Jeunesse en colère

par Syndicat CGT Le Meux  -  16 Juillet 2020, 09:02  -  #Notes d'information Cgt Unilever

400 000 contrats précaires : le "cadeau"

 

de Macron à la jeunesse

 

Annoncées par Macron le 14 juillet et confirmées par Jean Castex, les mesures du gouvernement pour favoriser l’emploi des jeunes ne promettent que des emplois précaires pour les jeunes et des avantages économiques pour les entreprises…

 

Jeunesse en colère

Crédits photo : Nicolas Tucat / AFP

Lors de son interview du 14 juillet, Macron a expliqué vouloir répondre aux plans sociaux déjà entamés et ceux à venir grâce à un plan de relance de 100 milliards euros supplémentaires. Dans ce plan de relance « notre jeunesse doit être la priorité » n’a pas hésité à affirmer le Président tout en assumant qu’il y aurait « une augmentation du chômage massive », confirmant le chiffre de 900.000 demandeurs d’emplois supplémentaires d’ici la fin de l’année annoncé par l’INSEE. Pourtant au-delà du discours, le « plan de relance pour la jeunesse » ne promet rien de bon pour les 700 000 nouveaux entrants sur le marché du travail en septembre prochain.

Que contient ce plan de relance pour la jeunesse ?

Les intentions de l’exécutif pour « favoriser l’embauche » chez les jeunes, portent sur cinq dispositifs, dont une partie avaient déjà été annoncés. Ainsi, Macron comme Jean Castex dans son discours de politique général, ont évoqué le financement d’exonérations de charges pour les entreprises auprès des jeunes salariés « à faible qualification » pour les emplois jusqu’à 1,6 Smic et pour une durée d’un ou deux ans. Cette mesure pro-patronale va de paire avec le renforcement des primes à l’apprentissage, qui a été voté pour près d’un milliard d’euros selon l’Opinion. Deux mesures qui sont de véritables cadeaux aux entreprises.

Outre ces mesures discutées depuis plusieurs semaines, Emmanuel Macron et Jean Castex ont annoncé de nouveaux dispostifs. Ainsi 300 000 « projets et contrats d’insertion » vont être créés pour « aller chercher les jeunes qui sont parfois les plus loin de l’emploi ». Alors qu’il s’était montré hostile à ces contrats financés à 75% par l’Etat, en en supprimant les deux-tiers à sa prise de fonction en 2017 en fustigeant notamment leur rôle d’insertion réel.

De fait, ces contrats aidés ne sont que des solutions de court terme et ne garantissent en aucun cas un emploi pérenne pour les jeunes puisqu’ils sont limités dans le temps, s’inscrivant ainsi dans les nombreux emplois précaires auxquels est condamnée une grande partie de la jeunesse. Le patron du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, qui valorise le retour au recours à ce type de contrat en période « difficile », l’a lui-même avoué en expliquant sur France 2 que « le risque qu’à la fin du contrat, le jeune en question ne trouve pas d’emploi  »…

Cette problématique est encore plus prononcée pour ce qui est des 100 000 contrats de service civique supplémentaires annoncés dans les six mois qui viennent, qui compléteront les 140 000 contrats actuellement ouverts. Ce type de contrat « volontaire » dérogeant au salariat traditionnel sont particulièrement précaires : les missions sont indemnisées à 580 euros par mois pour une durée de travail pouvant aller jusqu’à 32 heures par semaines. Par ailleurs un seul contrat de service civique peut être réalisé, pour une durée allant de 6 à 12 mois maximum.

Alors que 700.000 jeunes arriveront sur le marché du travail à la rentrée, les contrats aidés comme les services civiques auront la vertu d’en retirer temporairement 400.000 des chiffres du chômage, mais une telle mesure ne constitue en rien une réponse au chômage des jeunes et à la précarité qu’elle ne va que contribuer à étendre un peu plus.
En complément de ces emplois, le gouvernement a annoncé l’ouverture de 200 000 places dans des formations qualifiantes supérieures « pour permettre à un jeune qui n’a absolument aucune issue, aucune perspective d’embauche, de poursuivre un peu ses études avec un accompagnement social ». Là encore, ces formations Macron ne donnent pas de solution financière et d’emploi stable à la jeunesse, mais permettent de repousser l’arriver sur le marché de l’emploi de centaine de milliers de jeunes, quand, en parallèle, le marché de l’emploi est de plus en plus saturé au fil des plans de licenciements organisés par le patronat et facilités par les ordonnances Macron.
Finalement ces dispositifs n’assurent en aucun cas la survie, l’emploi et le bien-être de la jeunesse mais s’inscrivent dans la continuité de la logique pro-patronale des plans précédents. Trois choses peuvent être sauvées à travers ce « plan de relance pour la jeunesse » : le chiffre du chômage qui est temporairement ramené vers le bas ; les profits du patronat qui bénéficient de ces aides d’État et des exonérations, à l’image du plan précédent comprenant le dispositif de chômage partiel ; et la logique de libéralisation des conditions travail où le droit du travail est piétiné, la concurrence accentuée en même temps que la paupérisation de notre classe, au bénéfice du grand patronat et du gouvernement. C’est ce monde-là que Macron veut offrir à la jeunesse.

 

Macron et son gouvernement ne feront rien pour les intérêts de la jeunesse et de notre classe

 

Hier, le nouveau premier ministre, Jean Castex, a confirmé les annonces de Macron devant l’assemblée nationale lors de la présentation de la feuille de route du gouvernement pour les prochains mois. Une nouvelle annonce a été faite pour la jeunesse : des repas à 1 euro seront mis en place dans les restaurants universitaires pour les étudiants boursiers quant en parallèle. Une mesure taillée pour communiquer, mais qui apparaît bien maigre si on la compare aux centaines de milliards d’euros des plans de soutiens aux entreprises successifs ou encore à la « suppression totale de la taxe d’habitation pour les 20 % de Français les plus aisés - qui était attendue d’ici à 2023 -, en signe de solidarité  », simplement repoussée comme le rapporte le journal Les Échos.

Alors que Macron avait entamé son quinquennat en réduisant les APL de 5€ pour les étudiants, le plan du gouvernement ne brille pas par sa radicalité et ne promet que des miettes et des emplois précaires à la jeunesse. Avec ces effets d’annonce, le gouvernement entend contenir la colère d’une jeunesse particulièrement touchée en temps de crise, et qui s’est mobilisée pour obtenir elle aussi la prime Covid-19, mais aussi contre les violences policières ou pour dénoncer la nomination du « gouvernement de la honte ». Mais ces mesures ne permettront pas de mettre fin à la précarité qui frappe les jeunes, et appelle au contraire ceux-ci à se mobiliser aux côtés du monde du travail dans la rue, pour refuser que les travailleurs ne paient la crise et pour exiger l’interdiction totale des licenciements et le partage du temps de travail entre tous sans baisse de salaire. Seul ce combat peut dessiner des perspectives progressistes pour la jeunesse qui risque sinon d’être à nouveau une variable d’ajustement dans la crise.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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