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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Vague de contamination chez les soignants : les héros d’hier délaissés par manque de moyens

Une enquête du Monde sur un cluster à l'hôpital d'Arras donne à voir la détresse et la lassitude des soignants, qui se battent depuis des mois contre le virus en dépit de la gestion catastrophique du gouvernement et du manque de moyens pour l’hôpital public. Cette situation à Arras semble de plus ne pas être une exception.

Covid19

Crédit photo : Fabien Cottereau

Alors que l’hôpital d’Arras a été le lieu d’un cluster de contamination, le Monde s’attarde dans un reportage sur la situation de détresse sanitaire et psychologique des soignants, révélatrice des manques criant de l’hôpital public.

L’article explique ainsi qu’en deux semaines, 85 soignants ont été touchés par le virus, dans une structure qui compte 2 000 agents. Le service de réanimation a été particulièrement touché : parmi les soignants infectés, 20 étaient affectés au service de réanimation, et représentent un tiers des effectifs du service. Ainsi plusieurs malades en réanimation pour d’autres pathologies, ont été contaminés à l’intérieur de l’enceinte de l’hôpital.

Alors que cette situation traumatise les soignants, paniqués à l’idée d’avoir contaminé des patients, la cause est à rechercher derrière le manque de moyens dont souffre l’hôpital. Une tel flambée des contaminations à l’intérieur même de l’hôpital, s’explique par le déficit d’espace, de matériel et de personnel pour gérer cette crise. En effet, si l’hôpital a mis en place des unités Covid-19 séparées au moment de la première vague, ces dernières ont du être réduites ensuite, les efforts alloués sur ce service risquant de prendre trop de place, laissant ainsi les autres soins en sous-effectifs. Entre des malades du covid qui affluent depuis un an et nécessitent des efforts supplémentaires, et le reste des pathologies qui ont souffert des reports et de déprogrammations depuis un an, les soignants sont obligés de gérer la pénurie d’équipements, de lits, et de personnels.

L’enquête du Monde explique ainsi que pour répondre à la nouvelle hausse de patients Covid-19 ces dernières semaines, l’hôpital a du déprogrammer 30% des interventions prévues, et a fermé 4 de ces 10 blocs opératoires pour libérer du personnel, lequel est entièrement dédié aux patients covid.
Si le reportage du Monde se concentre sur un hôpital précis, les informations quant à des clusters dans les hôpitaux de Morlay où 48 soigants sont infectés , de Lorient (13 soignants testés positifs) ou Istres (22 soignants positif) laissent penser qu’il s’agit d’un phénomène plus général Partout en France, l’hôpital public a depuis des années souffert d’un sous-investissement, de coupes budgétaires régulières et de fermeture de lits : alors que les soignants doivent déjà supporter sur leurs épaules la gestion catastrophique de la crise sanitaire du gouvernement , leur situation est encore aggravée du fait de ces attaques passées contre l’hôpital public

Fruit de décisions politiques, la crise de l’hôpital public n’a pas été résolue après la première vague. Ceux qu’on a alors érigé en héros souffrent désormais du désintérêt médiatique et gouvernemental et livrent des témoignages émouvants sur leur état. Partagés entre détresse et culpabilité, ils craignent pour leur collègues. Ainsi explique une aide-soignante au Monde, Mandy Defives, « S ’il avait dû arriver malheur à l’une d’entre nous, on ne s’en serait pas relevées ». Une pression psychologique d’autant plus prenante que les soignants souffrent le plus des restrictions, cette même aide-soignante complète en effet en disant « On ne voit plus personne, c’est hyper dur dans la vie personnelle, et ça fait un an qu’on vit confiné » , un isolement qui s’ajoute au désintérêt des pouvoirs publics à leur égard.

Alors qu’ils ont réclamé des moyens dans l’hôpital et se sont mobilisés pendant 1 an et demi avant la crise sanitaire, le gouvernement a vite oublié les soignants, après les avoir dupé l’été dernier lors du Ségur de la Santé. A l’opposé des promesses affichées de moyens supplémentaires , Olivier Véran a mis en place un plan antisocial qui approfondit les mesures néolibérales des années précédentes , lequel ne permet pas de répondre à la saturation des hôpitaux, ce que le cluster à Arras démontre tristement. Méprisant les personnels de santé qui ont travaillé malgré la pénurie de masques et d’équipements, et continuent à exercer sans compter leurs efforts dans des hôpitaux saturés depuis près d’un an, le ministère de la santé a même décidé de nouvelles fermetures de lits, mesure symbolique de la casse de l’hôpital public.

Face à ces attaques, il est plus qu’urgent de lutter contre la casse de l’hôpital public et la gestion catastrophique de l’épidémie par le gouvernement, à l’image des travailleurs de la blanchisserie de l’hôpital Haut-Lévêque près de Bordeaux en grève illimitée, ou des soignantes du bloc pédiatrique du CHU de Toulouse, victorieuse après un jour de grève.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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