SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux

SOURCE : L'Humanité

 

La multinationale prévoit de supprimer près de 2 000 postes en France dont une partie fera l’objet d’un transfert dans une société créée ex nihilo à des conditions sociales moins-disantes.

Il n’en est pas à son premier conflit social et, pourtant, cette fois-ci, Serge Kerloc’h n’en revient pas.« C’est du jamais-vu »,lance le syndicaliste CGT, salarié chez IBM à Nice. Ce mercredi, c’est d’ailleurs devant les portes de son entreprise que l’intersyndicale (CGT-CFDT-CFTC-Unsa) appelle à la mobilisation. Au cœur de la colère des salariés, le nouveau plan de restructuration concocté par la direction étatsunienne de la multinationale et décliné partout dans le monde. Pour la seule filière France, c’est« la suppression de 40 % à 50 % des effectifs au troisième trimestre 2021 »qui est en jeu. Près de 2 000 salariés sont menacés.

Si la finalité du plan est en elle-même un désastre social, la stratégie que la direction a mise en œuvre pour y parvenir est tout aussi scandaleuse.« Ils ont choisi de mener de front deux restructurations différentes,détaille Serge Kerloc’h.D’abord un plan social de 1 250 postes et, en parallèle, le transfert d’un millier de salariés dans une nouvelle société créée ex nihilo. »Cette nouvelle entité, NewCo, sera d’abord une filiale à 100 % d’IBM, avant, d’ici douze à quinze mois, de devenir indépendante.« On ne sait rien de cette entreprise, qui n’existe d’ailleurs pas encore. La seule chose qui est sûre, c’est qu’elle se verra attribuer les activités d’infogérance (services aux entreprises – NDLR) »,explique Marc Salis, de l’Unsa IBM. Et ce qui est sûr aussi, c’est que NewCo ne dépendra plus de la convention collective de la métallurgie comme IBM, mais de celle applicable aux bureaux d’études techniques, aux cabinets d’ingénieurs-conseils et aux sociétés de conseil, la convention Syntec, bien moins protectrice.

La stratégie, c’est de ne conserver que l’intelligence artificielle

José Sainz en rirait presque si ce n’était pas si tragique.« Depuis 1998 et la grande vague de délocalisation du manufacturing (fabrication d’ordinateurs – NDLR) en Asie, nous n’avions pas connu un tel plan »,se souvient ce technicien maintenance, embauché chez IBM il y a trente-quatre ans et représentant de la CGT au CSE central.« Cette nouvelle boîte, NewCo, devrait à terme récupérer 100 000 salariés sur les 300 000 que compte le groupe dans le monde. La stratégie d’IBM, c’est de ne conserver que l’intelligence artificielle, très rentable et avec un portefeuille de gros clients, et de se séparer du service aux entreprises, son business à l’ancienne, qui est en déclin partout dans le monde »,note le syndicaliste. Et, pourtant,« IBM fixe à sa nouvelle filiale un objectif de croissance constante »,poursuit José Sainz,« ce qui est impossible dans les conditions de marché actuelles ». Nul besoin de chercher midi à 14 heures, l’équation, pour Marc Salis, est vite résolue :« Quand on opère ce genre de transfert à grande échelle, c’est pour virer tout le monde »,en conclut le syndicaliste. À 57 ans, il fait partie de ces salariés « transférables », trop jeunes pour bénéficier du plan de départs anticipés à la retraite.

 

Des salariés qui vont perdre énormément en changeant d’office de convention collective. « Le forfait de rémunération de nos astreintes techniques va être divisé par trois et nos interventions en week-end vont être minorées… En tout, les salariés qui passeront d’IBM chez NewCo vont perdre 30 % de leur rémunération », assure Marc Salis. Et, au bout du compte,« dans les douze à quinze prochains mois, les salariés NewCo seront menacés d’un plan social low cost »,prévient Frédéric Michelis, représentant de la CFDT au CSE central. Car,« en menant de front le PSE et la création de NewCo, la direction télescope sciemment les calendriers. Ainsi, les salariés d’infogérance qui seraient candidats au départ – ou le cas échéant licenciés – risquent d’être transférés chez NewCo avant la fin des négociations du PSE. Leur départ sera donc acté dans la nouvelle entité, gérée par la convention Syntec,qui prévoit deux fois moins d’indemnités de départ que celle de la métallurgie », explique José Sainz.

Une stratégie qui exaspère Serge Kerloc’h.« Nous sommes face à une tentative de démantèlement complet »,s’agace le cégétiste, qui rappelle que le plan social n’a aucune justification économique :« Les résultats 2020 d’IBM sont meilleurs que les deux années précédentes, l’entreprise verse 4 milliards de dollars de dividendes par an et perçoit, en France, 20 millions d’euros annuels de crédit impôt recherche (CIR) et 4 millions d’euros de Cice. »

par  Marion D'allard 
 
Publié par FSC

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