SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Explosion des burn-out : quand les conditions de travail pendant le Covid détruisent les salariés

Le nombre de burn-out touchant les salariés a doublé en un an, et 44% des salariés sont en état de détresse psychologique. La politique économique et sociale du gouvernement du « quoi qu’il en coûte » est surtout en train de coûter leur santé et leur vie aux travailleurs.

Détresse psychologique

Crédit photo : Adobe Stock

Selon une étude publiée le 26 mai par le cabinet Empreinte Humaine, les chiffres concernant l’état de santé mentale des salariés en France sont catastrophiques. Près de deux millions sont atteints de burn-out sévères. 36% des salariés subissent une dépression nécessitant un accompagnement, ce taux étant porté à 56% pour les salariés en chômage partiel, avec comme peur principale celle de perdre leur emploi.

Les causes sont multiples mais peuvent se résumer simplement : dégradation des conditions de travail. Avec l’état d’urgence sanitaire, le gouvernement a pris de nombreuses ordonnances en matière de droit du travail, qui ont constitué un blanc-seing pour le patronat sous couvert de lutte contre le Covid et de solidarité nationale. Ainsi, les ordonnances de mars à juin 2020 - constamment renouvelées par l’exécutif depuis un an - ont permis aux employeurs d’augmenter jusqu’à 60 heures par semaine la durée de travail maximale dans certains secteurs, et de choisir unilatéralement la prise des congés payés pour réduire la durée du chômage partiel et empêcher certains salariés de prendre des vacances l’été. Mais c’est aussi l’activité partielle de longue durée, qui a autorisé les entreprises à alterner des périodes de chômage partiel massif avec réduction de la rémunération, et retour au travail avec possibilité d’augmenter les cadences.

S’agissant des travailleurs les plus exposés, l’étude distingue télé-travailleur et travailleur en présentiel. Les premiers sont 46% à se déclarer en détresse psychologique tandis que les seconds sont 40%.

Une proportion élevée pour la catégorie en télétravail, qui s’explique par les conséquences néfastes des conditions de travail imposées pour les salariés à domicile. En effet en réponse à la crise sanitaire, le gouvernement a encouragé massivement le télétravail, afin de protéger au maximum la santé de l’économie sans se préoccuper de celle des travailleurs. Présenté comme une sorte de solution miracle, ses effets négatifs sont aujourd’hui bien visibles. Car le télétravail pose un problème insidieux, bien connu de ceux qui lutte pour le respect du « droit à la déconnexion », cette limite entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Le télétravail brouille cette frontière, qui pouvait aisément être caractérisée avant par les heures passées au sein de l’entreprise et celle passée en dehors. Lorsque la maison devient une partie de l’entreprise, les appels du patron hors des heures de travail, les remords du salarié souhaitant finir une tâche le soir ou simplement la consultation de ses mails professionnels le week-end sont autant de vecteurs de stress, de surmenage, de burn-out.

Cette dégradation des conditions de travail par l’extension informelle des horaires trouve un écho terrible au moment où le retour en présentiel commence à être étudié par de nombreuses entreprises : selon l’étude, la moitié des télétravailleurs ne veulent « pas revenir au bureau comme avant » par crainte de ne pas pouvoir faire les mêmes amplitudes horaires et de ne « pas tenir la charge de travail ».

Mais les travailleurs dits en présentiel ne sont malheureusement pas en reste, et subissent eux aussi la dégradation de leurs conditions de travail depuis le début de la pandémie. Pour cause, l’augmentation des cadences dans de nombreux secteurs ou au contraire l’alternance entre des périodes de chômage partiel et de retour au travail ont beaucoup contribué à l’épuisement psychologique, sans compter le stress lié au chantage à l’emploi et aux plans sociaux entamés dans de nombreuses entreprises. De fait, c’est tout le poids de la crise économique que le gouvernement cherche à faire peser sur les épaules des travailleurs, après en avoir exposé beaucoup - les premières et deuxièmes lignes - à la maladie.

Ainsi, pendant que le gouvernement distribuait largement des aides aux entreprises pour affronter la pandémie, les conditions de travail des salariés devenaient de plus en plus difficiles, pour aboutir aux chiffres accablants d’aujourd’hui.

Alors que la crise sanitaire commence légèrement à s’estomper, c’est à ces mêmes travailleurs que le gouvernement demande encore des efforts supplémentaires pour relancer l’économie avec la reprise. Et tant pis si cela entraîne de nouvelles dépressions, de nouveaux burn-out, de nouveaux suicides. Telle est la politique du « quoi qu’il en coûte macroniste », qui ne connaît qu’un seul prix : les 51 milliards d’euros de dividendes versés aux actionnaires du CAC 40.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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