SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

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8 personnes = 50 % de la population mondiale ! OUI la lutte des classes existe !

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Jean-Marie PERNOT : "Seules les GRÈVES font plier les GOUVERNEMENTS"

Jean-Marie Pernot est politologue. Ce chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires) est un spécialiste du syndicalisme. Précarisation du travail, remise en question du salariat, chômage endémique : les défis sont énormes pour les syndicats qui ont du mal à trouver des réponses adaptées à la nouvelle donne.

Siné Mensuel Continental, Air France, on voit de plus en plus souvent des militants syndicaux condamnés pour des faits de violence. Existe-t-il une volonté de criminaliser l’action syndicale­ ?

Jean-Marie Pernot Il y a un durcissement, paradoxal sous un gouvernement de gauche, encore que… Mais il a démarré sous Sarkozy pendant le conflit des retraites, en 2010. Des militants ont alors été arrêtés, leur ADN prélevé et inscrit au fichier mis en place pour les délinquants sexuels ! Pour une affiche placardée sur une banque, se retrouver dans ce fichier, c’est totalement ridicule. Les violences dans le mouvement ouvrier n’ont rien de nouveau.

On a un patronat qui n’est pas spontanément ouvert à la négociation collective. Quand les gens ont l’impression qu’on se fout de leur gueule, il y a parfois des débordements. En général, ça se règle par la force publique, puis par la négociation qui finit par s’imposer à l’intérieur de l’entreprise. Très souvent, si on en vient à la violence, ce n’est pas au nom d’objectifs révolutionnaires, c’est parce qu’on n’a pas d’interlocuteur.

En fin de course, les employeurs retirent souvent leur plainte, comme l’ont fait Air France et Goodyear. C’est l’État qui a poursuivi l’action en justice avec l’intention claire de montrer aux syndicats où était la limite de leur rôle.

[…]

La suite à lire dans le numéro de janvier 2017 de « SINÉ MENSUEL » en vente chez votre marchand de journaux

Lien vers le site de "Siné Mensuel" ci-dessous:

Par El Diablo

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La CGT RENAULT refuse l’accord de compétitivité qui entérine la flexibilité

Déclaration de Fabien GACHE

délégué syndical central CGT Renault :

La CGT Renault refuse l’accord de compétitivité qui entérine la flexibilité

À l’unanimité les syndicats CGT du groupe Renault réunis le 12 janvier ont voté le rejet de l’accord pluriannuel 2017-2019. De leur côté, FO, la CFE-CGC et la CFDT, qui représentent 63% des voix, ont décidé de parapher l’accord Cap 2020.

Allonger d’une heure le temps de travail quotidien avec un délai de prévenance de seulement deux jours, c’est désormais possible chez Renault après la signature de l’accord Cap 2020. Cela, ajouté aux sept samedis de travail obligatoire et au passage d’une production annuelle de 60 à 90 véhicules par salarié, a de quoi bien détériorer la vie des salariés.

Côté garanties, les promesses d’embauches, ou encore les investissements annoncés, sont en réalité un leurre, explique Fabien Gâche délégué syndical central CGT : « Les 3 600 embauches annoncées ne compenseront pas les 4 500 départs prévus entre 2017 et 2019. En fait, la baisse des effectifs se poursuit. L’objectif de l’accord est de gagner plus de 40 % de gain de productivité. Ces gains seraient obtenus par une automatisation pour 10 % à 12 %, mais le reste se fera sur dos des salariés. D’autre part, la direction prévoit de baisser de 4 500 le nombre d’intérimaires, tandis que sur les 3 600 embauches annoncées, seules 1 800 seront affectées à la production. En conséquence, les embauches ne permettront pas de remplacer les départs à la production et ce sont ceux qui restent qui vont devoir assurer les gains de productivité avec des heures supplémentaires obligatoires. »

Des effets d’annonce, mais pas d’investissement

La direction annonce 220 millions d'euros d’investissement dans la formation ; or c’est le même montant que les trois dernières années. Idem pour la R&D et le Capex (dépenses d’investissement) qu’elle chiffre à 8 % (contre 8,2 % ces trois dernières années). « Ce n'est rien d’autre que ce qui fait partie du fonctionnement normal d’une entreprise ,et ils ne sont pas supérieurs à ce qui se fait habituellement. Par ailleurs, la direction n’ayant pas investi dans l’outil de travail depuis longtemps, il y a de nombreux endroits où les installations sont obsolètes », ajoute le délégué CGT. Les investissements annoncés ne sont donc même pas suffisants pour assurer la réfection du parc industriel, qui en a pourtant grand besoin.

