SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
David Bongard (à gauche) devant l’entrée du tribunal judiciaire de Compiègne, le mardi 4 janvier pour défendre la demande d’expertise du CSE. - (Photo Marielle Martinez)

David Bongard (à gauche) devant l’entrée du tribunal judiciaire de Compiègne, le mardi 4 janvier pour défendre la demande d’expertise du CSE. - (Photo Marielle Martinez)

Le premier appel pour collecter des témoignages tourne court. La faute à une réception trop hachée. «  Hachée, comme les conditions de travail  », rebondit, sarcastique, Pierre qu’on tente de joindre (prénom modifié). Ce salarié d’Unilever travaille sur les lignes de production du site du Meux, d’où sortent du shampoing et du dentifrice, une usine près de Compiègne qui compte 287 CDI. Il déplore des tâches de plus en plus lourdes à effectuer. La cause ? Les coupes dans les effectifs d’intérimaires notamment, entrant dans le cadre d’un «  plan de modernisation  », selon les termes de la direction, mis en place il y a deux ans. Trente postes ont été supprimés sur une centaine dans la nouvelle organisation.

«  Cela devient très compliqué pour poser des vacances, on a du mal à prendre nos jours de repos supplémentaires  », décrit Pierre, contacté une deuxième fois, avec plus de succès.

« Les gens se baladent avec des boîtes de médocs, des ceintures dorsales »

Cet ouvrier d’une quarantaine d’années, en trois huit, fait état de douleurs aux genoux, aux épaules, aux coudes : «  Je me suis retrouvé en arrêt à cause de tendinites et de lumbagos. Les gens se baladent avec des boîtes de médocs, des ceintures dorsales. La modernisation annoncée dans la réorganisation du travail, c’est de la poudre aux yeux. Si on m’avait dit que ce serait comme ça, quand je suis entré, je n’aurais pas signé. Avant, j’étais content d’aller au travail. »

Agnès (prénom modifié), une vingtaine d’années d’ancienneté, a dû prendre plusieurs mois d’arrêt suite à une épicondylite (tendinite au coude). «  Je touche un salaire net de 1 700 euros par mois. Il faut charrier les cartons, les manipuler, les poser sur le tapis… C’est un geste répétitif et douloureux. Il y a des choses que je ne peux plus faire chez moi, comme me servir de l’ordi, ça me fait mal. Avant, on avait le temps d’aider les collègues, les nouvelles recrues ; maintenant, on ne l’a plus. » Selon Agnès, les aménagements annoncés par l’entreprise ne compensent pas : «  On a des transpalettes électriques qui tombent en panne ; et quand on tire, ce n’est pas électrique. Et tout ce qu’on demande coûte trop cher.  »

La CGT, syndicat majoritaire sur le site, tire la sonnette d’alarme sur les conditions de travail et leur impact. Un questionnaire a été réalisé auprès des salariés, sur le sujet, avec 139 réponses. «  Les retours ont été alarmants, beaucoup de stress, de douleurs. Dans les faits, l’automatisation a changé très peu de chose, indique David Bongard, secrétaire CGT du comité social et économique (CSE). Deux personnes effectuent la même quantité de travail que trois avant.  » Le syndicat a décidé de passer à la vitesse supérieure. Le CSE a ainsi demandé une expertise pour «  risque grave  », s’appuyant sur le Code du travail. La direction s’y est opposée et a saisi le tribunal qui a tranché en sa faveur (voir ci-contre).

« La réduction de personnel pèse aussi sur les bureaux »

«  Le fait d’être à flux tendu sur les postes, dans le temps, ça fait craquer les gens, souligne Pascal Carcel, syndicaliste FO. La réduction de personnel pèse aussi sur les bureaux et les services périphériques. Des robots ont été mis en place, mais il y a des problèmes sur l’un d’eux, qui change les étuis. » Et Pascal Carcel de conclure : «  On reste vigilant. Il faut remettre de l’humain ; on n’arrête pas de nous rabâcher qu’on est un centre de coûts.  »

Contactée à plusieurs reprises, la direction n’a pu être jointe.

La direction refuse l’expertise, le tribunal va dans son sens

Le comité social et économique (CSE) d’Unilever, sur le site du Meux, a voté une expertise pour risque grave, suite aux conséquences de la réorganisation du travail (le projet Muda) sur la santé des salariés. La direction a saisi le tribunal judiciaire de Compiègne pour faire annuler la délibération. L’audience civile s’est tenue le mardi 4 janvier. Le jugement, rendu le mardi 1er février, tranche en faveur de la direction.

Le tribunal considère que les résultats du questionnaire santé distribué aux salariés ne sont pas suffisamment significatifs pour caractériser l’existence d’un risque grave. «  Les attestations de témoins et la pétition versées aux débats tendent à démontrer une fatigabilité accrue chez certains salariés depuis la mise en place du Muda, courant 2019  », reconnaît la juge. En revanche, «  les risques dénoncés sont globalement les mêmes que ceux qui ont mené à l’organisation d’une première expertise, dont les conclusions semblent toujours d’actualité, ce que la direction, qui met en avant les actions déjà réalisées et les initiatives en cours pour prévenir les risques de troubles musculo-squelettiques (TMS) et psychosociaux, ne conteste pas  ». La magistrate se réfère à un rapport rendu en mai 2018, après déjà une demande d’expertise du CSE.

Enfin, le tribunal relève l’absence d’indicateur comme des alertes du médecin du travail et retient le manque de chiffres «  tels qu’une hausse de l’absentéisme, des accidents du travail ou des signalements TMS  ». La CGT n’exclut pas d’engager un recours.

Publié par courrier-picard.fr

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