SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Chantage patronal : GMD menace de virer 115 salariés pour obtenir « encore plus de subventions »

Après la saignée opérée par le rachat de l’usine par le groupe GMD en 2017 et la lutte intense pour contester cette décision, les travailleurs de LSI (ex-GM&S) voient leur site menacé de fermeture. Une menace qu’ils dénoncent comme une pression pour récupérer de l’argent public. Nous les avons interviewés.

Crise économique

Crédits photo : AFP/Les salariés de LSI en lutte en 2018

L’ex-site de GM&S menacé de fermeture malgré les millions d’argent public et les promesses des politiques

La semaine dernière, à l’occasion de la visite du député LFI du Nord Adrien Quatennens, le directeur de l’usine LSIndustrie (LSI), ex-GM&S, annonçait, entre les lignes, la possible fermeture en 2022 du site. Une annonce qui avait déjà été évoquée en CSE et qui n’a malheureusement pas surpris les syndicats. « Il n’y a pas 36 solutions, et à l’allure où ça va, leur logique voudrait qu’en 2022 le site ferme », explique ainsi Patrick Brun, délégué CGT de l’ex-usine GM&S de la Souterraine en Creuse contacté par Révolution Permanente. Spécialisée dans l’emboutissage et l’assemblage des pièces pour l’industrie automobile et mise à mal par le rachat en 2017 par l’entreprise GMD, l’usine avait été l’objet d’un licenciement massif de 157 employés sur 277.

Une menace de fermeture à laquelle les salariés ont réagi en interpellant Emmanuel Macron dans une lettre ouverte la semaine dernière. Ils y pointent notamment le fait que GMD « se sert de nous pour faire pression sur la république pour avoir encore plus de subventions. » En effet, l’entreprise met en avant le prétexte de l’épuisement des fonds sous séquestres, accordés par l’État pour faire pérenniser le site, ainsi que sa volonté de ne pas investir lui-même un centime de plus dans le bon fonctionnement et la survie de l’usine pour tenter d’arracher de l’argent public supplémentaire.

Une tactique qui constitue un chantage à l’emploi, menaçant 115 salariés, et ce alors que ce même constructeur, GMD, a « choisi délibérément de ne pas affecter de productions au site alors que des marchés lui avaient été attribués par Renault et PSA entre 2017 et 2021 ». Un choix catastrophique pour l’usine, qui a conduit à 5 millions d’euros de pertes l’année du rachat, ces chiffres allant sans surprises de mal en pis. Un événement qui ravive chez les 115 ouvriers restants sur le site le spectre de 2017.

 
Un nouveau drame après les suppressions d’emplois de 2017

La menace de fermeture de site fait en effet écho aux licenciements massifs de 2017. A l’époque, Bruno Lemaire bramait à qui veut l’entendre que les GM&S ouvriers « ne seront pas laissés sur le bas-côté ». Malheureusement, à la Souterraine, quatre ans plus tard, le bilan est amer : « Sur les 157 qui ont été licenciés, à peine la moitié ont retrouvé du boulot, ils sont dans une grande misère, ils n’ont pas le droit au chômage, rien du tout » raconte le délégué CGT en évoquant le licenciement de ses anciens collègues.

Des collègues toujours en difficulté aujourd’hui, et dont les licenciements sont à l’origine de la menace de fermeture comme le rappelle le délégué CGT : « 157 collègues licenciés, ça fait un sacré coup, on a tout de suite vu que ce n’était pas viable. L’association de soutiens et de défense des ex-GM&S et la commission de suivi créée en coordination avec la DIRECCTE et l’ANPE ne devait durer qu’un an. Trois ans et demi plus tard le suivi au cas par cas est toujours primordial, des rendez-vous sont fait tous les trois mois pour le suivi, la volonté de continuer est toujours là. La situation est très difficile ici, surtout en Creuse, la moyenne d’âge ici sur le site est 55 ans, je vous laisse imaginer le désastre que ça serait.

Mais ce souvenir douloureux, dont l’actualité reste vive, rappelle également la grande bataille juridique menée en 2017 par les ouvriers de GM&S : « Quand on a commencé la lutte, nos actions n’étaient pas du tout médiatisées, on a alors employés les grands moyens pour attirer le regard de la France entière et des médias. ». Bouteilles de gazs installées autour du site, ils menacent alors de faire sauter l’usine. Un coup d’éclat qui attirera à l’époque l’attention de tous les médias nationaux, en pleine période d’élections présidentielles. Le vent tourne toutefois trop vite courant 2017, et la répression s’accélère : « Avec l’investiture de Macron, le changement a été total. Les gendarmes nous ont empêchés d’exprimer notre droit de grève et de soutien aux ouvriers de l’usine PSA à Poissy, 50 camions de CRS, en bref une catastrophe... » Une lutte suivie d’une longue bataille juridique qui s’est soldée en mars dernier par l’annulation du licenciement de 4 salariés->https://www.revolutionpermanente.fr/Victoire-Le-licenciement-des-salaries-proteges-de-GM-S-annule-par-le-tribunal-administratif].

Face à cette nouvelle offensive patronale, ce n’est cependant pas Macron qui risque d’apporter des réponses, lui qui a versé des milliards aux entreprises tout en les laissant licencier selon leur bon vouloir, ou qui a accompagné la fermeture de Bridgestone. Plus que jamais, seule la lutte des travailleurs de GMD et la solidarité qui doit être la plus large possible peut permettre de faire reculer les patrons du site.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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