SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Alors que la crise sanitaire a conduit à une augmentation énorme du chômage et de la pauvreté dans le monde, certains tirent profit de la situation. Selon l'ONG Oxfam, les milliardaires n'ont mis que 9 mois à récupérer leur fortune d'avant la crise. A l'inverse, les plus pauvres devront attendre une décennie pour retrouver leur niveau d'avant la pandémie.

Covid-19 : les plus riches ressortent encore plus enrichis, selon Oxfam

Crédits photo : Eric PIERMONT/AFP

La crise oui, mais pas pour tout le monde

A titre de comparaison, les chiffres de 2008 sont utiles : après la crise d’il y a 13 ans, les milliardaires ont mis cinq ans au total pour ramener leur fortune au niveau d’avant la crise. Aujourd’hui, en dépit de la crise économique mondiale provoquée par le coronavirus et ses mesures poursuivant l’endiguement, les personnes les plus riches du monde ont considérablement augmenté leurs richesses. C’est ce qu’explique l’organisation de développement Oxfam dans une évaluation qui était publiée lundi le 25 janvier. En décembre 2020, la fortune des dix hommes les plus riches du monde a augmenté de près d’un demi-milliard de dollars pour atteindre 1,12 billions de dollars depuis février 2019. Au cours de la période considérée, qui commence environ un an avant l’éclatement de la pandémie, Elon Musk, directeur de Tesla, a augmenté le solde de son compte de 131 milliards de dollars, et Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, a gagné 60 milliards de dollars.

Parallèlement, un énorme choc économique se fait sentir, des centaines de millions de personnes perdent leur emploi, souffrent de la pauvreté et de la faim. A l’autre extrémité de l’échelle des richesses, la pauvreté augmente fortement avec la crise du coronavirus. Oxfam cite des chiffres de la Banque mondiale selon lesquels, avant même la crise, près de la moitié de l’humanité disposait de moins de 5,50 dollars par jour, ce qui correspond à la définition élargie de la pauvreté de la Banque mondiale. Selon les estimations, entre 200 et 500 millions de personnes étaient poussées dans la pauvreté d’ici 2020. Il faudra probablement plus d’une décennie pour que le taux de pauvreté revienne à son niveau d’avant la crise. La crise sanitaire et économique mondiale de cette année met en lumière l’injustice sociale des systèmes capitalistes : un salaire perdu signifie une vie dans la misère.

Le fossé entre riches et pauvres

Le rapport montre aussi que le fossé entre riches et pauvres ne cesse de se creuser depuis des années. La concentration de la richesse et des revenus au sommet de l’Union ne cesse de croître. Le nombre total de milliardaires a presque doublé au cours des dix années qui ont suivi la crise financière de 2008. En 2015, la majorité de la population mondiale vivait dans des pays où l’inégalité des revenus s’était creusée au cours des 25 années précédentes. Au cours des 40 dernières années, le pourcentage le plus riche de la population mondiale a eu deux fois plus de revenus que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Les plus fortunés ont obtenu 27 centimes de chaque dollar de croissance des revenus mondiaux entre 1980 et 2016. En revanche, la moitié la plus pauvre de la population mondiale n’a bénéficié que de 12 cents par dollar.

Les inégalités extrêmes en termes de richesse et de revenus, mais aussi en matière d’éducation, de santé et de protection sociale, se font sentir. De fortes inégalités signifient qu’un plus grand nombre de personnes sont malades, qu’il y a moins de personnes ayant une bonne éducation et qu’il y a moins de personnes capables de mener une vie digne. Si les gains de richesse sont principalement destinés à la hausse, ils restent nécessairement moins pour tout le monde, et la pandémie du Corona aggrave cette tendance.

Aux États-Unis, par exemple, le nombre d’hospitalisations pour le COVID-19 chez les Noirs, les Latino-Américains et les Amérindiens était cinq fois plus élevé que chez les Blancs. Les taux de mortalité dans COVID-19 chez les Noirs étaient deux fois plus élevés que chez les Blancs.

En Europe, les communautés rroms manquent d’abris sûrs, ce qui rend impossible toute quarantaine et accroît le risque d’infection. 30% des Roms n’ont pas accès à l’eau courante et 80% vivent dans des quartiers et des logements surpeuplés. Les groupes racisés, et en particulier les femmes (les femmes représentent 70% du personnel de santé dans le monde et sont donc exposées à un risque élevé d’infection !), ont tendance à être surreprésentés dans les emplois mal rémunérés et plus dangereux et sont donc encore plus pénalisés par la situation actuelle.

Les milliardaires français ont bénéficié d’une reprise exceptionnelle : ils ont vu leur fortune se redresser à 175 milliards d’euros. Il s’agit de la troisième augmentation la plus importante après les États-Unis et la Chine. 175 milliards d’euros, c’est aussi le double du budget de l’hôpital public français. Le rapport d’Oxfam montre qu’en dépit de la crise, la fortune de Bernard Arnault a même augmenté de 44 milliards d’euros entre mars et décembre 2020, soit un bond de 41%. Dans le même temps, selon des organisations caritatives, un million de personnes en France sont tombés dans la pauvreté d’ici 2020. Mais les femmes, et en particulier les mères célibataires, les jeunes et les travailleurs précaires, qui sont les plus touchés par la crise, sont les plus oubliés du plan de relance français.

En période de pandémie, cette inégalité déjà existante est brutalement révélée et poussée à son sommet, car les travailleurs à faible revenu, précaires ou licenciés en période de crise ne reçoivent pas l’aide dont ils ont besoin, contrairement à ceux qui ont des revenus plus élevés.

Face à de telles inégalités, nous devons nous battre dans la rue !

La crise sanitaire a révélé des mécanismes déjà présents dans notre société, et a vu naître des mouvements de protestation contre ces inégalités. La révolte de masse aux États-Unis contre la violence policière et le racisme après l’assassinat de George Floyd a surpris la classe dirigeante et a radicalement changé la situation en remettant en question un des piliers de l’Etat qu’est la police. C‘était des jours de mobilisation massive à l’échelle nationale qui ont eu des effets contagieux dans différentes parties du monde, à Londres, Paris et Berlin, au Brésil et en Colombie. Ces mobilisations laissent présager de potentielles futures explosions de la lutte des classes.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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