3% à 8,9%, soit une baisse de 2,4 points depuis 2007.

● En termes d’éducation, les filles ont dépassé les garçons et composent 55% des étudiants. Mais les filières qui permettent d’accéder à des emplois mieux rémunérés sont encore majoritairement l’apanage des jeunes hommes: seules 40,3% des étudiants des filières scientifiques sont des femmes. Et il y a 2,6 fois plus de garçons que de filles (dont la part dans les inscrits ne progresse plus) dans les écoles d’ingénieurs.

En matière de TRAVAIL

● Le taux de chômage des non-diplômés est 3,7 fois plus élevé que celui des titulaires d’un diplôme du supérieur long qui connaissent une situation de quasi plein-emploi.

● Le taux de chômage des personnes immigrées est de 16,3%, versus 8,6% pour les personnes nées en France. L’observatoire des inégalités chiffre aussi à 5,4 millions le nombre d’emplois interdits aux étrangères extérieurs à l’UE, soit plus d’un emploi sur cinq.

● Les jeunes non diplômés en emploi sont à 65% en CDD ou intérim, soit 3,6% plus souvent que les diplômés de niveau bac+5. Plus globalement, le taux de chômage des jeunes actifs de moins de 25 ans, bien qu’en baisse depuis quelque temps, avait augmenté de plus de 8 points entre 2001 et 2013.

● D’après le décompte effectué par l’observatoire, qui agrège les personnes au chômage, en CDD ou encore en intérim, plus de 8 millions de personnes sont en France en situation de mal emploi, un phénomène synonyme de «précarité qui augmente depuis 2014», soit un actif sur quatre.

● La part des salariés soumis à des contraintes de rythme de travail (travail à la chaîne, normes de production, travail de nuit...) atteint désormais 35%, stable depuis 2013.

En matière de MODE DE VIE

● 800.000 personnes n’ont pas de domicile personnel, dont 643.000 sont hébergées dans des conditions de confort plus ou moins acceptables. 143.000 n’ont aucun domicile et recourent à l’hébergement social et 11.000 d’entre elles au minimum dorment à la rue.

● 26,1% des ménages immigrés habitent dans un logement trop petit, soit 3,7 fois plus que les non-immigrés.

● Les conditions matérielles de vie ont des répercussions majeures sur la santé et donc la durée de vie: 13 années séparent l’espérance de vie des 5% les plus pauvres (71,7 ans) des 5% les plus riches (84,4 ans).

● 98% des cadres sup effectuent des démarches administratives en ligne, proportion 1,4 fois plus élevée que chez les ouvriers.

● 42% des 20% les plus riches sont allés plus de trois fois au cinéma dans l’année, soit 2,5 fois plus en moyenne que chez les plus pauvres.

● À la télévision, les cadres supérieurs y sont 15 fois plus visibles que les ouvriers dans les œuvres de fiction et les programmes d’information. «Cependant, avec les manifestations des ‘‘gilets jaunes’’, on a vu apparaître quelques figures moins favorisées sur les plateaux de télévision», note l’observatoire."

Donc, alors que ceux qui vivent le plus longtemps sont ceux qui ont travaillé le moins physiquement durement et dans ces conditions le moins longtemps, le pouvoir s'acharne à organiser le plus violement une société d'eugénisme social où ceux qui ont le plus souffert en produisant les richesses (que les crânes d'oeuf à calculette circonscrivent à la notion de PIB) sont condamnés à au plus vite mourrir pour le plus grand bonheur de la rente et de l'actionariat. 

En 1789, pour en finir avec un système équivalent notre peuple a su trouver les formes et s'est donné les moyens pour faire exploser le cadre d'alors. 

Canaille le Rouge pour sa conclusion ira puiser dans le vaste travail de participation et d'éclairage du mouvement social que produit Frédéric Lordon (ses articles du Diplo n'ont pas la publicité qu'ils méritent). Dans une de ses dernière intervention il conclue avec ce jubilatoire concept de "moment Potemkine" texte du "moment Potemkine")

 "Le moment Potemkine, c’est celui où, sous un abus de trop, la légitimité est détruite par le sentiment du scandale, et avec elle le consentement et ce qui restait de respect. Alors les matelots jettent les officiers à la mer et prennent collectivement les commandes du bateau".

L'heure de s'emparer de la passerelle, des tourelles et de la salle des machines est venue.

Rédigé par Canaille le Rouge

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