Frictions internes à la CFDT

Malgré sa signature au niveau national, il est clair que dans les usines tous les salariés syndiqués CFDT ne reçoivent pas avec joie la nouvelle de cet accord. C’est un tract distribué par la CFDT de Renault Douai qui vend la mèche : 40 % des sections CFDT de Renault auraient voté contre cet accord, notamment les sections de Douai, Maubeuge, VSF, Cergy et Choisy. « La section CFDT de Douai ne peut pas donner son aval pour tout allongement de la journée de travail obligatoire à la direction ! Donc la section CFDT de Douai dit non à cet accord. La section CFDT de Douai ne peut pas accepter de rallonger la journée de travail avec de telles conditions de travail dans beaucoup de secteurs de l’usine ! ». Et le tract de préciser que toute heure supplémentaire obligatoire donnera lieu à un appel à la grève de la part de la section CFDT locale.

Quand les syndicats légitiment les exigences patronales

Si la colère demeure après cette signature, c’est que malgré les 63 % de représentativité sur le papier, elle demeure inacceptable pour le syndiqué lambda. Fabien Gâche revient sur l’aspect symbolique de l’affaire : « Signer l’accord revient à légitimer les exigences de la direction quant aux heures supplémentaires imposées. Certes, le Code du travail le permet déjà, mais en signant, ce sont les syndicats qui légitiment ce caractère obligatoire et l’exigence de la direction. Concernant le travail précaire, c’est la même chose. Signer l’accord revient à entériner le recours illégal à l’intérim. »

Le danger de l’accord de branche métallurgie

Mise à mort des déroulements de carrière, remise en cause des primes d’ancienneté, non-reconnaissance des diplômes, rémunération au poste et à la fonction et non-paiement des qualifications, tels sont quelques-uns des dangers qui transparaissent dans le projet de classifications porté par l’UIMM aux négociations de branche actuellement en cours. L’impact d’un accord sur le nouveau dispositif conventionnel sera colossal dans la branche et bien au-delà.

Dans ce contexte, Renault renvoie les questions salariales aux négociations annuelles obligatoires en orientant celles-ci non plus vers des augmentations générales mais des augmentations individuelles. La direction dit vouloir attendre la fin des négociations de branche pour aborder la question de la reconnaissance des qualifications. Sans doute table-t-elle sur d’importants reculs sociaux ; les 3 600 embauches évoquées chez Renault s’effectueraient alors dans des conditions sociales bien différentes. À moins bien sûr, que les salariés décident de s’en mêler massivement en portant l’exigence d’une convention collective nationale de haut niveau.

PAR EL DIABLO

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Travailleurs : aucune autre issue que la lutte

Le froid qui touche la France n'a rien d'exceptionnel même si les médias semblent découvrir que l'hiver, il peut faire...froid ! Cela leur permet simplement de faire croire que l'insupportable situation des usagers et des personnels des hôpitaux est exceptionnelle.

Mais pour le peuple, pour les 20 % de la population en état de « précarité énergétique » et qui ne peuvent se chauffer, pour ceux dont l'accès aux soins passe par des urgences hospitalières asphyxiées par des années de rigueur budgétaires et de fermetures de services et de lits, pour ceux qui meurent de froid dans les rues, pour les agents des services publics qui par exemple se dévouent pour rétablir l'électricité alors que les équipes ont été réduites drastiquement, le froid saisonnier ne faire que rendre plus insupportable encore l'état d'urgence sociale dans lequel « ils » ont mis le pays.

« Ils », ce sont tous les représentants de la classe dominante, les 300 familles qui dirigent l'économie et le pays, les barons du Medef, les politiques de droite comme de « gauche » qui se succèdent au gouvernement, les « journalistes » et autres « experts » de tous poils grassement payés pour expliquer au peuple qu'il doit en finir avec ses privilèges et se serrer toujours davantage la ceinture... Bref, tous ceux qui depuis des années appliquent et justifient les politiques de guerre sociale définies au niveau européen et par le Medef dans le seul but de favoriser le profit maximum (68 milliards de dividendes versés en 2016 pour les gros actionnaires du CAC 40, un record depuis 2008 !) et de casser les solidarités que les travailleurs avaient su construire dans la lutte et le rapport de forces (Sécu, retraites, conventions collectives et droit du travail...).

