SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Près d'un an après leur création, les fameuses « brigades d’anges gardiens anti-covid » voient leur voile tomber, entre CDD mal payés, mauvaises conditions sanitaires et travail intense : celles et ceux vantés par le gouvernement sont soumis à des conditions de travail déplorables.

Contrats précaires et conditions de travail désastreuses : la réalité des centre d’appels anti-covid

Crédit : droitdutravail.fr

Le 25 février, le journal le Parisien a révélé son enquête sur les petites mains du « contact tracing » dessinant le quotidien infernal de ces jobs créés de toutes pièces par le gouvernement pour lutter contre la Covid-19. Formant une pièce centrale pour casser les chaînes de contaminations, celles et ceux triés sur le volet par la CPAM sont chargés de contacter les patients positifs afin d’établir avec eux la liste des cas contacts. Au vu des conditions de travail, ils ont de quoi regretter leur engagement.

Ces brigades chères au gouvernement, depuis la fin du premier confinement, représentent en réalité des jobs mal payés ; la majorité sont des CDD juste au-dessus du Smic obligeant à travailler les week-ends, et sans exception pour le dimanche. De nombreux jeunes ou personnes en reconversion - embauchés en CDD pour 5 mois et demi maximum afin de ne pas déboucher sur un CDI - sont employés, ce job ne nécessitant que peu ou pas de qualifications. Travaillant 9 heures par jour, les employés dans les centres d’appel font face dans certains services à un sous-effectif qui accentue la cadence et la pression, notamment pour le service des appels entrant. Derrière la communication du gouvernement vantant la création de ces emplois, se cachent en réalité des jobs précaires, intenses et qui n’offrent aucune perspective d’avenir concrète.

Un « engagement » d’autant plus coûteux lorsque, les mêmes, en première ligne contre le virus, sont exposés à des conditions sanitaires de travail scandaleuses. Pour cause : « C’est quand même bizarre : on passe notre temps à dire aux gens de télétravailler, et nous, on est 80 au même étage » témoigne Sébastien pour le Parisien.

Bien loin du télétravail rabâché par le gouvernement, ils sont concentrés dans des centres d’appels augmentant le risque de contamination et la formation de cluster. Pour reprendre les propos de Sébastien pour le Parisien : « Bien sûr, on essaye de respecter les distances. Mais on ne va pas se mentir, si l’un de nous tombe malade, on va faire des petits clusters ! Surtout quand on mange ensemble : on est comme tout le monde, on a tendance à se rapprocher, à se parler… ». Ironie du sort lorsque l’on sait l’importance de leur travail pour identifier et casser les chaînes de contamination...

Cela se mêle à une cadence intense de par l’accumulation des dossiers, des appels qui en découlent et des nouvelles consignes régulières qui ajoutent à la charge de travail. Confrontée à des situations dures à l’autre bout du téléphone, une conseillère rapporte au journal Le Parisien : « Beaucoup se sentent débordés. Même chez les CDI, certains ont arrêté ou ont refusé de recommencer après. » Florence Puget, secrétaire CFDT du secteur Sécurité sociale évoque quant à elle un climat « anxiogène ».

De la même manière la formation sanitaire des conseillers est expresse et insuffisante, deux/trois jours maximum, alors même qu’il doivent délivrer des informations importantes ou pouvoir répondre à des questions posées, encore plus lorsque le gouvernement fait le yoyo dans les directives.

Ainsi, nous le voyons, celles et ceux qui travaillent pour le « contact tracing » sont soumis à des conditions de travail éprouvantes dans la même lignée de celles vécues par les hospitaliers.

Les conditions sont d’autant plus scandaleuse que leur travail se révèle inutile, d’une part les études s’accordent à dire que 2/3 des cas ne sont pas détectés car la majorité sont asymptomatiques, mais aussi et surtout car le système de dépistage est trop lent par rapport au virus comme l’a déjà constaté le bilan des autorités sanitaires. Il arrive souvent que la personne cas contact soit contacté à la fin, voir après, la période où ils sont contagieux.

Cela révèle une fois de plus l’échec du gouvernement dans sa stratégie pour faire face au COVID-19 qui en plus de ne pas ralentir au minimum sa diffusion, impose des conditions de travail rudes et intenables aux mêmes qui étaient porté en héros.

Tout cela est le résultat de la logique néolibérale agissant depuis les dernières décennies dans une logique systématique de précarisation des services publics. En temps de crise ce manque se fait cruellement sentir, surtout lorsque le gouvernement dans la même logique maintient l’étaux austéritaire et profite de celle-ci pour légitimer des emplois précaire. Pour lutter contre la Covid-19, il est nécessaire de rompre avec cette logique et d’investir massivement dans les services publiques pour leur donner les moyens de fonctionner comme il se doit. Encore plus en ce temps de crise, des conditions de travail dignes doivent être garantis surtout pour une tâche aussi importante que celle-ci. Au même moment où des milliers d’emplois sont détruits des suites de la crise économique, nous ne pouvons pas accepter ces emplois précaires qui n’offrent aucunes perspectives pérennes. Les salaires dans les services publics, dont les centres d’appels, doivent être revalorisés et tous les contrats précaires titularisés.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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