SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Le Havre : 300 licenciements chez Siemens au nom de la « transition énergétique »

Total n’est pas le seul groupe à tenter de faire passer ses licenciements pour une cause écologique : au Havre, l’entreprise Dresser-Rand, possédée par Siemens, fait face à un PSE de 295 salariés, que la firme justifie au nom de la transition écologique.

Casse sociale verte

Chez Siemens, l’hypocrisie n’a pas de limite. Six ans à peine après avoir racheté à des investisseurs américains pour plus de 7 milliards d’euros Dresser-Rand, une entreprise qui fabrique des compresseurs et des turbines à vapeurs, l’entreprise se voit être découpée en morceau par le géant allemand, qui met à la porte 295 salariés. Le 1er septembre, l’annonce est faite d’un CSE dans l’entreprise, une surprise pour tous les salariés dont Jérôme Cardon, secrétaire adjoint du syndicat CGT : « tout le monde a été abasourdi » nous confie-t-il, surtout que trois jours à peine après l’annonce, les premières étapes du PSE commençaient, montrant bien que le plan de Siemens était prévu de longue date et préparé minutieusement.

Lorsqu’en 2014 Siemens rachète Dresser-Rand, c’est avant tout pour leur savoir-faire, les brevets, mais aussi pour éliminer la concurrence. Et après quelques années de diminution des effectifs via des non remplacements de départs, le géant allemand de l’énergie a décidé d’accélérer la cadence. En effet, entre 2015 et 2018, les effectifs passent de 714 à 585, soit 130 suppressions de postes sur le site. Pour les syndiqués, le plan de Siemens est donc avant tout motivé non pas par des raisons économiques ou écologiques, mais bien de supprimer un ancien concurrent en relocalisant leurs activités sur des centres historiques de l’entreprise, notamment aux Etats-Unis et en Allemagne.

Selon l’argumentaire de l’entreprise, il s’agit de relocaliser des activités pour rendre plus rentable un ancien site de Dresser-Rand à Olean (État de New-York) ainsi qu’un site historique de Siemens, celui de Duisburg (Allemagne). Mais récemment, Siemens a fait part de son désir de nouvelles suppressions de postes à Olean, dont les activités devraient être transférées à Houston (Texas), lui aussi un site historique de Siemens. En d’autres termes, vider Dresser-Rand, et ce même si le site est rentable.

« Rien ne justifie ce PSE aujourd’hui » déplore ainsi le syndicaliste CGT, qui note que de surcroît, les chiffres de résultat de l’usine Dresser sont fortement impactés par le pillage de la trésorerie par Siemens, qui a littéralement pris toutes les économies de l’entreprise entre 2017 et 2018, faisant remonter 59,9 millions d’euros de dividendes alors que le résultat net en 2017 était de 6 millions d’euros. Un pillage qui sert maintenant à détruire l’entreprise et ses salariés, puisque le coût du PSE pour Siemens doit être de 60 millions d’euros… Dans un document adressé à la presse et aux responsables politique, le syndicat CGT demande même si « les salariés ont financé eux-même leur propre PSE ? »

Mais pour parfaire son argumentaire public, Siemens tente de développer une rhétorique encore plus hypocrite, celles de la transition énergétique. Là où le marché de compresseurs a un avenir incertain, Siemens a décroché un certain nombre de contrats avec EDF dans la Manche et a promis d’ouvrir une nouvelle usine d’éoliennes au Havre, via sa filiale Siemens Gamesa. Un « mega-projet » encensé par tous les politiques de la région qui invisibilise totalement le sort des 300 familles des ouvriers de Dresser. Et si un temps le groupe promettait des reclassement dans la nouvelle usine d’éoliennes, selon la CGT, à ce jour, aucune candidature n’a été retenu, et plus de 50 refus ont été essuyé par les les salariés concernés par le PSE, et ce malgré l’obligation de proposition de reclassement censée exister dans ce type de procédure.

Face à cette attaque, les salariés cherchent à démonter les plans de Siemens pour prouver qu’il ne s’agit en aucun cas d’une nécessité économique de licencier, mais qu’il s’agit bien d’une tactique de relocalisation de la production de Siemens au profit de ses entreprises. Une entreprise difficile face au géant de l’énergie qui refuse de donner les documents qu’il devrait au CSE de l’entreprise, qui doit donner un avis le 18 mars concernant le PSE. Face à une direction qui fait fi des quelques protections que devraient avoir les salariés, les syndicats ont décidé de faire un recours en justice pour obtenir ces documents, et se sont rassemblés le 9 mars devant le tribunal du Havre pour se faire entendre.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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