SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Grève pour les salaires à Keolis Bordeaux : « on ne s’arrêtera pas sans 6% minimum »

Jeudi dernier, plusieurs centaines de travailleurs de Keolis se sont réunis devant la tour de la direction. Avec un taux de grève à 68%, le message était clairement passé pour la dernière réunion de NAO. La direction ayant méprisé les revendications, les grévistes ont annoncé que le week-end prochain sera noir à Bordeaux !

Grève des transports en commun

Dès 8h jeudi matin dernier, à l’appel de l’ensemble des syndicats de l’entreprise, plusieurs centaines de travailleurs de Keolis se sont réunis devant la tour du gestionnaire du réseau de transport en commun bordelais. C’est à l’occasion de la troisième et dernière réunion des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO), que la CGT, FO, la CFTC, la CFDT et la CGC ont déposé un préavis de grève et ont appelé à un rassemblement, également rejoint par Sud (« non représentatif » à ce jour).

Il était impossible de ne pas avoir connaissance de cette journée de mobilisation à Bordeaux, avec 68% de grévistes, le réseau de transports en commun était largement perturbé. Une journée qui se préparait depuis plusieurs semaines : « au vu des premières réunions de négociations et des pratiques habituelles de la direction, on savait qu’une grande mobilisation serait nécessaire pour faire bouger les ligne  » nous confiait l’un des grévistes sur place.

En effet, après deux réunions qui n’ont pas débouché sur un accord, la direction bordelaise de Kéolis maintenait sa proposition de 3.5% d’augmentation (principal point de discussion). Si la CGT demandait en amont de l’ouverture des négociations 8% d’augmentation, c’est 6% qui a été porté par l’ensemble des organisations syndicales, comme valeur consensuelle.

Une journée d’aller-retour avec la direction : aucune hésitation des grévistes

De 8h à 16h, dans le cadre des négociations, les organisations syndicales sont descendues trois fois face aux grévistes lors d’interruptions de séances. La démarche avait été tranchée : aucune décision des syndicats sans l’aval de "l’assemblée" présente devant la tour de la direction.

Les négociations ont montré la volonté de camper sur ses positions : après être restée sur une augmentation de 3.5% seulement, la deuxième interruption de séance a appris à l’assemblée que "l’effort maximum" serait de 4% et une prime de 350 euros ’proratisée’. À chaque annonce du délégué CGT, ce sont des vagues de huées qui ont ponctué les mots rapportés de la direction :

Si les débats étaient relativement limités par le format, l’expression collective était très claire : 6 % d’augmentation ou une reconduite de la mobilisation. Un gréviste nous précisait après la seconde interruption de séance : “de toute manière, on s’est préparés à ça, depuis des années Keolis nous marche dessus, l’an dernier, on n’a rien eu, celle d’avant, il y avait la covid, on ne partira pas sans 6 % minimum
De leur côté, si les directions syndicales ont maintenu un front unitaire autour de cette revendication, elles ont tout de même travaillé dans les discours à aller vers un potentiel compromis. En expliquant au cours de la matinée qu’il allait falloir “réfléchir aux propositions”, ou encore en donnant quelques arguments en faveur de la direction sur “les difficultés financières” de l’entreprise qu’il s’agirait selon elles de prendre en compte dans la négociation. Enfin, l’argument du cadre imposé par les NAO est revenu : “si l’on ne signe rien, la direction risque d’imposer un accord unilatéral”. Aucune de ces “précisions” n’a fait flancher la volonté des grévistes de poursuivre la mobilisation. La volonté collective était clairement exprimée et la pression contre la direction autant que contre leur interlocuteur a été mise.

Une colère profonde : week-end noir annoncé les 16, 17 et 18 décembre

Les échanges dans la matinée étaient tous tournés autour d’une dénonciation des conditions de travail et de vie actuelles, que ça soit à TBM ou ailleurs : "Évidemment qu’on demande du salaire, comme tout le monde, c’est de plus en plus dur de tenir. Mais il faut aussi voir que ces boîtes [Keolis], ils s’en tapent de nous, mais aussi de vous, le matériel est pas entretenu, le service se dégrade... Ils sont là pour les thunes, c’est tout".

Il est clair qu’à l’issue de la journée, la proposition ‘maximum’ de la direction est largement rejetée. Les travailleurs et travailleuses de Kéolis ont aussi en tête, au-delà du salaire, les conditions générales de travail. Plusieurs grévistes témoignent des difficultés de recrutements : “tu as bien vu les campagnes de pub dans les trams, quand ils font ça, c’est vraiment qu’ils sont mal”. Enfin, c’est la question des retraites qui reste en perspective dans plusieurs échanges : "Pas grand monde veut bosser ici, en même temps, vu les conditions… et maintenant ils nous disent qu’on va devoir bosser jusqu’à 65ans ! Non mais ils se rendent pas comptent, à 65 ans, dans un bus, au centre-ville de Bordeaux, c’est tout simplement dégueulasse et dangereux"

C’est sur cette base qu’à l’issue des négociations échouées de la journée, la décision a été prise de reconduire la mobilisation pour le week-end suivant. Encore une fois, s’il y a eu quelques échanges sur les modalités, ce sont les directions des syndicats qui sont restées au micro, prenant en compte quelques remarques criées à travers la foule. La modalité semblait tout de même mettre d’accord : le week-end d’après sera marqué par trois journées de grèves, avec “une assemblée générale” dès le vendredi matin, puis une manifestation “pour ne pas passer trois jours au pied de la tour”.

Entre les grévistes, des mentions aux autres luttes en cours, mais aussi aux récentes grèves victorieuses (Géodis, Arc-en-ciel…) revenaient régulièrement. Des souvenirs de la grande grève de la RATP en 2019 étaient également mentionnés. Un état d’esprit qui s’est exprimé par un taux de grève important, par le refus systématique de compromis avec la direction, mais aussi par la reconduite du mouvement sur trois journées de grève dure.

Si beaucoup de grévistes annoncent qu’ils poursuivront “tous les weeks-end s’il le faut”, il faudra aussi poser clairement la question de l’organisation collective permettant à cette radicalité de s’exprimer dans tout son potentiel. Pour l’heure et face à la détermination d’une majorité des travailleurs de l’entreprise, les syndicats n’ont pas de choix que de suivre la revendication consensuelle, malgré des tentatives d’alléger pour la suite des évènements. Si le mouvement se durcit encore, la question d’une caisse de grève et de sa gestion devra se poser rapidement, mais c’est aussi pour un enjeu de jonction avec les autres mobilisations que les travailleurs devraient se doter d’organes démocratiques pour gérer la suite de leur mobilisation.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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