CEUX QUI SE GAVENT...

par Syndicat CGT Le Meux  -  29 Mai 2020, 09:28  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Air-France-KLM. Le PDG va toucher un bonus de 800 000 euros et va licencier massivement

Au moment même où un plan de licenciement massif est sur le point de toucher Air-France-KLM, Benjamin Smith, PDG du groupe, empoche 800 000 euros de bonus pour l'exercice 2019.

CEUX QUI SE GAVENT...

Crédit photo : AirFrance-KLM

Les salaires du patronat sont toujours indécent mais, en cette période de crise sanitaire et économique, ils paraissent d’autant plus délirant que le chômage menace directement des milliers de travailleurs. L’entreprise aéronautique Air-France-KLM ne déroge pas à la règle. Son PDG, Benjamin Smith vient de se voir remettre la somme de 800 000 euros de bonus en plus de sa rémunération fixe de 900 000 euros par an. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin, la rémunération variable de long terme pour l’année 2019 et qui lui sera versée à la fin de l’année 2020 atteint les 2 millions d’euros. Contrairement aux salariés de l’aéronautique, Benjamin Smith a de quoi voir venir avec ses rémunérations qui frisent le million d’euros voire le dépassent allégrement.

L’assemblée générale du comité des rémunérations du conseil d’administration n’a pas vu l’indécence des ces sommes faramineuses lors de sa délibération. Elle a voté à 80% l’« approbation des éléments fixes et variables de la rémunération totale, et des avantages de toute nature versés au cours de l’exercice 2019, ou octroyés au titre de cet exercice, à Monsieur Benjamin Smith en qualité de directeur général ». Seuls les Pays-Bas ont voté contre, la France a unanimement appuyé cette rémunération. En haut lieu, le cabinet du ministre de l’Economie justifie cette rémunération au titre qu’elle correspond à un exercice « antérieur à la crise du Covid-19 » et qu’il est hors de question de remettre en cause « un droit acquis pour une performance passée ».

C’est ainsi, les patrons ne doivent pas subir les aléas de l’économie. En pleine crise économique et en plein ralentissement de l’activité industrielle dans le secteur de l’aéronautique, le PDG ne doit pas voir ses efforts antérieurs pénalisés car il n’est pas responsable de la crise et de ses effets. Mais quand on passe au sort des salariés, efforts, années d’ancienneté et de sacrifice ne comptent pas ! Le groupe Air-france-KLM projette ni plus ni moins qu’un plan de licenciement massif qu’il tente maladroitement de masquer sous un « plan de départ volontaire ». Les 7 milliards d’euros que l’État a déboursé pour maintenir à flot le groupe ne serviront pas les intérêts des salariés, pourtant directement touchés par la crise qui commence et qui s’annonce de plus en plus.

Cerise sur le gâteau, l’assemblée générale se fend d’une « solidarité avec les salariés du groupe » en reportant à la fin 2020 le versement des 2 millions d’euros de la rémunération variable de long terme. Air-France vient d’inventer la solidarité qui consiste à ne rien partager. Dans un communiqué, Benjamin Smith annonçait aussi « renoncer à 25% de [s]a rémunération pendant la crise liée au Covid-19 » et « l’abandon de [s]a rémunération variable annuelle ("bonus") au titre de l’exercice 2020 ». Ce « sacrifice » personnel ne devrait pourtant pas ôter le pain de la bouche d’un PDG qui a déjà récolté des millions d’euros depuis son entrée dans la boite en 2018. En tout cas, ces mesures de « solidarité » avec les salariés ne doivent pas faire perdre de vue qu’aucune garantie sur le maintient des emplois n’est assurée par le PDG et le groupe, au contraire.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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