BOURGEOIS BIEN ÉDUQUÉS AU SERVICE DE L'OLIGARCHIE FINANCIERE

par Syndicat CGT Le Meux  -  6 Août 2020, 22:10  -  #Notes d'information Cgt Unilever

BOURGEOIS BIEN ÉDUQUÉS AU SERVICE DE L'OLIGARCHIE FINANCIERE
BOURGEOIS BIEN ÉDUQUÉS AU SERVICE DE L'OLIGARCHIE FINANCIERE

C’est tout au long de leur parcours d’étude que ces « élites » constituent leur groupe, avec leurs cartes de visite et leur carnet d’adresse commencé au début des études, elle se prolonge au sein de cercles élitistes, tel Le Siècle, et de réceptions mondaines où se coudoient les vedettes issues de divers horizons professionnels et ce chaque dernier mercredi de chaque mois. Faites le compte sur une année.

Une source extrêmement fiable interne au dîner du siècle nous a envoyé par le biais des Gilets Jaunes Constituant, la liste des invités au dîner du Siècle du mercredi 26/02/2020.

Lorsque des bourgeois issus de milieux différents prennent un cocktail et discutent trankilou dans un salon privé interdit au public sans que rien ne puisse sortir, on est en droit de se poser quelques questions tout à fait légitimes, quand même. Ou, pire (mieux ?) : d’avoir des envies de meurtres, tout à fait légitimes elles aussi.

Mais qu’est-ce donc ce fameux dîner du Siècle, pardi ?

Un club association loi de 1901 d’influence fondé en 1944 par d’anciens résistants autour d’un journaliste, Georges Bérard-Quélin. L’objectif : faire se rencontrer les « élites » pour mieux se connaître au-delà du clivage gauche-droite, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.
 

Le club regroupe des dirigeants politiques, économiques, culturels et médiatiques français encore aujourd’hui. D’après Wikipédia, le conseil est composé de 15 ou 16 personnes choisies par cooptation et la cotisation annuelle de membre est de 160 euros. Ce dîner a lieu dix fois par an et le dernier s’est déroulé le 26 février au Cercle de l’Union interalliée, au 33 rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris. Un lieu qui ne change jamais, pratique pour s’y rendre et foutre ainsi un zbeul dans la joie et la bonne humeur surtout. “La soirée se déroule traditionnellement en deux phases de 20h à 21h : un apéritif ; de 21 h à 22 h 45 : un dîner, par groupes de 8, autour d’un chef de table qui organise le débat nous apprend là encore Wikipédia.

 

Dans le dernier dîner du Siècle du 26 février, le 831e au total, et malgré l’épidémie de coronavirus, on pouvait croiser, pêle-mêle : Gaspard Koenig, “philosophe” du think tank libéral Génération libre, le haut fonctionnaire proche de Sarko Jean-Pierre Jouyet, Jean-Marie Le Guen, le socialiste conseiller de Paris en perdition, Guillaume Pepy, PDG de la SNCF, Philippe Wahl, PDG de La Poste, l’ex journaliste Patrick Poivre d’Arvor, des consultants, beaucoup de bull-shit jobs, des fondations libérales, des représentants et représentantes (car c’est important quand même, la “parité”) d’entreprises du CAC 40 telles que Véolia ou Total, et même un petit ex représentant syndical perdu : Jean-Claude Mailly, en personne, certainement venu défendre les droits des travailleurs et travailleuses exploité(e)s par tout ce beau monde. Bref, le mieux est encore de consulter la liste des convives pour constater à quel point toute l’oligarchie française y est parfaitement représentée. 

Le Siècle est relativement connu, même si assez peu documenté. Rien de vraiment “secret”, de caché, en somme, si ce n’est la liste officielle à récupérer, ou encore les objets précis des discussions, en interne. Ainsi, lorsque l’on questionne cette réunion entre gros bourges et le pourquoi de son existence, certaines et certains journalistes bondissent de leur siège : “C’est du complotisme !”, ricanent un bon coup le dos de la main posé en dessous du menton, et se rassoient confortablement sur leur petit siège doré.

Le Siècle est même sur Wikipédia, connu de toutes et tous alors, pourquoi y voir du complot, après tout ? Déontologiquement, cela ne leur pose aucun problème de s’y rendre, aux journalistes. Le conflit d’intérêt, toussa, c’est tellement has been et réservé aux journalistes “militants” en conflit d’intérêt avec les merguez de la CGT que ça ne les concerne pas du tout.

Quand on dit “journaliste”, on ne parle évidemment pas de la masse salariale, mais des starlettes bien connues telles que François Lenglet, Philippe Meyer, Serge Moati, Fabienne Pascaud (Télérama), Nicolas Beytout (L’Opinion), présents rien que dans le dernier dîner. Miam, joli gratin ! Le journalisme de cour, en somme, qu’avait très bien décrit le documentaire “Les nouveaux chiens de garde” de Gilles Ballastre et Yannick Kergoat, en 2011.

Entre deux anchois à une dizaine d’euro l’unité au moins, un David Pujadas pourra ainsi lécher les chaussures d’un entrepreneur ou un politique qu’il aura peut-être déjà connu sur les bancs de Sciences Po ou du CFJ (Centre de formatage, pardon, de formation des journalistes), et se voir ainsi davantage armé à pondre des entretiens d’une extrême docilité que ces médiocrates nous habituent de manière quotidienne et éhontée sur notre service public préféré. Ils iront bien entendu se plaindre de la “défiance envers lémédias qui monte” et prétendre incarner “le journalisme”. Merde, alors ! Journalistes, les vrais, pour laver votre honneur, vous savez où vous rendre afin de manifester votre mécontentement, vos salaires parfois de misère et votre devoir de subordination souvent injustifié. Pour les moins domestiqués, j’entends. *Allo, Radio France*, on me dit dans l’oreillette que Sibyle Veil, votre patronne, y était le 26 février dernier, à manger plein de petits mets de qualité. J’dis ça, j’dis rien. Mais il n’y avait pas une importante grève à Radio France, ces derniers mois ? Il paraît. Et Delphine Ernotte, patronne de France télévisions, était présente également à ce dîner.

Une lecture sociale et anti-capitaliste du Siècle plutôt que “conspi” (ça leur ferait trop plaisir)
“C’est juste un dîner !”, répètent-ils en boucle, pour s’en dédouaner et faire ainsi passer le peuple qui se questionne de manière légitime pour un gros demeuré. Dans la mesure où rien ne peut vraiment sortir de ces dîners, des choses doivent se dire en interne, peut-être même se décider.

 

Ça complote ? Oui, peut-être : stratégies économiques à venir, alliances politiques en vue …

 

Bon, et alors ? La marche capitaliste néo-libérale et leur domination existerait, avec ou sans le Siècle. Car c’est cela qu’il est : un symptôme, une démonstration de leur puissance, de leur hégémonie écrasante, de leur sentiment d’appartenir à une caste-classe qui nous nargue et se fout ouvertement de notre gueule.

Car ces petites festivités sont bien connues et se déroulent chaque année en toute impunité. C’est ici que des liens peuvent encore plus se tisser ou se créer, se renforcer, face à nous, ces gueux dont on nous interdits l’accès. Vous avez dit “séparatisme” et “communautarisme” ? Le voici, et il se porte toujours aussi bien. On se lève, on ramène le dessert, et on se casse les retrouver au prochain dîner ?

 

Publié par FSC

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