MARSEILLE : lycéens contre la réforme Blanquer et contre la répression

par Syndicat CGT Le Meux  -  13 Février 2020, 17:30  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Après le blocus de leur lycée le matin, les élèves de Thiers ont manifesté devant le commissariat de Noailles, pour demander la libération de leur camarade de 15 ans, en garde à vue de 24h.
 

 

  Les épreuves du bac ont été annulées pour la deuxième journée consécutive ce 11 février, au lycée Thiers. Lundi, un élève de 1ère avait été interpellé, pour une altercation verbale avec un agent de police. Il a été libéré après 24 heures de garde à vue, et mis en examen pour "menaces" et "outrage".

Plus de 24 heures après sa garde à vue au commissariat Noailles à Marseille (1er), le lycéen de 15 ans a été libéré hier après-midi sous les applaudissements de ses camarades de classe et professeurs du lycée Thiers (1er). 
L’adolescent, épuisé, a raconté à sa sortie du commissariat qu’il avait été interpellé dans sa classe la veille pour le « blocus de son lycée » et « soi-disant avoir menacé de mort un policier ». Le jeune garçon a été interpellé pour un rappel à la loi. Selon nos confrères de France 3,  il a finalement été mis en examen pour "menaces" et "outrage."

Lundi, il était encore sous le choc, après une nuit « horrible » en cellule. « On a du mal à accepter la façon dont sont traités nos élèves, mais on est tous soulagés », déclare René Diaz, professeur d’histoire-géo et syndicaliste Snes-FSU. « On ne comprend pas que des élèves qui manifestent pour une réforme du bac inepte, se retrouvent en garde à vue », poursuit-il. L’interpellation avait suscité une vive émotion parmi les enseignants mobilisés depuis lundi contre les épreuves communes de contrôle continu (E3C). La famille du lycéen a condamné une mesure disproportionnée. « Elle sert d’exemple pour empêcher tout blocus futur », estime sa tante. « C’est un élève sérieux », disent de lui ses camarades de classe. 

Un climat anxiogène 

Lundi, les lycéens formaient une chaîne humaine devant leur établissement, après qu’un échange de regards entre le lycéen et un policier ait tourné à l’altercation verbale. « Ce qui s’est passé nous a tous choqués », rapporte Camille, élève de 1ère, loin d’imaginer que l’affaire puisse aller si loin. 
« C’est répression sur répression », commentent des élèves. Ils dénoncent un climat anxiogène et une pression scolaire permanente avec la mise en place du nouveau bac. « Au lieu de passer deux épreuves, on en passe dix. On est sans cesse évalué. C’est un bac inégal. » 

Lundi, les lycéens avaient emboîté le pas de leurs professeurs qui avaient enterré symboliquement le bac, en bloquant le lycée. Les épreuves d’E3C de lundi et mardi ont été reportées à demain à Thiers. Un report qui signifie que les élèves seront encore présents devant l’établissement pour empêcher la tenue des rattrapages. Ce qui pourrait devenir un vrai casse-tête pour l’administration, qui ne pourra pas éternellement annuler ou renvoyer les épreuves du bac à la veille des vacances.


Catherine Walgenwitz

 

Publié par FSC

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