SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Pro-Trump et Gilets jaunes,
 
même combat ? Certainement
 
pas !

 

Alors que les images de militants pro-Trump envahissant le Capitole à Washington se multiplient sur les réseaux sociaux, nombre de journalistes et d'internautes ont comparé cette action aux Gilets jaunes marchant vers l'Elysée. Une comparaison bien loin de la réalité de ces deux mouvements.

 

Envahissement du Capitole

Crédits photo : AFP/Bertrand Guay

 

La classe dominante française compare les trumpistes aux Gilets jaunes

 

« Bravo aux Gilets jaunes de France ! » aurait scandé un milicien d’extrême droite ayant participé à l’envahissement du Capitole à Washington, selon le correspondant aux États-Unis de Paris Match. Le syndicat des commandants de police Synergie se permet le même parallèle sur Twitter, publiant une photo du conspirationniste Jake Angeli, membre de QAnon et fervent défenseur de Donald Trump, paré de cornes et d’un bonnet de fourrure à côté de la photo d’un homme vêtu d’un gilet jaune et portant un casque à cornes.

Les médias s’en sont depuis donnés à cœur joie. Tandis que les journalistes de Radio Classique titrent « Capitole envahi par les pro-Trump : le rêve des Gilets jaunes ? » et concluent en déclarant que « le comportement des trumpistes mauvais perdants et jusqueboutistes pourrait donner des idées » au mouvement des Gilets jaunes, on peut lire sur Atlantico que : « Ces scènes évoquent en partie les manifestations des Gilets jaunes en France et notamment les débordements et les actions violentes menées à l’époque à l’Arc de Triomphe ou au siège du ministère occupé par Benjamin Griveaux. »

C’est la même rhétorique qu’utilisent bon nombre de personnalités politiques, à l’instar de Prisca Thevenaud, porte-parole de LREM à l’antenne de BFMTV.

Même son de cloche du côté de Jean-Louis Gagnaire, ancien membre du PS devenu un fervent soutien de Macron.

Ces analogies s’appuient essentiellement sur le fait qu’en se concentrant sur l’Élysée ou l’Arc de Triomphe, les Gilets jaunes ciblaient des lieux de pouvoir, tout comme les manifestants pro-Trump ayant envahi le Capitole. Mais la comparaison ne peut aller plus loin.

Derrière ce raccourci il faut voir une volonté de réduire le mouvement des Gilets jaunes à des militants d’extrême-droite. Ainsi, Darmanin avait dit que les Gilets Jaunes, « c’est la peste brune qui a manifesté sur les Champs-Elysées ». C’est un moyen également de décrédibiliser les mobilisations, par peur d’un retour de lutte sociale dans un contexte de crise économique et de gestion désastreuse de la crise sanitaire que les macronistes se sont empressé de faire un parallèle qui n’ pas lieu d’être. Du côté de l’opposition c’est aussi un moyen de rappeler à Macron ses échecs et à la contestation qu’il a du affronter.

 

Gilets Jaunes et pro-Trump deux mouvements que tout oppose

 

Ce qui faisait à la fois la force et la limite du mouvement des Gilets jaunes, c’est leur farouche détermination à rester indépendant de toute représentation politique, refusant les leaders auto-proclamés et les rapprochements avec des paris politiques. A mille lieues des trumpistes, défendant corps et âme un milliardaire d’extrême-droite ayant été au pouvoir de la plus grosse puissance impérialiste mondiale durant quatre ans.

Et surtout, les Gilets jaunes scandaient « Macron démission », s’accordant sur le rejet du président et son incarnation du pouvoir, tandis que les militants pro-Trump jouissent du soutien à peine voilé de leur idole qui a déclaré « Nous vous aimons, rentrez chez-vous en paix », justifiant leurs actions en décrétant que c’est « ce qui arrive quand une victoire sacrée absolue leur est retirée d’une manière aussi peu cérémonieuse et violente. »

Si les Gilets jaunes se distinguent notamment par leur hétérogénéité politique, il est important de rappeler que nombre d’entre eux ont défilé au côté du Comité Adama, emblématique de la lutte anti-raciste en France, au sein du « Pôle Saint-Lazare ». En juillet 2019, des milliers de Gilets jaunes ont participé à la marche pour exiger justice et vérité pour Adama, dans plusieurs villes du pays. Outre-Atlantique en revanche, tout sépare les militants d’extrême-droite ayant envahi le Capitole des mobilisations anti-racistes qui ont secoué le pays après la mort de George Floyd. Suprémacistes blancs, néonazis tatoués de croix gammées, les soutiens de Trump sont bien loin de « antifa infiltrés » dénoncés par l’entourage de Trump.

Enfin, la gestion policière des deux mouvements permet de montrer la claire démarcation qui existe, autour du rapport à l’État et à la répression. A un an du mouvement des Gilets jaunes, David Dufresne décomptait parmi les manifestants au moins « un mort, 24 éborgnés, 5 mains arrachées, 315 blessés à la tête ». Du côté des trumpistes, soutenus par le président sortant, c’est un tout autre scénario : les policiers leur ont ouvert les portes du Capitole, certains allant jusqu’à se prendre en selfie avec les manifestants.

Alors que les trumpistes comptent dans leurs rangs les éléments les plus réactionnaires et conservateurs de la population états-unienne, dont l’unique objectif est de défendre l’ordre établi, ils ne peuvent en aucun cas être comparés aux Gilets jaunes qui ont fait tremblé le pouvoir le 1er décembre 2018, obligeant Macron à se réfugier dans son bunker et à préparer sa fuite en hélicoptère. Les premiers incarnent la défense de l’impérialisme américain et ce qu’il entraîne d’oppression et d’exploitation, tandis que les deuxièmes, dans une révolte subversive, remettaient en question les inégalités structurelles qui traversent la société.



 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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