SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
En pleine trêve hivernale, le gouvernement appelle les préfets à faciliter les expulsions

Vendredi 22 janvier, le gouvernement a demandé aux préfets, via un communiqué, de faciliter les évacuations forcées des squats et ce le plus rapidement possible. Face à la précarité et au mal logement le gouvernement a décidé de répondre par la répression.

Précarité

Crédits : Illustration BERTRAND LANGLOIS / AFP

Vendredi 22 Janvier, le gouvernement, dans un communiqué de presse signé par Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, Eric Dupond-Moretti, garde des sceaux, et Emanuelle Wargon, ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, chargée du logement, a annoncé vouloir réformer la procédure d’évacuation en cas de squat « pour protéger les propriétaires ». Le but des trois ministres est clair, faciliter les procédures d’expulsion : « face aux situations où des « squatteurs » privent des propriétaires de l’utilisation de leur résidence, le Gouvernement a soutenu un amendement à la loi d’accélération et de simplification de l’action publique pour mettre fin à ces actes intolérables. »

Pour mettre à bien l’accélération de ces procédures, Darmanin, Dupond-Moretti et Wargon ont envoyé "une instruction aux préfets pour détailler la mise en œuvre de cette procédure et les inviter à assurer la rapidité de son exécution". Ce qu’il y a derrière cette "instruction", c’est des demandes d’évacuation qui doivent désormais être traitées sous 48h et une évacuation par la force qui pourra survenir 24H après la mise en demeure envoyée.

Ces instructions font suite à la loi ASAP (loi d’accélération et de simplification de l’action publique) adoptée en septembre dernier, mise en place dans l’objectif de renforcer le dispositif antisquat. Le communiqué envoyé aux préfets apporte encore quelques nouveautés visant à toujours plus faciliter les expulsions. Effectivement, ces instructions s’appliquent désormais quelle que soit la résidence (principale, secondaire ou occasionnelle), mais aussi en donnant aux proches du propriétaire le droit de faire la demande d’évacuation : « la procédure peut désormais bénéficier non seulement à la personne dont le domicile est squatté mais également à toute personne agissant dans l’intérêt et pour le compte de celle-ci. Elle n’est donc plus seulement réservée au propriétaire ou au locataire. Par conséquent, l’usufruitier ou les enfants d’une personne âgée placée hors de son domicile pourront engager la procédure administrative d’évacuation forcée. »

Plus scandaleux encore, les évacuations sont encouragées y compris pendant la période hivernale sans qu’aucune autre garantie de logement pour les squatteurs ne soit accordée. Si le communiqué précise cependant « que le préfet devra s’attacher à rechercher des solutions de relogement pour les personnes évacuées en période hivernale », la droite lignée de ce communiqué est donc d’accélérer les expulsions en pleine période hivernale pour éviter que d’autres squats apparaissent et d’autant plus s’ils sont médiatisés (Théoule-sur-Mer, Petit Cambodge à Paris…).

Le communiqué ajoute encore que « le gouvernement est déterminé à mettre fin aux occupations illicites ». Encore une fois, ce que le gouvernement oublie de préciser, c’est la nature de ces occupations. En effet, celles-ci sont souvent à l’origine de personnes et de familles qui ne peuvent plus se loger suite à la perte d’un emploi ou encore d’étudiants n’ayant pas les moyens de se payer un studio. Cette loi et ce communiqué sont d’autant plus violents qu’ils interviennent dans un contexte de crise sanitaire et économique, très difficile pour les plus précaires. De manière hypocrite, le gouvernement assure dans ce même communiqué que les personnes les plus précaires ont pu bénéficier d’aides au logement pendant la crise sanitaire, notamment par le biais de la prolongation de la trêve hivernale, à condition qu’elles ne soient pas en « condition de squat ». Pourtant ce sont souvent des familles, des jeunes, des précaires qui sont obligés de trouver une solution pour ne pas dormir dans la rue.

La loi antisquat et ces nouvelles dispositions ministérielles s’inscrivent directement dans la politique antisociale du gouvernement qui s’attaque aux personnes plongées dans la précarité dans le but de privilégier les profits des opérateurs immobiliers. Au centre de ce débat se pose, en réalité, la question du droit de propriété. Dans un contexte de crise économique historique, les premiers sauvés par le gouvernement sont, une fois de plus, les profits des entreprises et des propriétaires immobiliers. Pendant ce temps, les situations de mal-logement sont en hausse en France, comme l’indique la Fondation Abbé Pierre qui recense 4 millions de mal-logés en France en 2020.

Face à cette politique criminelle du gouvernement qui répond à la précarité par la répression dans une situation où la pauvreté explose, il est urgent de réclamer l’arrêt des expulsions, la réquisition de tous les logements vides nécessaires afin que personne ne dorme dans la rue, et la construction de nouveaux logements sociaux financés par un impôt fortement progressif sur les grandes fortunes.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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