SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Après une semaine, les
 
raffineurs reconduisent la grève
 
et continuent de structurer leur
 
mouvement par en bas !

 

Ce lundi, les raffineurs fêtaient leur septième jour de grève à Grandpuits et entamaient une deuxième semaine de lutte. La grève s’ancre, s’organise et les soutiens se multiplient contre le géant Total.

 

 

Septième jour de grève à Grandpuits

Depuis le lundi 4 janvier, les raffineurs de l’usine Total de Grandpuits sont en grève contre la suppression de 700 postes dans l’entreprise au nom d’une prétendue « reconversion écologique ». Un « plan de sauvegarde » de l’emploi qui déguise des suppressions de postes, détruira des centaines de familles et qui aura des conséquences sociales directes sur l’ensemble du département de la Seine-et-Marne. La semaine dernière, les raffineurs avaient voté la grève reconductible et installé leur piquet pour une grève qui s’annonce dure. Jeudi, le mouvement avait été largement reconduit.

Hier, le rendez-vous était donc donné à 14h pour une nouvelle assemblée générale lors de laquelle la grève a été reconduite à l’unanimité. Face à une direction qui refuse de reculer sur les suppressions d’emplois, les raffineurs sont bien déterminés à se battre et loin de se laisser intimider par les milliards de leur employeur. « Ils planifient sûrement tous leurs coups 25 ans à l’avance là-haut, comme un jeu d’échecs dans lequel on serait leurs pions. Mais ils n’avaient pas prévu qu’on n’obéirait pas aux ordres de dégazage, et ils vont être surpris de voir jusqu’où on est prêts à aller. Ils ont l’argent, on a le nombre, et avec ce nombre, on va les faire plier » lançait ce matin un gréviste qui travaille à Grandpuits depuis 3 ans.

 

Après une semaine, la grève continue de se structurer par en bas à Grandpuits

 

Au cours de la semaine dernière, les grévistes avaient commencé à mettre en place leur auto-organisation. En dehors de l’assemblée générale, souveraine pour décider de la reconduction de la grève, des délégués de ligne ont été mis en place pour permettre à l’ensemble des travailleurs de se saisir de leur grève. Et c’est avec cet objectif clair que les grévistes ont entamé hier leur deuxième semaine de grève. Dès le début de l’assemblée, Adrien Cornet, délégué CGT, a insisté pour que les grévistes s’emparent pleinement de leur grève… quitte à « déborder les organisations syndicales ».

Les délégués de ligne ont également pris la parole, notamment pour présenter la première proposition d’action qui avait pu être remontée à travers ce fonctionnement. La proposition d’une « opération escargot » a ainsi été discutée par les grévistes puis soumise au vote. L’assemblée s’est mise d’accord et l’action sera menée mercredi depuis le site de Grandpuits jusqu’à Melun dans le but d’alerter la population locale des dégâts que causeront les suppressions d’emploi de Total sur la région. En outre, un autre délégué de ligne est intervenu lors de l’assemblée pour présenter un cadre d’organisation des « femmes de grévistes ». Celles-ci se sont mises en contact sur Facebook pour participer à l’organisation de la grève des raffineurs, soumettre des propositions et des initiatives en propre afin d’appuyer les grévistes et ainsi prendre part elles aussi à la bataille qui va décider du sort de leurs familles.

 

Les soutiens se multiplient sur le piquet du « bastion » de Grandpuits

 

Mais les femmes des grévistes n’ont été pas leurs seuls soutiens à s’organiser. Dans leur lutte contre le géant pétrolier les raffineurs de Grandpuits ont capté l’attention de nombreux travailleurs et militants du pays. En effet, dans un contexte de crise économique mondiale, où les plans de licenciements s’accumulent menacent de nombreux emplois partout en France, les ouvriers de Total montrent qu’il est possible de se battre sur l’emploi et de ne pas s’en tenir à des négociations stériles. Comme l’a rappelé Adrien Cornet pendant l’assemblée générale, l’impact de cette grève dépasse donc le cadre du conflit sur le site de Grandpuits : « Vous êtes le bastion, vous avez relevé la tête, vous avez pris conscience de votre force collective et l’État a les yeux rivés sur vous, il a peur de ce qu’il se passe à Grandpuits ».