Et nos services publics, du fait de leur casse systématique sous l'impulsion des directives européennes, ne peuvent plus répondre aux besoins vitaux de toute la population dont le niveau de vie régresse de jour en jour, ce qui mène notre pays dans une paupérisation toujours plus importante ouvrant une voie à l'extrême-droite et/ou au repli sur soi même. Le silence sur la politique néfaste européenne par la Confédération Européenne des Syndicats est une fois de plus déplorable.

Dans le même temps, les syndicalistes sont poursuivis partout dans le pays surtout s'ils sont à la CGT (Chérèque lui ayant eu droit à des hommages appuyés de la part des chiens de garde médiatiques pour services rendus à la cause patronale) et les blanchiments judiciaires se succèdent dans les affaires de corruption ou de délinquance financière tandis que rien de sérieux n'est entrepris pour lutter contre les 80 milliards annuels d'évasion fiscale qui permettent aux puissants d'éviter l'impôt grâce aux paradis fiscaux qu'ils ont créés tout en affirmant vouloir les combattre !

Oui, il y a quelque chose de pourri dans la République de France et ce quelque chose, c'est le pouvoir des riches qui dissout le pays dans l'empire européen en formation, qui étrangle le peuple et prétend le tenir en laisse, reniant les promesses du Conseil National de la Résistance de construire une société de fraternité débarrassée du pouvoir des féodalités financières.

Alors que les médias nous vendent du Fillon, du Macron, du Le Pen, ou du Valls tous au service des intérêt dominants (n'oublions pas Montebourg, Peillon, Hamon eux aussi anciens ministres de Hollande), l'espoir ne peut renaître que de la mobilisation populaire, de la mobilisation des travailleurs et de la classe ouvrière pour la défense de la Sécu, de la Santé publique, des services publics, du droit du travail, des emplois, des libertés syndicales, des retraites…

Pour cela, soutenons et participons aux nombreuses luttes qui se développent dans le pays, organisons la solidarité autour de nos camarades poursuivis en justice, faisons monter la nécessité de la convergence des luttes et inscrivons d’ores et déjà sur nos agendas l'importante journée du 7 mars 2017 de Grève nationale de la santé et de l’action sociale avec manifestation nationale à Paris.

 

Front Syndical de Classe, 19 janvier 2017

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Source commun commune :

http://www.communcommune.com/2017/01/lyceennes-elles-dorment-dans-le-rue-ca-se-passe-sous-un-gouvernement-ps.html?utm_source=flux&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=politics

LE BILAN DU QUINQUENNAT

Un véritable scandale et un sujet de réflexion et d'action pour les primaires du PS en rapport avec le bilan du quinquennat qu'ils continuent de trouver positif !!!!

Tandis que Huit hommes possèdent autant que la moitié de la population mondiale et que l'écart riches/pauvres ne cesse de s'aggraver : En 2015 le groupe équivalent comptait 62 personnes, et ils étaient 388 en 2010 !! (rapport OXFAM :

https://https://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2016-01-18/62-personnes-possedent-autant-que-la-moitie-de-la-population

Et en France, 21 milliardaires possèdent autant que les 40% les plus pauvres de la population. Liliane Bettencourt apparaît sans surprise en tête de liste, quand en il y a quelques mois à peine le Canard enchaîné révélait qu’elle n’avait pas contribué à l’ISF en 2015.

Des réalités aveuglantes pour ceux qui continuent de prétendre que la France n'a pas les moyens d'une grande politique sociale !

PAR FSC

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La presse financière déclare Renault

« champion de la rentabilité »

C’est le titre d’un article du journal « Les Échos » du 12 décembre 2016. Chiffres à l’appui il en explique les raisons : « la chasse aux coûts ». Par cela il ne faut pas entendre la disparition des dividendes versés aux actionnaires. Au contraire. Pour un capitaliste les coûts sont les salaires (directs et socialisés), l’emploi, les conditions de travail.

Renault-comme Peugeot- est un maître dans ces domaines. Jugez- en.

Avec le blocage des salaires le pourcentage de la masse salariale sur le chiffre d’affaires est de 11-12% alors que chez Volkswagen il est de 17%. A cela s’ajoutent les délocalisations systématiques de la production vers les pays à bas salaires, Roumanie, Slovénie, Espagne, Maroc mais aussi de la recherche et développement.

