Hutchinson, filiale de Total, envisagerait la suppression de 3000 emplois

par Syndicat CGT Le Meux  -  9 Juin 2020, 20:10  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Un nouveau plan social d'envergure semble à craindre en cette période de déconfinement. Après Airbus, Renault, c’est un autre géant de l’industrie française : Total qui se prépare, à travers sa filiale Hutchinson, à supprimer massivement des emplois parmi ses sous-traitants alors même que le groupe n'a pas cessé de verser les dividendes à ses actionnaires durant toute la crise !

Hutchinson, filiale de Total, envisagerait la suppression de 3000 emplois

Crédits photos : Credits Reuters

Le groupe Hutchinson, acteur majeur de l’industrie du caoutchouc, a confirmé, vendredi 5 juin, avoir planifié un plan de départs volontaires d’environ un millier de salariés. Une porte-parole de l’entreprise expliquait au

Monde

cette décision sousle prisme de « la situation actuelle dans l’automobile » et assurait qu’« il n’y aurait aucun licenciement ».

Le groupe a été amèrement frappé par la crise économique en cours, privé de ses principaux clients : l’industrie automobile et l’aéronautique qui apparaissent très affaiblis par les mesures de confinement, la direction annonçait début juin des résultats inférieurs de 60% pour mars à ceux de 2019, et affirmait que ceux de mai seraient pires encore.

Vers la suppression de milliers d’emplois, pour continuer à enrichir les actionnaires ?

Si la direction annonçait donc le 5 juin, la suppression d’un millier d’emplois en France, sur un effectif de huit mille travailleurs, les syndicats estiment que ce nombre pourrait être bien plus important. Ainsi selon la CFDT, 3000 salariés dans le monde devraient être concernés, ainsi que de nombreux intérimaires. La coordination CGT du groupe, dans un communiqué daté du 5 juin, soutient que ceux-ci ont déjà fait l’objet de milliers de suppressions de postes : «  les intérimaires du groupe Hutchinson ont été la première variable d’ajustement avec 6000 fins de contrat dans le monde » ».

Didier Godde, coordinateur CGT Hutchinson : « C’est choquant ! Les salariés viennent à peine de sortir de la pandémie et on nous fait ce type d’annonce ! ».-> https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/05/hutchinson-filiale-de-total-va-supprimer-un-millier-d-emplois-en-france_6041926_3234.html Et d’autant plus incompréhensible à l’heure où des milliards ont été donnés en cadeau au patronat de l’automobile, un secteur dont le groupe est dépendant souligne D. Godde : «  On travaille à 75 % pour l’industrie automobile. Elle ne va pas rester à l’arrêt éternellement » ->https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/05/hutchinson-filiale-de-total-va-supprimer-un-millier-d-emplois-en-france_6041926_3234.html
Une décision scandaleuse quand l’on sait que Total et ses filiales ont décidé pendant le confinement, de pas utiliser le dispositif de chômage partiel, et d’assumer le versement des salaires à 100%, pour pouvoir continuer à librement verser les dividendes à ses actionnaires. Une décision que le groupe utilise, en argumentant sur son trou de trésorerie pour justifier un plan salarial.

« Se servir de la pandémie pour restructurer » ?

Pour la coordination CGT, le groupe à l’image profite de la pandémie pour restructurer ses effectifs au nom du maintien de ses profits à l’heure où elle écrit dans un communiqué que « « la crise du système capitaliste qui s’est aggravée avec la crise sanitaire est en train de produire ses pleins effets. Les plans de suppressions d’emplois pleuvent ».

Et quand la CFDT dans un tract appelle à une « négociation loyale »-> https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/05/hutchinson-filiale-de-total-va-supprimer-un-millier-d-emplois-en-france_6041926_3234.html il s’agit de revendiquer que les organisations syndicales s’organisent pour appeler à une mobilisation massive partout où le patronat tente de faire payer la crise aux travailleurs.

Face aux annonces de suppression d’emplois, il y aussi urgence à réclamer la transparence des comptes aux entreprises, quand Total, actionnaire principal du groupe peut se targuer d’une santé financière au beau fixe. Enfin il faudra également lutter pour l’interdiction des licenciements, car les salariés n’ont pas à être une variable d’ajustement. Des mesures que seul un rapport de force suffisant permettra d’envisager.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE
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