SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux

À l’annonce de non-mesures pour l’Education lors de la conférence de presse du 14 janvier et tandis que le Premier Ministre impose un couvre-feu national à 18h qui révèle l’ampleur de cette nouvelle vague épidémique, les personnels de l’Éducation Nationale sont une nouvelle fois frappés par le mépris désormais inhérent à la politique du gouvernement.

Blanquer persiste et signe : les intérêts du MEDEF avant ceux des profs et des élèves

« Nous sommes fiers que la France soit le pays qui a maintenu le plus de jours d’école pour ses enfants. » ont été les premiers mots de Jean-Michel Blanquer lors de la conférence de presse du 14 janvier. Près d’un an après l’apparition du virus, et après les multiples échecs du gouvernement pour endiguer la pandémie, le Ministre de l’Education nationale ose une nouvelle fois se targuer de prendre des décisions qui permettront de ne pas creuser les inégalités et d’éviter le décrochage des élèves.

Maintenir les établissements scolaires ouverts coûte que coûte…

Si Blanquer est fier sans mettre un pied sur le terrain, les enseignants et les élèves sont, eux, confrontés à la réalité chaque jour. En matière de contaminations, les chiffres du Ministère de la Santé sont clairs : cette semaine, 7782 élèves contaminés, soit 4 fois plus d’élèves que la semaine dernière, ainsi que 1136 personnels, chiffre multiplié par 3. Pour la seule journée du 11 janvier : 803 contaminations pour les moins de 10 ans et 3124 pour les 10-19 ans. Si de nombreux pays européens ont pris la mesure de la situation sanitaire en faisant le choix de fermer les établissements scolaires, en France le Ministre de l’Éducation nationale continue d’affirmer que « c’est pendant les vacances scolaires que des contaminations ont lieu chez les enfants ». Pourtant, deux jours d’auto-confinement ont été octroyés aux élèves avant les vacances de Noël. On pourrait songer à un déni de réalité, mais depuis mai et les conditions iniques dans lesquelles les personnels et les élèves ont repris les cours au moment du déconfinement, nous savons que les intérêts de Jean-Michel Blanquer vont bien au-delà de son Ministère. Les écoliers à l’école, c’est LA mesure qui permet aux travailleurs de continuer la production de richesses pour les grands patrons et leurs actionnaires : « pour ne pas mettre l’économie en carafe » selon les mots de Jean Castex.

Lors de la reprise de novembre, abandonnés par un Ministère qui n’a pas songé à élaborer de protocole renforcé au-delà de l’ouverture des fenêtres des salles de classes pour empêcher les contaminations, ce sont les enseignants qui se sont auto-organisés pour proposer et imposer des protocoles viables pour leurs élèves. Personnels inquiets, élèves inquiets, parents inquiets… A l’aube de la 3ème vague qui s’annonce virulente, des mesures de protection pour toutes et tous étaient espérées.

… Sans mesure sanitaire, sans moyens, et sans cadrage national

Lors de la conférence de presse, Jean-Michel Blanquer a encore une fois fait de l’impréparation sa principale mesure  : pas de limitation du brassage, pas de cadrage national. Les collèges peuvent mettre en place un enseignement « hybride », ou pas ; les lycées peuvent aussi mettre en place des demi-groupes, ou pas ; le brassage à la cantine doit être évité « si possible » ; les examens (dorénavant majoritairement locaux) sont maintenus sans cadrage. Que ce soit en lycée professionnel où les périodes de formation en milieu professionnel ne sont pas fixées ou en lycée général et technologique où les futurs bacheliers préparent des examens à l’aveugle, Jean-Michel Blanquer ne semble pas se soucier des élèves qui pourtant vivent une période très difficile qui les fragilise.
Le Ministère de l’Éducation nationale abandonne décidément au local la responsabilité des contaminations. Les personnels craquent de la maternelle au lycée, les lycéens et plus particulièrement les élèves de Terminale sont sous pression.

Quant à l’aspect sanitaire, la réponse du Ministre est le lancement d’une campagne de dépistage massif dans les établissements scolaires : 1 million de tests par mois, voilà l’objectif. Avec 12 millions d’élèves et 1 million de personnels, tout le monde aura été testé une fois en un an. On peut se demander où est la prouesse, si ce n’est de présenter des chiffres à 6 zéros. Ou peut-être est-ce là le résultat de l’absence de personnel pour l’infirmerie dans de nombreux établissements. Aucune mesure pour améliorer le brassage, permettre la distanciation ou accompagner les élèves. Alors que Jean Castex a annoncé que si la dégradation épidémique était forte ces prochains jours, il y aurait un nouveau confinement, aucune anticipation pour l’enseignement à distance que nous entrevoyons pourtant tous n’est envisagée.

Au-delà de l’absence de moyens pour endiguer cette crise sanitaire, la casse de l’Education nationale se poursuit par choix politique

Aucun moyen supplémentaire n’a été octroyé aux établissements scolaires depuis le début de la crise sanitaire, tandis que les vies scolaires craquent elles aussi parce qu’elles manquent de personnel. Les AED, ces précaires de l’Education nationale, ont fait une grève historique le 1er décembre, pour exprimer ce que la crise a mis en relief sur leurs conditions de travail. Aucune des revendications exprimées par les personnels de l’Education depuis mars dernier n’a été entendue et, en parallèle, la casse de notre service public d’Éducation se poursuit. A l’heure où les dotations horaires globales (nombre d’heures d’enseignement attribué à chaque établissement) commencent à être révélées, on s’oriente une fois de plus vers des suppressions de postes. La course au Bac Blanquer se poursuit également : avec les épreuves locales, sans aménagement des programmes, sans cadrage national, les inégalités sont entérinées. Dans quel état d’esprit les lycéens qui n’ont pas étudié la moitié des programmes vont-ils aborder leurs épreuves ? La casse de l’éducation prioritaire se poursuit également puisque la Secrétaire d’Etat à l’Education prioritaire, Nathalie Elimas, amorce la fin des réseaux et invite les établissements des quartiers sensibles à entrer en concurrence par le biais de projets pour obtenir des moyens. C’est même dès la maternelle que la politique du Gouvernement s’attaque aux fondamentaux en modifiant les programmes pour mettre en avant la « pédagogie de la compétence ».

Peut-on, comme le demande Blanquer, être fiers de la situation de notre pays, où le gouvernement impose en temps de crise des restrictions budgétaires pour les services publics essentiels comme la santé, l’éducation, la culture tandis qu’il poursuit la distribution de moyens aux entreprises qui versent des millions de dividendes ? La course à l’économie et aux profits souligne plus que jamais le néo-libéralisme dans lequel le gouvernement nous plonge. L’école ne peut accepter d’être la garderie du MEDEF. La grève posée par les syndicats de l’Éducation le 26 janvier devrait permettre à chacun de relever la tête et de construire la lutte interprofessionnelle pour de meilleures conditions de travail. La véritable fierté ce sera celle de faire mordre la poussière à ce gouvernement par une mobilisation massive, qui ne peut pas se cantonner à une seule journée, secteur par secteur. Blanquer ne nous apportera pas de meilleures conditions de travail et un plan sanitaire à la hauteur de la situation, c’est à nous de nous en saisir. Il en va de même pour les personnels de santé et tous les secteurs qui se retrouvent à payer les conséquences de la crise par des baisses des salaires, des licenciements, des dégradations des conditions de vie et de travail. Nous sommes toutes et tous attaqués, l’inaction sanitaire et les attaques sont globales, la riposte doit l’être aussi !

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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