Premier ministre : le "dialogue social" comme outil des contre-réformes macroniennes

par Syndicat CGT Le Meux  -  25 Août 2020, 07:45  -  #Notes d'information Cgt Unilever

 

La presse au service du pouvoir ne cesse de louer la nouvelle méthode du nouveau premier ministre qui serait, lui respectueux des syndicats.

En oubliant de souligner que dans la conjoncture issue de la crise sanitaire et sociale le pouvoir macronien n'a nullement renoncé à poursuivre ses contre-réformes comme celle de l'indemnisation du chômage et celle des retraites.

Quant au fond il s'agit de permettre notamment à la CFDT de justifier son accompagnement des contre-réformes pour tenter d'empêcher le développement des luttes!

Le dialogue social, une imposture au service des possédants !

 

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SOURCE : le Figaro

 

Réformes : la méthode Castex à l’épreuve du dialogue social
Le premier ministre, qui ouvrira mercredi l’université d’été du Medef, compte s’appuyer sur les syndicats et le patronat pour adapter le modèle social et relancer l’économie.

Jean Castex entend bien occuper le terrain en cette rentrée, comme il l’a fait tout l’été. Lutte contre le coronavirus, plan de relance, politique de sécurité… Aucun sujet ne va lui échapper. Mercredi, le premier ministre ouvrira l’université d’été du Medef, rebaptisée « La renaissance des entreprises de France », qui marque la rentrée du patronat en cette année de crise historique. L’occasion de faire la promotion de sa méthode de gouvernance basée sur le dialogue social. La liste des concertations programmées d’ici la fin de l’année (télétravail, partage de la valeur, métiers en tension, santé au travail, emploi dans les plateformes, branches professionnelles, travail des seniors, dépendance…) ressemble d’ailleurs à un inventaire à la Prévert !

En prenant ses fonctions, début juillet, Jean Castex avait annoncé la couleur. « Je crois, j’ai toujours cru aux vertus du dialogue social », avait insisté le premier ministre dans sa déclaration de politique générale, martelant qu’« il faut dans ce pays prêter davantage d’attention au dialogue social ». Tous les participants à la première « conférence du dialogue social », organisée fin juillet à Matignon, ont bien noté la différence de style du nouveau chef du gouvernement. « Sur la forme, la CGT note un changement de méthode et une meilleure considération des organisations syndicales, avait jugé Philippe Martinez, le secrétaire général de la centrale de Montreuil. Sur la méthode de travail présentée, la CGT prend acte avec satisfaction des engagements du premier ministre concernant les projets de réformes de l’assurance-chômage et des retraites. Au-delà d’un simple report de calendrier, c’est le contenu même de ces réformes qui sera ouvert à discussions et négociations. »

Amortisseur de crise
Même satisfecit de la CFE-CGC, la centrale des cadres. « Il semble que quelque chose soit en train de changer dans la méthode du gouvernement », avait ainsi abondé François Hommeril, son président, autre opposant radical au duo Macron-Philippe depuis trois ans. Le plan de relance de l’économie, dont la présentation a été décalée d’une semaine, a ainsi fait l’objet d’une intense séquence de concertation avec les syndicats et le patronat.

Il faut dire que Jean Castex n’a pas revu que la méthode de gouvernance en donnant la primeur au dialogue social ; il a aussi changé d’objectif. Plus question de « réinventer un modèle social à bout de souffle », mission qu’Emmanuel Macron avait confiée à Édouard Philippe en 2017. L’heure est au colmatage du système de protection sociale, qu’il faut « améliorer et renforcer », selon le nouveau premier ministre. Ce modèle social, jugé si inefficient en période de croissance, a en effet montré son utilité depuis mars en se muant en un formidable amortisseur de crise. Et le duo de l’exécutif compte s’appuyer sur ce « système plus inégalitaire qu’il y a trente ans », comme le qualifiait Emmanuel Macron au moment des « gilets jaunes », pour « la reconstruction »du pays. Notamment en ouvrant largement les vannes des dépenses.

Il suffit pour s’en convaincre de regarder le dispositif d’activité partielle de longue durée (APLD) dé-ployé depuis le 1er juillet pour permettre aux entreprises les plus touchées de ne pas licencier leurs salariés. Son coût, cumulé avec le système de chômage partiel classique, dépassera 30 milliards d’euros cette année et 8 milliards en 2021. Idem sur le dossier de l’emploi des jeunes, avec une rallonge en cette rentrée de 6,5 milliards à coups de primes à l’embauche et de contrats aidés pour venir en aide aux moins de 25 ans. Depuis le début de la crise, les milliards pleuvent chaque jour, sans économies ou recettes mises en face. Le premier ministre a repoussé les sujets qui fâchent et qui nécessitent des sacrifices à 2021, à commencer par la poursuite des réformes des retraites et de l’assurance-chômage. Deux « transformations sociales »structurelles qui hérissent les syndicats et ne collent plus avec le changement de doxa de Jean Castex… ¦

par  Marc Landré @marclandre

 

Publié par FSC

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