Scandaleux

par Syndicat CGT Le Meux  -  21 Novembre 2020, 01:12  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Le gouvernement veut privatiser le

 

numéro d’écoute pour les femmes

 

victimes de violences

 

Alors que le nombre de féminicides augmente chaque année, le gouvernement souhaite ouvrir à la concurrence le numéro d'écoute pour les femmes victimes de violences et en faire ainsi un marché source de profit.

 

Scandaleux

Crédits photo : Jacques DEMARTHON / AFP

Alors que le nombre de féminicides augmente chaque année, le gouvernement souhaite ouvrir à la concurrence le numéro d’écoute pour les femmes victimes de violences.

La ligne nationale d’écoute, le 3919, a été créée et gérée jusqu’à maintenant par Solidarité Femmes. Situation qui dure depuis près de 30 ans avec, en appui, 12 associations nationales de défense des droits des femmes. Mais la vie de ces associations dépend de l’Etat et elles réclamaient d’ailleurs plus de moyens pour continuer leur travail d’accompagnement des femmes victimes de violences et améliorer leur prise en charge. La fédération souhaitait en effet pouvoir ouvrir la ligne d’écoute 24h/24 (actuellement, elle ne fonctionne que de 9h à 22h en semaine, et de 9h à 18h le weekend). Cependant quelle a été la réponse du gouvernement ? Tout simplement que le soutien financier de l’Etat allait être remplacé par un marché public ouvert à la concurrence.

Comme expliqué dans un article de Rockie, l’Etat va donc « lancer un appel d’offres pour recevoir des devis et propositions commerciales de divers opérateurs (des associations, mais aussi potentiellement des entreprises privées) et qu’il choisira parmi elles l’organisme qui assurera la gestion de la ligne téléphonique ».

Il est certain qu’avec cette privatisation du 3919 et les objectifs financiers que cela va nécessairement induire, l’écoute et l’accompagnement des femmes victimes de violences va fortement en pâtir. Comme expliqué dans un article de Bastamag, : « Ces appels nécessitent une écoute particulière, une formation et une qualification. Il s’y joue un travail de déconstruction, avec les victimes, des mécanismes à l’œuvre dans les violences sexistes. De surcroît, l’écoute est le premier jalon de la relation de confiance. Quiconque s’est intéressé à l’emprise et aux violences conjugales sait qu’il faut parcourir un long chemin pour en sortir : la qualité de l’accompagnement lors des premiers instants est cruciale. Normer ce temps et le soumettre à une logique de rendement n’aurait aucun sens. »

De manière plus générale, ce qui se joue, c’est l’ouverture d’un nouveau marché pour le gouvernement sur le dos des victimes de violences. Alors qu’une femme décède sous les coups de son conjoint toutes les 48h en France, plutôt que de donner aux associations les moyens nécessaires, le gouvernement de Macron – qui avait annoncé que les femmes seraient « la grande cause du quinquennat » – montre le peu de considération qu’il accorde à la lutte contre la violence faite aux femmes. Le seul numéro d’écoute avec ses horaires restreints était déjà une bien faible réponse, dans la lignée du « Grenelle contre les violences faites aux femmes » de Marlène Schiappa. Ce dernier était, comme l’ont dénoncé les associations, un grand coup de communication de la part du gouvernement, avec quasiment aucun budget et continuant d’orienter les femmes victimes de violences vers la police, institution profondément violente et patriarcale.

Si l’on ne faisait déjà aucune confiance dans ce gouvernement et ses institutions pour prendre en charge la lutte contre le patriarcat, cette ouverture à la concurrence sonne comme une énième marque du profond mépris de Macron pour la cause féministe, venant s’ajouter à la nomination d’un homme accusé de viol au Ministère de l’Intérieur... tout un système qu’il s’agira de renverser.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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