Campagne de tests

par Syndicat CGT Le Meux  -  7 Août 2020, 22:03  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Délais trop longs et désorganisation : le

 

Conseil scientifique fustige une stratégie

 

de tests mal définie

 

Dans un avis remis fin juillet au gouvernement, le Conseil scientifique juge une seconde vague “hautement probable” et pointe des lacunes dans la politique de tests du gouvernement, trop lente et désorganisée.

 

Campagne de tests

Crédits photo : AFP

Depuis une quinzaine de jours, tous les indicateurs montrent que la propagation du coronavirus s’est nettement intensifiée. À l’heure où plusieurs pays européens ont vu leurs contaminations repartir à la hausse, et où l’Espagne est partiellement reconfinée, le ministère de la Santé dénombre 1695 nouveaux cas de coronavirus en France entre le 4 et le 5 août. “Il ne faut pas que la courbe devienne exponentielle. Tant que c’est comme ça, c’est contrôlable, mais on est inquiets.” avance le Pr Eric Caumes, infectiologue à la Pitié Salpêtrière.

 

Les laboratoires débordés par les demandes de tests sans ordonnances

 

Les mesures du gouvernement pour endiguer cette propagation sont connues ; depuis le vendredi 17 juillet, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos, et le gouvernement commence à évoquer une obligation du port du masque à l’extérieur, mesure déjà en vigueur dans certaines villes de France. À cette obligation s’associe bien évidemment une gestion répressive de cette mesure de santé publique, puisque le défaut de port du masque est puni d’amendes, sachant que, portés correctement, les masques sont onéreux et vendus à un prix dix fois supérieur à celui d’avant la crise.

Nouveauté dans le plan gouvernemental : depuis le 25 juillet, toute personne peut bénéficier d’un test PCR entièrement remboursé, sans avoir besoin d’une ordonnance et sans avoir à se justifier de la démarche ou présenter des symptômes. On effectue aujourd’hui 576 000 tests par semaine, des chiffres encore bien loin des 700 000 tests hebdomadaires annoncés par le gouvernement lors du déconfinement.

Cette décision soudaine, à la veille des départs en vacances, désarçonne les centres de dépistages, qui sont submergés de demandes, comme l’explique Lionel Barrand, président du syndicat des jeunes biologistes médicaux : “Le gouvernement nous a mis de bâtons dans les roues en envoyant un grand nombre de gens dans les laboratoires sans prévenir.

De plus, les délais pour se faire dépister sont souvent, à ce jour, trop longs. Il arrive qu’il faille attendre une semaine pour obtenir un rendez-vous, et encore une semaine pour recevoir les résultats. Or, plus le diagnostic tarde, plus les gens ont de risques de contaminer son entourage et bien au delà, de manière exponentielle. C’est notamment le cas en Île-de-France, où les labos sont débordés. “On aimerait que les politiques, avant de faire des annonces, travaillent avec les administrations pour que tout soit prêt”, fustige François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes (SDB). “Ce n’est pas un problème technique, mais d’organisation […] J’ai déjà dit il y a deux mois, que dépister des milliers de gens au même endroit en même temps moment poserait problème”. Et les dépistages sans ordonnances ne vont faire qu’empirer le problème.

 

Le Conseil scientifique fustige une stratégie de tests mal définie

 

C’est cette désorganisation qui est fustigée par le Conseil scientifique. Dans un avis remis fin juillet, il pointe les lacunes du plan de dépistages actuel, et préconise des dépistages prioritaires et rapides pour les personnes habitant à proximité d’un cluster, et des personnes présentant des symptômes, associés à une campagne de dépistage aléatoire de la population, qui permettrait d’avoir une vue d’ensemble de l’évolution de l’épidémie.

Le Conseil scientifique souligne aussi que les mesures de gestion de l’épidémie “seront politiques et sociétales, bien plus que sanitaires”, et regrette que la population soit si peu associée à la gestion de la pandémie. Il précise en effet avoir “réclamé à plusieurs reprises depuis début avril, sans aucun succès, la mise en place d’un ’comité de liaison citoyenne Covid-19’”. Aux vues des réactions des personnels des centres de dépistages devant les foules qui attendent d’être diagnostiquées, cette liaison n’est pas non plus faite avec les soignants eux-mêmes.

Pour que la seconde vague ne soit pas aussi meurtrière que la première, nous devons exiger des masques gratuits pour toutes et tous, afin de ne pas avoir à choisir entre sa santé et ses fins de mois, mais aussi une campagne de tests massifs, qui soit réellement effectuée pour contrôler l’étendue de l’épidémie et protéger en amont. Et qui de mieux que les soignants eux-mêmes pour orienter et organiser cette campagne ?

Alors que les grands groupes de distribution spéculent sur des matériaux de protection élémentaires, et que l’ombre de conflits d’intérêts plane sur les laboratoires produisant les tests, il est plus que jamais temps d’imposer la nationalisation sous contrôle des travailleurs et des usagers de l’industrie pharmaceutique et de la recherche. Le gouvernement prouve une nouvelle fois que sa gestion de l’épidémie ne peut être qu’erratique ; pour ne pas avoir à payer la crise sanitaire et économique, c’est aux travailleurs de la santé, en lien avec les secteurs du monde du travail frappés aujourd’hui par la crise économique avec des licenciements massifs et la jeunesse précarisée, d’imposer par la lutte des mesures d’urgences, aux antipodes de la gestion capitaliste de l’État.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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