Ce qui amène aux suppressions permanentes d’emplois en France. 7800 de plus entre 2013 et 2016. Et pour ceux qui restent, journée de travail à rallonge, heures supplémentaires obligatoires, recours massif au travail précaire, surexploitation des ouvriers.

Ce qui augmente la rentabilité qui est aujourd’hui de 5% contre 1 à 3% il y a dix ans. Un économiste du cabinet américain Barclay s’extasie : « On est à des niveaux historiques. Jamais on n’avait vu de tels ratios chez les Français » (Volkswagen n’enregistre qu’un ratio de 2%).

Cette exploitation, cet abandon de l’intérêt national pour l’emploi, se traduit par des profits et des dividendes en hausse tous les ans, y compris pour l’Etat détenteur de 20% du capital. Pour le premier semestre 2016 cela se traduit par un profit en hausse de 1501 millions.

Bien entendu Renault profite à plein de toutes les aides gouvernementales en matière d’allégement fiscaux et sociaux

Mais cela n’est pas encore suffisant.

La direction Renault et les syndicats viennent de terminer les discussions sur un nouvel accord 2017-2019 qui aggrave encore plus cette politique.

Que contient-il ?

Embauche de 3600 CDI d’ici à 2019, ce qui, compte tenu des départs dit naturels, se traduira par une nouvelle baisse des emplois Renault.

Suppression de 4500 d’intérimaires.

Contingent d’heures supplémentaires porté de 175 à 210 heures par an.

Travail obligatoire jusqu’à une heure de plus par jour en équipe du soir, avec un maximum de 50 journées par ouvrier et par an, ainsi que d’autres contraintes pour les salariés.

Le but : porter la production, de 62 véhicules par salarié et par an, à 90 véhicules par salarié et par an.

Plutôt que d’embaucher des effectifs Renault pour faire face aux objectifs de production, cela va se traduire par une augmentation brutale de la surexploitation des ouvriers. Les heures sup sont bien le moyen d’augmenter le profit tiré de l’exploitation des producteurs, au détriment de leur santé, de leur l’espérance de vie. (1)

Face à une telle attaque contre les salariés, quelle position des syndicats ?

La CGT rejette l’accord.

La CFDT, FO et le CGC, déjà signataires du précédent accord, le trouvent « équitable » et vont le signer, ils se comportent en auxiliaires du patronat, chargés de faire accepter ses exigences aux salariés.

Cette situation confirme que pour permettre des investissements industriels nécessaires au développement économique et social, au service des travailleurs et du peuple, il est indispensable d’arracher à la multinationale capitaliste Renault comme à toutes les autres multinationales françaises les richesses créées par les travailleurs.

(1) Les statistiques indiquent toujours une espérance de vie de 7 ans inférieure pour les ouvriers par rapport aux cadres ou professions libérales.

Par El diablo

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Source : L'Humanité

Des idées et des actes. La reprise de la production de thés et infusions sur l’ancien site Unilever de Gémenos, près de Marseille, par une coopérative ouvrière a marqué l’histoire sociale et donc politique du quinquennat. Reportage auprès des citoyens-coopérateurs-salariés

Élection 2017. La « république sociale » des ex-Fralib

« Comment dois-je vous appeler ? » lui a demandé le président. « Appelez-moi Monsieur le Président », a répondu le second, l’œil malicieux. La scène s’est déroulée dans une usine, le 4 juin 2015. Deux présidents dans un tel lieu, c’est rare… Le premier ? Celui de la République, François Hollande. Le second ? Celui de la Scop-TI (société coopérative ouvrière de production de thés et infusions), Gérard Cazorla. Les deux hommes se connaissaient suffisamment pour se permettre une telle note d’humour.

À l’été 2011, François Hollande, candidat pas tout à fait favori des primaires socialistes, rendait visite aux 76 salariés de Fralib occupant leur usine à la suite de la décision de la multinationale Unilever de fermer le site de production provençal. Parmi ceux-ci, Gérard Cazorla, responsable syndical CGT et secrétaire du CE. Finalement, après trois ans et demi de lutte, la Scop-TI fut portée sur les fonts baptismaux en mai 2015, avec Cazorla comme président. Et quelques jours plus tard, c’est le chef de l’État lui-même qui rendait visite au nouveau-né. Lorsque l’entreprise fêtera son second anniversaire, en mai prochain, François Hollande ne sera plus président de la République, mais Gérard Cazorla occupera toujours sa fonction présidentielle.

