SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux

SOURCE : L'Humanité

Le patronat à la reconnaissance honteuse pour l’État providence

L’université d’été du Medef s’est achevée jeudi soir. Les patrons des grandes entreprises, perfusées d’argent public depuis l’irruption du Covid, appellent à la fin de l’intervention de l’État et à la reprise du démantèlement de la protection sociale.

Entrer dans LaREF, la rencontre de fin d’été des entrepreneurs français organisée par le Medef à l’hippodrome de Longchamp, c’est mettre un pied dans un monde parallèle. Tout y est moelleux et confortable. Tout est paisible et bien ordonnancé sur l’herbe verte et épaisse d’habitude foulée par des bourrins. La dizaine de ministres s’y ébroue d’ailleurs en liberté à peine surveillée. Grands et petits patrons, assistés par des collaboratrices aux petits soins, devisent dans le pré dévolu aux food trucks où tout sera, c’est promis, recyclé. Les stands des assurances complémentaires, de médias spécialisés ou des fédérations patronales distribuent les coupes de champagne. Même les journalistes n’ont plus à s’en faire : des consultantes se chargent de leur mettre à disposition pour interview des entrepreneurs en mal de médiatisation.

En cette fin d’août mitigée, le monde du Medef baigne dans la félicité.« Les confinements se sont bien passés, puisque les délégués syndicaux étaient chez eux », rigole un haut gradé d’une grande entreprise de logiciels pour la santé. Quant au passe sanitaire en entreprise, obligatoire lundi pour près de deux millions de salariés en contact avec du public ?« Il n’y aura pas de problème dans les entreprises,réplique le même sous le regard approbateur de deux grands assureurs.Les collaborateurs veulent se faire vacciner. Et pour les réticents, je préfère un salarié non vacciné qui parte plutôt qu’un salarié malade qui ne peut travailler (rires). »

Geoffroy Roux de Bézieux implore la fin du « quoi qu’il en coûte »

Question macroéconomie, tout va aussi pour le mieux. Le PIB n’a jamais autant rebondi depuis la fin des Trente Glorieuses. Les défaillances d’entreprises sont à un étiage historique. L’emploi est reparti jusqu’à souffrir de pénuries de main-d’œuvre. Ces manques n’incitent pour autant pas les patrons croisés dans les allées et touchés par ce phénomène à mieux payer leurs employés. Quant aux aides publiques, elles se sont tant et tant déversées pour aider les sociétés à franchir le cap des restrictions sanitaires et des réductions d’activité que le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, implore la fin du « quoi qu’il en coûte ».

« Il est temps que l’État retrouve sa juste place », demande-t-il sous le regard approbateur du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, ovationné par l’assistance pour avoir été à ce point aux petits soins du patronat depuis le début du quinquennat que ça en devient gênant. Casse du Code du travail avec les ordonnances Macron, fin de l’ISF et imposition plafonnée pour les plus riches et les sociétés, ristournes fiscales et sociales à gogo… De lui, il n’y a quasiment plus rien à obtenir. Ah si, une petite dernière avant les élections : la mise en place de la réforme de l’assurance-chômage, dont la générosité actuelle découragerait les Français à partir de chez eux pour trouver un emploi.« Les Allemands ont 10 % de plus de leur population en âge de travailler qui travaille », martèle Roux de Bézieux, qui envisage déjà, pour le prochain quinquennat, de faire œuvrer« plus et plus longtemps »ses compatriotes en reculant l’âge de la retraite. Il en irait de notre protection sociale, déjà« plus financée et que le vieillissement va rendre insoutenable ».

Ces imprécations du leader du Medef résonnent comme autant de cris du cœur pour vite revenir au monde d’avant, à l’époque où la Sécurité sociale et les services publics constituaient la source de tous les maux.« Quand le Covid a imposé les fermetures et le télétravail, de nombreux entrepreneurs m’ont appelé pour me dire que leur boîte allait mourir. Personne ne pensait à l’État providence, admet Nicolas Dumas, président du Medef du Val de Loire.Ça a été très dirigiste. On a fait ce qu’on nous a dit. On s’est adapté. On s’en est sorti. »Un peu plus loin, un jeune PDG d’une start-up dans la santé en plein boom grâce aux marchés publics passés durant la crise en convient :« Il faut tenir un discours de vérité. L’État a joué le rôle qu’il devait durant cette crise. Mais cette situation était exceptionnelle. Les entreprises doivent continuer leur activité sans être soutenues, sauf celles des secteurs en difficulté. »

À LaREF 2021, les patrons ont la reconnaissance de l’action de la puissance publique et de la solidarité nationale un peu honteuse. Ils préfèrent donc s’en tenir au slogan du retour aux libertés, celle d’entreprendre primant sur toute autre. Ils ne refuseront cependant pas les trente milliards d’euros du prochain plan d’investissement de l’État, financé par la dette… publique.

par  Stéphane Guérard ,

Publié par FSC

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