Macron au Parquet national financier: "je vous écrit une lettre, qu'il ne vous faut pas lire peut-être..."

par Syndicat CGT Le Meux  -  25 Juin 2020, 14:01  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Le 1er juillet 2019, le président de la République écrivait au Parquet national financier à propos d'Alexis Kolher, secrétaire général de l'Elysée. Figurez-vous que ledit Kolher était soupçonné de conflits d'intérêts et prise illégale d'intérêts depuis juin 2018.  Et comme la justice prenait son temps avec le chef du palais de l'Elysée, son patron écrivait une bafouille à la justice extra-spéciale pour le dédouaner.

 

Constitutionnellement la Justice est indépendante et le pouvoir exécutif ne doit jamais s'immiscer dans ses affaires. Mais le Conseil constitutionnel pas saisi et la Constitution donnant au président de la République le droit de ne rendre des comptes à personne, un ex-banquier d'affaires, promu à l'Elysée par le Marché, écrivait une lettre audit Parquet national financier.

Lequel Parquet national financier, 15 jours après, classait sans suite l'affaire Alexis Kohler. Même si un rapport dudit Parquet accablait grave le citoyen Kohler en date du 7 juin 2019.

Rapport du 7 juin 2019 et courrier du 1er juillet 2019 au Parquet national financier, classement sans suite 15 jours plus tard, dans la patrie des droits de l'Homme ou chacun nait libre en droit avec son voisin, en France où la Justice est constitutionnellement indépendante du pouvoir exécutif, est-ce que vous suivez?

En 2018, Médiapart révélait qu'Alexis Kohler, à l’époque haut-fonctionnaire chargé des transports et sous directeur à l’Agence de Participation de l’État était cousin au seconde degré de Rafaela Aponte, co-fondatrice et principale actionnaire de la Mediterranean Shipping Company (MSC), croisiériste et premier client de STX France, des chantiers navals de Saint-Nazaire.

Bon, la Loi dit: "Un agent public ne peut passer des contrats avec une entreprise, la contrôler, traiter des dossiers qui la concernent alors qu’il a des liens familiaux ou des rapports de proximité avec elle. Enfreindre cette règle, c’est risquer d’être accusé de prise illégale d’intérêts, punie par une sanction pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison, selon le code pénal. "  Et le premier rapport d’enquête du Parquet national financier, datant de 2018, affirmait ceci : "Alexis Kohler n’avait jamais établi, en dépit des obligations légales, une déclaration d’intérêts, ce qui l’aurait obligé à révéler ses liens familiaux avec MSC."

Mais est venue la bafouille de notre président de la République qui efface tout.

Mais Médiapart révèle aujourd'hui: "Contrairement à ce qu’il a toujours affirmé, Alexis Kohler a pu, dans toutes les fonctions qu’il a exercées au ministère des finances de 2008 à 2016, garder l’œil et même intervenir sur les dossiers intéressant l’entreprise MSC, à laquelle il est lié familialement." Cerise sur le Parquet national financier si j'ose dire, à cette époque le ministre des finances de Hollande président était Macron Emmanuel de son prénom.

Du coup, Anticor, relance la machine. La justice va de nouveau se pencher sur les soupçons de conflits d'intérêts entourant Alexis Kohler: après un classement sans suite à l'été 2019. Des juges vont enquêter sur ses liens avec l'armateur MSC en pleine polémique sur une note du chef de l'Etat en faveur de son bras droit.

La morale de cette histoire? Ben, il n'y en pas.

Dites, les copains et les copines, il n'y a toujours pas de morale dans la société gérée par les riches et le capital. Il n'existe que la lutte des classes. Et ce combat, on le gagne ou l'on se résigne. Un point, c'est tout.

Et cette capture d'écran!

Macron au Parquet national financier: "je vous écrit une lettre, qu'il ne vous faut pas lire peut-être..."
Publié par Le Mantois et Partout ailleurs
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