« Nous avons rencontré plus de difficultés que prévu »

De Fralib à la Scop-TI, c’est une histoire sociale de la France qui s’écrit depuis sept ans. C’est donc aussi une histoire politique. À quelques mois d’échéances électorales décisives, que dit l’expérience coopérative de l’une et de l’autre ?

Après nous avoir préparé un thé au caramel (sur la boîte, on peut lire : « Éveille les consciences, réveille les papilles »), Gérard Cazorla dresse un bilan d’étape : « Les perspectives sont bonnes. Nous avons réussi le démarrage. Nous tenons nos objectifs. Nous faisons des marques de distributeurs car nous avons besoin de faire des volumes. Il reste à dynamiser les ventes de notre marque. Notre problème, c’est le temps. » À vrai dire, depuis le lancement en fanfare de la marque, il y a eu d’autres problèmes que le temps. « C’est le monde à l’envers, regrette Olivier Leberquier, directeur général délégué de la société, lui aussi ancien responsable syndical CGT.

La grande distribution nous a bien reçus, mais ceux qui auraient pu se retrouver dans notre histoire n’ont pas été au rendez-vous. » Les thés et infusions 1336 sont présents dans de nombreux magasins sur l’ensemble du territoire français. Le supermarché Auchan d’Aubagne a réservé une tête de gondole à la gamme. Résultat : le rayon affiche un chiffre d’affaires en hausse de 25 %. En revanche, les produits ne seront placés dans les rayons de la chaîne Biocoop qu’en septembre prochain, alors que les discussions ont été engagées dès octobre 2015. La douche a été encore plus froide du côté du secteur bancaire. « On attendait du Crédit coopératif qu’il soit notre partenaire. Nous avons rencontré plus de difficultés que prévu », explique Olivier Leberquier. « On avait vraiment l’impression d’avoir affaire à une banque normale, poursuit Cazorla. Il a fallu une année de discussion avec eux sur un prêt de 400 000 euros. Finalement, on s’est également tourné vers le Crédit mutuel, qui a supporté une partie du prêt et qui a réglé l’affaire en quatre mois. » Il ajoute : « Nous devons faire face au monde capitaliste. Nous faisons partie de l’économie sociale et solidaire, mais notre lutte n’a pas aboli ce monde. »

Ce choc de mondes différents, Yves l’a également ressenti. Il est le responsable logistique de la Scop-TI. « Lors des appels d’offres, on sent bien que le questionnement est plus ciblé en ce qui nous concerne », relate-t-il. Gérard Cazorla reprend : « C’est un fonctionnement général dans le monde capitaliste que je viens d’évoquer, mais on peut dire qu’il est un peu plus prononcé avec nous. »

Le salaire minimum a été établi à 1 600 euros net, avec un 13e mois

Afin de diversifier les sources de financement, des bons participatifs ont été lancés, à 2 000 euros l’unité. L’objectif est de lever 2 millions. Grâce à la loi Hamon, ce financement ne conduira pas à la perte de la maîtrise du capital par les coopérateurs. La mutuelle des cheminots s’est engagée à hauteur de 500 000 euros.

Le « monde » que veut faire vivre la Scop-TI, c’est celui d’une république sociale au sein de l’entreprise, un monde « désireux d’en finir avec un modèle social hiérarchique, soutenant la recherche de profits au détriment de l’emploi ». Ici, chaque voix compte pour une. Il y a cinquante-huit coopérateurs. Quarante-deux d’entre eux sont salariés. Leur souveraineté est totale. Les décisions sont prises en assemblée générale. Celle-ci est convoquée une fois par trimestre. Le conseil d’administration compte onze personnes, élues par les salariés pour une durée de quatre ans. Un comité de pilotage (trois personnes, dont Gérard et Olivier) est mandaté pour « mener à bien le projet de la coopérative dans les démarches administratives et opérationnelles ».

