SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Inde. Des ouvriers d’un sous-traitant d’Apple se révoltent contre des retards de paiement, 149 arrestations

Crédits photo : MANJUNATH KIRAN / AFP

Dans la nuit de vendredi à samedi, à Narsapur en Inde, une usine de Wistron, un des premiers sous-traitant de Apple, a été le théâtre de scène de révoltes par ses employés. Alors que des retards de paiement durent depuis des mois et obligés de faire des heures supplémentaires, des ouvriers s’en sont pris aux bâtiments de l’entreprise, aux véhicules et aux bureaux des cadres. En effet, les employés avaient depuis plusieurs mois réclamé des augmentations de salaires auxquelles ils avaient légalement le droit mais que l’entreprise ne respectait pas. Ainsi les salariés diplômés en ingénierie, en équivalent euros, touchent 134 € au lieu de 235 €. Les diplômés hors ingénierie, eux, ne sont rémunérés que de 89 €.

Deux heures après le début de la révolte, la répression a frappé et la police a arrêté 149 personnes, selon les informations de Reuters. Du personnel supplémentaire et des auditeurs ont été envoyés sur place par Apple. Une porte-parole de Wistron a déclaré : « nous respectons la loi et soutenons les autorités dans leur enquête ». L’entreprise a affirmer d’emblée, alors que des enquêtes vont être ouvertes, que les « troubles » auraient été causés par des personnes extérieures à l’usine.

Ainsi, Wistron, qui mandate des tiers pour le paiement des salaires, va vérifier les montants versés et ceux prévus dans les contrats. Apple, quant à lui, va enquêter sur un potentiel bafouement par Wistron des directives relatives aux fournisseurs. Face à ces déresponsabilisations, un haut responsable syndical, MD Harigovind, secrétaire général du All India Trade Union Congress, attribue ces actes de révoltes on ne peut plus légitimes à « l’exploitation brutale des travailleurs et des conditions de travail clandestines » dans l’entreprise.

Malgré la surexploitation des ouvriers, l’usine de Wistron a souvent été revendiquée par le gouvernement comme une victoire des efforts de l’Inde. Pas étonnant lorsqu’on voit qu’en cherchant à faire de l’Inde un pays attractif pour les investisseurs et les entreprises, le Premier ministre Narendra Modi casse les droits des travailleurs et donne toujours plus de libertés au patronat. Sous couvert de compensation de l’impact de la Covid-19 sur l’économie, la pandémie due au coronavirus a été une aubaine pour le patronat et le gouvernement pour réduire les droits démocratiques et le droit du travail. Ainsi le gouvernement indien en profite pour renforcer sa politique totalement antisociale avec l’adoption de l’Ordonnance d’exemption temporaire de certaines lois sur le travail en Uttar Pradesh, qui suspend pendant trois ans les lois essentielles sur le travail dans l’industrie et les usines. Les lois sur la durée maximale du travail, la loi sur les syndicats, la loi sur l’emploi industriel, la loi sur les conflits industriels et la loi sur les usines sont ainsi levées afin d’encourager les industriels à s’installer en Inde « pour stimuler l’économie ».

Cette révolte ouvrière intervient quelques semaines après les grandes journées de mobilisation en Inde, avec la plus grande grève générale de l’Histoire fin novembre, qui avait réuni 200 à 250 millions de grévistes contre les mesures austéritaires et les attaques contre le droit du travail par le gouvernement Modi. C’est donc dans un contexte social et politique tendu qu’émerge un épisode de radicalité ouvrière forte, s’affrontant directement au grand patronat. En d’autre termes, il s’agit d’un signal que la colère sociale en Inde est loin d’être terminée, alors que le pays est le second plus touché par le Coronavirus aujourd’hui, et qu’il est possible qu’émerge, sur le terrain de la lutte des classes, une alternative au monde de misère promis par les grands capitalistes.

 

Publié par anti-K

Visiteurs

457340

 

Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

Articles récents

Hébergé par Overblog