Crise sociale

par Syndicat CGT Le Meux  -  7 Novembre 2020, 09:51  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Réforme de l’assurance

 

chômage : vers une baisse de

 

40% des allocations pour

 

400.000 chômeurs

 

En pleine crise sanitaire et au début d’une crise économique d’ampleur inédite, les premières estimations de l’impact de la réforme du chômage tombent. L’allocation devrait baisser pour près des 2/3 des bénéficiaires, dont de 40% en moyenne pour 400 000 chômeurs.

 

Crise sociale

Cela n’a jamais été un secret, le gouvernement avec sa réforme de l’assurance chômage veut faire mal au chômeur et au plus précaire de la société. Cette réforme qui a notamment déjà modifié les modalités d’accès à l’allocation chômage en faisant passer le nombre de mois travaillé nécessaire pour y prétendre de 4 à 6 mois sur non plus 28 mois mais 24, et qui se veut refonder le mode de calcul du salaire journalier de référence en prenant en compte non plus seulement les jours travaillé mais bien l’ensemble des jours travaillé ou non, est une attaque historique qui va tirer fortement le chômage à la baisse.

Et c’est l’unidec, association chargé par délégation de service public de la gestion de l’assurance chômage en France, qui vient nous l’assurer en chiffres : dans l’état actuel de cette réforme c’est 1,2 millions de chômeurs qui seront perdants, dont pas moins de 400 000 qui verraient leurs allocations baisser en moyenne de 40%. D’après les informations révélé par (France Inter -> https://www.franceinter.fr/assurance-chomage-les-nouveaux-chiffres-de-l-unedic?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR1gFo60UQu-DSxSsAYRX3mKUPHjmwIOMOGaSZEUstozaUL1uYYe-QwEXms#Echobox=1604643025) , cet organisme paritaire, composé à la fois de représentant de salarié et de patron, évalue que l’allocation mensuelle nette moyenne chuterait de 890 euro à 535 euro. Pour 40 000 personnes celle-ci passerait de 800 à 300 euros, et pour 3 000 chômeurs la chute atteindrait jusqu’à 80% de baisse. Dans cette forme la réforme de l’assurance chômage baisserait l’indemnisation de 2/3 des allocataires et contribuerait à faire “économiser” 1 milliards d’euros en 2021. Ces chiffres ont de quoi faire froid dans le dos, surtout quand l’unidec affirme en parallèle de cela que les perdants de cette réforme vont aussi être ceux qui travaillent dans les secteurs les plus touchés par la crise sanitaire, à savoir le commerce, l’hôtellerie-restauration et la culture pour ne citer qu’eux. Ces secteurs font parti de ceux qui sont le plus concernés par les contrats courts, ce à quoi le gouvernement veut justement s’attaquer avec ce projet de réforme.

Dans un contexte de crise sanitaire avec un fond de crise économique qui n’a de comparable que 1921, où les licenciements ne font que commencer l’augmentation du chômage dans les prochains mois est certaine. Aujourd’hui de nombreux secteurs font face à une vague de plan sociaux, et les contacts précaire, les intérim et CDD ont pour beaucoup était les premiers à trinquer et à se retrouver au chômage. Dans ce sens l’Insee estime que la France va connaître une récession de 9% cette année avec un taux de chômage de la population active qui pourrait grimper jusqu’à 10% avant la fin de l’année. Face à l’aggravation de la situation sanitaire et économique, le gouvernement a à l’issue d’une rencontre avec les partenaires sociaux le 26 octobre dernier, a annoncé le nouveau report de l’application de la réforme de 3 mois qui devrait maintenant se mettre en place le 1er avril 2021. A ce titre le gouvernement c’est dit prêt à bouger sur certains paramètres, et donne satisfaction à la demande des directions syndicales en faisant appel au dialogue, tout en prévenant qu’ils n’entendent pas renoncer à la philosophie de cette loi. Avec ce nouveau confinement, où Macron tape dans sur son électorat, où l’ingérence de la crise sanitaire de la part du gouvernement est de plus en plus difficile à cacher et au moment où les tensions social ne cesse de grimper, celui-ci se voit contraint de temporiser et de jouer la montrer pour éviter tout débordement et explosion sociale.

Le gouvernement est cependant bien aidé par les directions syndicales qui une fois n’est pas coutume se trouve dans les bureaux de l’exécutif pour négocier la régression sociale et privilégie le dialogue social. Alors que nous vivons une période de profond chamboulement où le gouvernement Macron impose sa résolution de la crise made in Medef, autoritaire et raciste, ne laissant prévoir que l’augmentation de la misère parmi la majorité de la population, les directions syndicales font encore une fois rôle de contention en négociant des réformes comme celle de l’assurance chômage qui ne promet que précarité. Aujourd’hui à l’heure où les travailleurs et travailleuses sont envoyés au péril de leur vie en première ligne tout en étant menacé de licenciement par la multiplication des plans sociaux, il n’est pas seulement question de se battre contre la réforme de l’assurance chômage qui représente une réelle menace, mais bien de mettre en place un véritable plan de bataille qui impose une autre résolution de la crise que celle capitaliste, seul moyen d’empêcher que la faim et la mort soit notre quotidien de demain. Les travailleurs et travailleuses doivent prendre leur affaire en main, afin d’imposer un véritable plan sanitaire avec des moyens considérables pour l’hôpital, d’interdire les licenciements et de répartir le temps de travail en toutes et tous, seul moyen pour faire face à l’augmentation du chômage sans laisser quiconque à la rue. Cela ne passera pas par un accord à l’amiable avec le gouvernement et les grands patrons, au contraire ce qu’il faut c’est l’arracher à la bourgeoisie et s’organiser dans ce but !

Crédit photo : Dominique FAGET/AFP

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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