La « souveraineté » des salariés ne réside pas uniquement dans la prise de décisions, mais également dans l’élaboration. Elle ne peut se résumer à un « oui, non, ne sait pas » tous les trois mois. Ainsi, sur le type de politique salariale, le processus s’est étalé sur plusieurs mois. Il y a eu des ateliers, une première synthèse, un premier vote pour resserrer le choix, puis une deuxième étape de la réflexion. Au final, c’est le principe du salaire unique par catégorie professionnelle qui a été retenu, à rebours de la pratique chez Unilever du salaire par poste. Le salaire minimum a été établi à 1 600 euros net, avec un treizième mois. Le salaire intermédiaire se situe à 1 670 euros et celui des cadres, à 2 000 euros. « Le rapport est de 1 à 1,25, contre 1 à 300 chez Unilever », se félicite Cazorla. Même processus de décision lorsqu’il s’est agi de décider du nom de la marque. C’est le choix le plus symbolique qui a été retenu : 1336, comme le nombre de jours passés à occuper l’usine, à protéger l’outil de travail afin qu’il ne soit pas déménagé.

La conviction que « lorsque les politiques veulent, ils peuvent »

Égalitaire et démocratique, la « république sociale » crée chez les citoyens-coopérateurs-salariés un fort sentiment d’appartenance, que Rim symbolise : entrée comme intérimaire en 2001, passée en CDI un an avant l’annonce du projet de fermeture, actrice de la lutte, puis de la pièce de théâtre qui la relate et, aujourd’hui… membre du conseil d’administration. « Le fait d’être coopérateur change tout. Avant, mon boulot commençait quand je pointais et se terminait quand je pointais. Maintenant, dès que je mets le contact de la voiture, j’y pense. En fait, c’est même tout le temps. Avant, je m’occupais de mon poste. J’étais manutentionnaire. Maintenant, je suis assistante comptable. J’ai déjà dû m’adapter à un nouveau poste. Mais en plus, je dois tout connaître, de A à Z, de l’entreprise. Et c’est pareil pour tout le monde. C’est plus qu’un travail. C’est le projet d’une vie. » Cela fait vingt et un ans que Yves, le « M. Logistique », vient bosser sur le site de Gémenos. Depuis deux ans, pour lui aussi, tout a changé : « Avant, chaque journée se ressemblait. On appuyait sur des boutons, on exécutait des décisions. Maintenant, on a beaucoup plus de responsabilités. C’est exigeant mais c’est justement cela qui est intéressant. » Plus de responsabilités pour un salaire moindre… « C’est un choix. On assume. On n’est pas là pour se gaver. On doit surtout réussir pour tous ceux qui se sont mobilisés pour nous. »

Sous bien des facettes, la Scop-TI dit quelque chose de la politique. « En ce qui nous concerne, il faut être honnête, le gouvernement a pris ses responsabilités », reconnaît Cazorla. Après l’élection de François Hollande, la communauté urbaine de Marseille, alors dirigée par le socialiste Eugène Caselli, préempte les terrains de l’usine, préalable au projet de reprise de l’activité. « Il les a prises à chaque fois que nous avons mis la pression. Et encore ne nous a-t-il pas suivis dès le début dans notre bras de fer avec Unilever, ce qui nous a fait perdre un an et demi », précise Leberquier. L’ancien secrétaire du syndicat CGT Fralib en tire, malgré tout, la conviction que « lorsque les politiques veulent, ils peuvent ».

Sur le reste du bilan du quinquennat qui expire, les mots sont sans appel. « Quand on est syndicalistes comme nous, on ne peut pas se satisfaire de la seule action concernant notre usine. Ils ont capitulé devant le capital et nous laissent avec le choix entre la droite extrême et l’extrême droite », accuse Cazorla.

« S’il y avait eu l’ANI en 2010, notre projet n’aurait pas abouti »