La CGT TUI France était notamment présente pour montrer son soutien et appeler à rejoindre la marche dont elle est à l’initiative contre les licenciements. Au micro, Djaffar est ainsi intervenu : « on voulait vous apporter notre soutien, Grandpuits c’est le symbole de la lutte et c’est important qu’on puisse se battre tous ensemble. A TUI ils licencient 600 personnes, mais en se battant chacun dans son coin on n’arrivera à rien du tout ! ». Portée au vote, la décision de rejoindre la manifestation a été largement soutenue par les grévistes.

De même, de nombreux soutiens interprofessionnels étaient sur le piquet ce lundi. Des délégations de travailleurs des sections SUD de La Poste du 77, de la CGT et Sud Renault Lardy, de la CGT TUI France, de Sud poste 92 et des cheminots de Sud Rail étaient notamment présentes. Tous sont venus témoigner leur soutien au combat que mènent les raffineurs et apporter un chèque pour leur caisse de grève, dont le montant a donc pu atteindre le palier des 10 000€ dans la journée. C’était pour eux l’occasion de démontrer aux grévistes de Total la légitimité de leur lutte et le symbole fort qu’ils envoient à l’ensemble de la classe ouvrière face à l’offensive patronale.

En outre, en soutien à leurs collègues de Grandpuits, les raffineurs de l’usine Total de Feyzin près de Lyon avaient voté hier la grève pendant une journée. « A Feyzin suite à une AG, 90% du personnel posté vient de se mettre en grève en soutien à Grandpuits » a expliqué Florian Bourget, délégué syndical FO avant de rappeler que ce combat concerne aussi bien l’ensemble des employés des raffineries de Total en France que leur famille, car ce PSE va porter un coup sans précédent au département Seine-et-Marnais mais risque de ne pas être le dernier d’une longue liste pour le groupe qui veut se convertir à l’électrique.

Finalement, comme décidé lors de l’AG précédente, plusieurs étudiants en écoles d’Arts du Louvre et de l’ENSCI étaient présents de Paris sur le piquet des raffineurs avec du matériel pour confectionner drapeaux et banderoles aux côtés des grévistes et préparer avec eux les moyens de rendre visible l’action « opération escargot » du mercredi. Au cours de la journée, un atelier banderole et customisation des gilets des raffineurs a ainsi pu se mettre en place.

 

Après la reconduction, la grève continue de s’étendre et de se renforcer !

 

La reconduction de la grève ayant été votée par la totalité des grévistes, une opération escargot aura lieu en direction de la préfecture de Seine-et-Marne mercredi à Melun, où ils comptent bien faire entendre leurs revendications et alerter sur les conséquences sociales qui s’abattront sur tout le département suite à la suppression d’emplois à Grandpuits. La prochaine assemblée générale se tiendra quant à elle jeudi prochain.

D’ores et déjà, Grandpuits est entrain de devenir le symbole d’une lutte dure pour l’emploi qui refuse la logique de négociations qui a enterré trop de mobilisations ces derniers mois, dans les nombreuses entreprises frappées par des PSE. A l’heure où le patronat se permet d’annoncer de nouvelles suppressions d’emplois, comme chez Michelin, les raffineurs de Grandpuits peuvent être à la tête d’une riposte collective des secteurs attaqués, alors que les directions syndicales continuent de ne proposer aucun plan de bataille à la hauteur de ce côté. Seule une telle démarche peut permettre de faire face à la crise économique qui se prépare.

En outre, la volonté d’auto-organiser leur mouvement et de l’ancrer en s’ouvrant vers l’extérieur constitue une démarche fondamentale pour durer face à un géant comme Total. Pour que la grève puisse perdurer et que les grévistes construisent le rapport de force nécessaire pour gagner face au géant pétrolier Total, ils ont toujours besoin de notre soutien pour alimenter leur caisse de grève.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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