Nos vies, pas leurs profits

par Syndicat CGT Le Meux  -  6 Septembre 2020, 23:43  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Malgré la progression du virus, les

 

personnes vulnérables

 

obligées de retourner au travail

 

Depuis le 1e septembre, la grande majorité des personnes vulnérables susceptibles de développer des cas graves de Covid-19, ainsi que les membres de leurs foyers, ne peuvent plus bénéficier des dispositifs de chômage partiel mis en place pendant le confinement.

 

Nos vies, pas leurs profits

Crédit photo : LUDOVIC MARIN AFP

Un décret publié le dimanche 30 août au Journal officiel acte “la fin des placements en activité partielle (...) des salariés partageant le domicile d’une personne vulnérable” ainsi que le durcissement très important des critères permettant de définir une personne « vulnérable ». En effet, depuis le 5 mai 2020, une grande partie des personnes dites “vulnérables”, c’est-à-dire les personnes ayant, en raison de leur âge ou de leur état de santé, un plus grand risque de développer des cas graves de Covid-19, pouvaient bénéficier d’un certificat d’isolement, ce qui leur permettait de continuer à télétravailler, où, dans certains cas, à bénéficier d’un chômage partiel. Ce n’est désormais plus le cas. Comme si elles avaient miraculeusement guéri du jour au lendemain.

Sont concernées : “les personnes qui vivent avec une personne vulnérable, celles de plus de 65 ans bien portantes, celles ayant des antécédents cardiovasculaires (hypertension artérielle compliquée, antécédent de chirurgie cardiaque...), les personnes diabétiques, obèses ou encore les femmes enceintes au troisième trimestre de grossesse” comme l’explique Franceinfo. Sachant que près d’un quart des clusters actuels proviennent d’entreprises, le message du gouvernement est clair : nos vies passent après les profits des patrons.

Au total, sept des onze critères de vulnérabilité initiaux ont été retirés du décret du 5 mai 2020. “J’étais en mesure d’isolement depuis mars. Du jour au lendemain, je ne fais plus partie des personnes fragiles et on m’envoie au travail. [...] Pourquoi serais-je moins susceptible d’attraper ce virus et d’en faire une forme sévère aujourd’hui ?” explique Louise*, atteinte d’hypertension, à Franceinfo. “Je ne comprends pas, on nous a dit que le Covid touche les poumons, mais le gouvernement enlève les malades pulmonaires de la liste des personnes à risque.” ajoute Ana, qui souffre d’une maladie inflammatoire des bronches.

Cette décision est d’autant plus aberrante que les contaminations sont en forte hausse dans le pays, et que le protocole sanitaire de la rentrée, dans les lieux de travail et d’étude, relève souvent de l’improvisation. Passant du port du masque « inutile » à son obligation désormais dans la plupart des grandes villes, la stratégie erratique et irresponsable du gouvernement continue avec une obligation du port du masque gérée essentiellement au forceps et par la répression comme en témoigne les premières amendes pour un Kinder ou encore la police du masque qui circule dans les bars et restaurants de Paris.

De plus, ce même protocole indique que des sanctions pourraient être prises en cas de non-port du masque et qui laissent ouverte la voie à l’arbitraire patronale. Cela est d’autant plus grave que le flou des règles laisse place à une interprétation large des règles : “Au sein des bureaux partagés, ou en open space, vous pouvez, selon certaines conditions, fixées en fonction du niveau de circulation du virus dans votre département, enlever votre masque de manière temporaire au cours de votre journée de travail.” Même flou pour le protocole sanitaire au cas où un employé tombe malade du coronavirus. Ses collègues doivent-ils être confinés ? Si oui, selon quels paramètres ? Si le télétravail est impossible, comment gérer la situation ?

De plus, comme à son habitude, le gouvernement laisse une marge de manœuvre au patronat pour négocier au cas par cas, en ce qui concerne les masques comme les autres mesures (télétravail, etc.) – laissant la porte ouverte à ce que des conditions encore moins favorables aux salariés soient mises en place. Si 24% des clusters sont situés en entreprise, c’est en raison de ce type de logiques, où la priorité est donnée aux profits du grand patronat plutôt qu’à la préservation de la santé, de la sécurité et des conditions de travail des salariés.

Le gouvernement est poussé par l’impératif absolu du redémarrage de l’économie, après de longs mois au ralenti, voire à l’arrêt. Cette logique de la rentabilité à tout prix est aussi celle qui a causé la destruction de l’hôpital public par les gouvernements successifs, avec les conséquences désastreuses que l’on connaît sur la gestion de la crise sanitaire ; c’est également cette logique qui fait que le gouvernement renvoie les personnes vulnérables travailler en dépit du bon sens.

La gestion erratique de Macron et ses ministres l’a prouvé : aucune confiance ne peut être accordée à ce gouvernement pour gérer la pandémie. Loin des réunions à Matignon et autres négociations avec le gouvernement, il serait absolument nécessaire que les directions syndicales mettent en œuvre un plan de bataille à la hauteur de la situation, pour l’ensemble de notre classe, contre le gouvernement et contre ce système. Ce plan de bataille devrait porter un programme avec des mesures telles que la gratuité des masques pour tous et toutes, la généralisation des tests et la fin de la gestion répressive de la crise.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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