Olivier Leberquier passe le quinquennat au crible de la propre expérience de la Scop-TI. Dès 2011, les « Fralib » et le candidat Hollande débattent de la question de la justice et des licenciements économiques. Les premiers mettent l’accent sur le fait que des décisions de justice donnent parfois raison aux salariés, mais trop tard. Six ou sept ans après la saisine. Or, entre-temps, les usines ont fermé et les emplois disparu. « C’est d’ailleurs pour cette raison, souligne Leberquier, qu’on s’est placé dans l’illégalité en occupant l’usine. » Hollande s’engage alors à inverser le calendrier judiciaire. « À l’arrivée, il promeut l’ANI (qui accorde la primauté de la décision administrative – NDLR), s’étonne encore le syndicaliste. S’il y avait eu l’ANI en 2010, on ne serait pas là car, sous Xavier Bertrand, ministre du Travail, l’administration aurait donné son feu vert à notre liquidation. » De même, avec la loi El Khomry et la disposition portant sur le référendum des salariés. « On était 76 dans la lutte, sur un total de 182 salariés. Unilever aurait organisé un référendum et on aurait perdu, insiste le Normand arrivé en Provence à la suite de la fermeture d’un site Unilever sur sa terre natale. Pour autant, on avait raison de mener la lutte. » À travers les vitres des bureaux qui surplombent les ateliers, on devine les machines dont on perçoit le bruit de roulement. Au bout de la chaîne, s’amassent des boîtes de couleur bleue, caramel, verte… Le directeur Leberquier retourne au travail. Le président Cazorla aussi. Sans attendre le nom du prochain président.

Christophe Deroubaix

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Chez McDo, la lutte contre l’évasion fiscale rejoint celle pour de meilleures conditions de travail

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Six restaurants McDonald’s étaient en grève le 13 janvier au soir, dans le nord de Paris. Aux côtés des salariés du syndicat CGT McDonald’s, une centaine de militants et d’étudiants se sont mobilisées contre la dégradation des conditions de travail chez le géant du fast-food et sa politique d’évasion fiscale. « Ces dernières années, des bornes automatiques ont été installées dans tous les restaurants, illustre Gilles Bombard, de la CGT McDonald’s. Les clients commandent et paient avant d’être servis. Résultat : il faut servir dix personnes en même temps. Nous sommes obligé de préparer les commandes très vite, sous le regard des clients qui s’impatientent, ce qui est très stressant. Nous sommes à flux très tendu. Nous n’avons même plus le temps de boire un verre d’eau. Pour McDo, c’est tout bénef, bien sûr. Ils maintiennent leur chiffre d’affaire en diminuant le nombre de salariés. »

Les salariés s’insurgent aussi contre la très forte proportion de restaurants franchisés. Selon les gréviste, 80% des enseignes McDo sont gérées par un employeur indépendant qui paie la multinationale pour l’utilisation de sa marque, de ses produits et de ses fournisseurs. « Les salariés n’y ont pas de comité d’entreprise (CE), ni de 13ème mois contrairement à ceux qui sont embauchés directement par McDo France », explique Gilles Bompard. Certains franchisés trichent, car ils possèdent plusieurs restaurants, et comptent donc suffisamment de salariés pour être dans l’obligation de mettre en place un comité d’entreprise. « La CGT a lancé des actions en justice pour que ces tricheurs soient punis et obligés de respecter les droits des salariés. Mais c’est long, soupire le syndicaliste. Il y en a au moins pour deux ans, à chaque fois. C’est toujours ça de gagné pour eux. »

Lutte commune contre l’évasion fiscale

« D’un côté, ils maltraitent les salariés ; de l’autre, ils trichent en ne payant pas leurs impôts », ajoute Julie Mandelbaum, de l’association ReAct, qui appuie l’organisation collective de salariés pour défendre leurs droits face et abus des entreprises multinationales. Pour les grévistes, maltraitance des employés et évasion fiscale sont les deux faces d’une même médaille. « Depuis 2009, McDonald’s a bénéficié de mécanismes de réductions fiscales en domiciliant ses activités financières au Luxembourg. L’Union européenne devenant trop regardante sur la perception d’impôts sur les bénéfices, ces activités ont été rapatriées à Londres, dénoncent le ReAct et la CGT. À cela, s’ajoute les aides fiscales du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) – l’équivalent de 0,7% de son chiffre d’affaires en 2013 pour « création d’emploi » alors même que le groupe connaît un turn-over de près de 60%. »

Les échanges entre étudiants émargeant chez Mc Do et militants en guerre contre l’évasion fiscale ont commencé pendant le mouvement social contre la Loi Travail, explique Julie Mandelbaum. La mobilisation contre Mc Do traverse également les frontières. Aux États-unis, le collectif « Fight For 15 », créé en 2012, se bat pour l’augmentation du salaire minimum– à 15 dollars de l’heure – et pour les libertés syndicales. Le mouvement a déjà obtenu l’augmentation du salaire minimum dans certains États du pays. Le 29 novembre dernier, ils se sont mobilisés dans 340 villes différentes.

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source : page de Jack Dion sur Facebook

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Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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