Thaïlande. Face au mouvement, le gouvernement lève l’état d’urgence « renforcé »

par Syndicat CGT Le Meux  -  25 Octobre 2020, 09:38  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Depuis plusieurs semaines le mouvement contestataire manifeste contre le régime monarchique et le gouvernement issu du coup d’état. La jeunesse « fer de lance » du mouvement s’inspire des méthodes de lutte des manifestants Hongkongais pour mettre en échec la police, et le gouvernement.

Thaïlande. Face au mouvement, le gouvernement lève l’état d’urgence « renforcé »

Crédits photo : Gemunu Amarasinghe. AP

Jeudi 22 octobre, l’état d’urgence « renforcé », qui interdisait tout rassemblement de plus de quatre personnes dans la capitale du pays Bangkok, ces mesures permettaient les arrestations arbitraires aux militants mais aussi la censure médiatique et politique. Celui-ci a été levé par le premier ministre thaïlandais, Prayuth Chan-o-cha, qui a accédé au pouvoir suite au coup d’état perpétré au mois de mai 2014.

Malgré l’annonce la colère risque de continuer à croitre, les jeunes, étudiants et d’autres secteurs continuent à battre le pavé dans plusieurs points névralgiques de la ville de Bangkok et plusieurs villes du pays en exigeant au premier ministre sa démission. Mercredi le premier ministre a annoncé sur une chaine de télévision, la levée de l’état d’urgence renforcé imposé il y a une semaine, pour permettre une désescalade de la situation actuelle.

Les excuses publiques du premier ministre à cause de la répression imposée aux manifestants ces dernières semaines, n’ont pas eu beaucoup d’effets sur la colère estudiantine qui avec beaucoup d’humour a caricaturé les positions et les sorties du premier ministre thaïlandais. Les manifestants réunis devant les bureaux gouvernementaux ont promis de continuer le combat.

Un des exemples en date de cet humour des manifestants, une lettre de démission géante adressée au premier ministre, où Prayuth Chan-o-cha exprimait des remords publics par rapport à son coup d’état et l’imposition d’une nouvelle constitution liberticide, approuvée par referendum, sous la coupe du régime militaire, ainsi que la fraude électorale en 2019 et les persécutions aux opposant politiques.

Derrière la façade d’une désescalade, l’arrestation des principaux leaders de la mobilisation

Fin de semaine dernière, les principaux meneurs de la mobilisation ont été arrêtés par les autorités, décapitant ainsi le mouvement de ses leaders, malgré le fait que les manifestants se soient toujours comportés de façon pacifique sans aucune velléité de violence. Une fois le mouvement décapité de ses principaux dirigeants, le premier ministre joue la carte de la désescalade, avec très peu de résultats, car suite aux arrestations, des nouveaux leaders autoproclamés ont repris le flambeau du mouvement.

Ce mouvement polyclassiste évolue et reprend les méthodes de manifestants qui ont battu les pavés de la ville de Hong-Kong, il y a pratiquement un an. Se donnant des points de rendez-vous à travers les réseaux sociaux dans plusieurs endroits de la ville, en général des grands stations de métro ou des grandes places de la ville, comme cela a été le cas mercredi dernier. En échappant ainsi aux forces de l’ordre qui peinent à les suivre autour de la capitale.

Les rassemblements réunissent des milliers de personnes, travailleurs, étudiants, lycéens et jeunes, mais aussi des personnes de tout bord qui sont sympathisants du mouvement qui de jour en jour ne cesse de prendre de l’ampleur. Ces manifestants à grande majorité non violents, démontrent une conduite exemplaire allant jusqu’à collecter les déchets de la foule avec des sacs en plastique.

La jeunesse dans cette dernière séquence post confinement est à l’avant-garde des révoltes et mouvements contestataires autour du globe, comme ce fut le cas de la mobilisation contre les violences policières et le racisme d’état déclenchée par la mort de Georges Floyd, ou encore la jeunesse chilienne qui a combattu le néo-libéralisme avec bravoure dans les rues de Santiago.
Mais pour que ce mouvement puisse réellement atteindre ses objectifs, les manifestants doivent faire le lien avec le mouvement ouvrier organisé et ses méthodes ainsi que de se saisir des cadres d’auto-organisation en toute indépendance de l’état et de ses institutions en élargissant ainsi ses demandes avec un programme hégémonique qui puisse rallier tous les intérêts du reste de la population, travailleurs, jeunes, femmes et précaires, pour ainsi en finir avec la monarchie réactionnaire et le coup d’état militaire imposé depuis 2014. Ce n’est qu’à travers la mobilisation générale des travailleurs, étudiants, qu’ils réussiront à abattre le gouvernement et à atteindre des véritables avancées démocratiques dans les pays.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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